EXP
EXP
delà terre et la aève dans les arbres ; à mesure qu’ellecroît, les vapeurs s?élèvewt dan* la même proportion :d'où, il suit que si , dans cette circonstance, ohcoupe un arbre, il sera imprégné de fluides qui, ense corrompant, donneront lieu à la vermoulure;mais à mesure que la lune décroît, les vapeurs s’a-baissent et finissent par disparaître. »
Nous laissons aux astronomes et aux physiolo-gistes à apprécier le mérite de ces observations.
M. de Burgsdorf est loin de croire à l’influencede la lune , et il soutient qu’aucun homme raison-nable ne peut y ajouter foi. Nous ne pousserons pa9plus loin nos recherches sur cet objet, d’autantqu’elles ne nous conduiraient probablement qu’àréunir un plus grand nombre d’expériences contra-dictoires , sans qu’on puisse en rien conclure. Nouspensons cependant, avec Duhamel, Burgsdorf etquelques autres auteurs, que rien de positif ne jus-tifie l’opinion assez générale qu’on doive abattre lesarbres dans le décours de la lune, et nous croyonsqu’il est indifférent de les abattre pendant tout lecours,de cet astre.
Quant à la question de savoir s’il faut avoir égardaux vents régnans , elle parait mériter encore moinsd’attention, attendu quel’influertce de ces vents, n’é-tant que momentanée, ne peut produire d’effet du-rable sur le bois , qui est soumis à tous les ehange-mens successifs que l’atmosphère peut éprouver. V.le mot Vent , où cette opinion est développée.
Chapitre IV. — Delà manière de couper les boispour en favoriser la reproduction.—Observationssur la coupe entre deux terres. — De la nécessitéde conserver des baliveaux comme moyens de pro-curer de l’ombre aux jeunes recrus, et d’opérer lerepeuplement par les semences.
§ i er . De la coupe des bois suivant l’ordonnance.
Les art* 4 2 i 43 -, 44 e t 4 ^ du tit. XV de l’ordon-nance de 1669 vetilent, cônime nous l’avons déjàdit, que les bois soient coupés à la cognée et le plusprès de terre possible ; qtie la serpe et la scie nesoient jamais employées à la coupe des bois; que lesétocs soient ravalés très-près de terre, et que lesarbres soient abattus de manière à ne point endom-mager par leur chute les arbres restans.
Telles sont les règles prescrites pour l’exploita-tion des bois de l’état, et que l’on applique égale-ment aux bois des communes et des établissemenspublics. Les particuliers peuvent même les faireobserver dans leurs bois, ainsi qu’il a été jugé pararrêt de la Table de maibre de Paris , du 4 janvier1678, et récemment par la cour de cassation. V. Boisde particuliers.
Ces règles, très-bien expliquées dans l’ordon-nance de 1669, et que nous avons rapportées avecdétail dans la î 1 ». section de cet article , étaientdéjà recommandées par les anciennes ordonnancesde i 3 y 6 , i 388 , 1402 et i 5 i 5 , qui s’accordent àdire que si les usagers'et les coutumiers ne font lacoupe de leurs bois, c’est-à-dire de celui qu’ils pren-nent, de manière qu’elle puisse être profitable pourle recru, ils les feront Tecouper à leurs dépens.V. les Lois forest., par Pecquet, t. I, p. 465 .
9 5
Tout le monde convient que ces dispositions sontd’une telle importance, que la conservation des fo-rêts est attachée à leur exécution. Elles défendentl’emploi de la serpe et de la scie, instrumens quicausent des déchirures au bois, ou qui ne permet-tent pas de le couper rez terre; elles défendent d’é-cuisser ou d’éclater les souches, parce que les fenteset les éclats deviennent le séjour des eaux et expo-sent lès racines à pourrir , tandis que la section dela tige rez terre, nette et légèrement en talus, pré-vient ces accidens et donne le meilleur recru pos-sible 5 elles veulent que les anciens noeuds causéspar les coupes précédentes soient enlevés, parce queces nœuds s’opposent à la sortie des bourgeons, oune produisent que des brins mal venans, tandis queles pousses qui partent du collet de la racine sontplus vigoureuses.
Sur cette dernière disposition, Pecquet observequ’elle peut toujours s’exécuter pour le chêne ; maisqu’il n’en est pas de même pour le hêtre quand ilest vieux, attendu que nul outil ne peut mordre surd’anciens nœuds à fleur de terre et au-dessus; quel’on est obligé de les laisser avec d’autant moinsd’inconvénient, que ce ne sont pas ces anciennessouches ordinairement qui donnent dn reern ; quel’expérience apprend, au contraire, que ces espècesde cabochons sèchent et meurent, et qu’il ne re-pousse du bois qu’aux environs, soit déracinés, soitde semences; cependant, il recommande de veillerà ce que cette disposition soit exécutée autant quepossible. Nous pensons, au contraire, qu’on doitordonner l’extraction de toutes les vieilles souchesqui ne peuvent donner de beaux rejets. V. ce quenous disons ci-après, et le mot Souche.
§ 2. — De la coupe des bois entre deux terres.
Nous devons parler ici d’une nouvelle méthodede couper les bois, qui a été proposée dans la vued’améliorer le recru , nous en avons déjà renducompte dans le volume des Annales de 1808. Cetteméthode, pratiquée par M. Douette-Richardot,cultivateur à Langres, département de la Haute-Marne , consiste à couper les bois entre deux terres ,au lieu de les couper rez terre, comme le veulentnos ordonnances. Un rapport avantageux a été faitsur les résultats de cette pratique, par une commis-sion prise dans le sein de la Société d’agriculture dela Haute-Marne; mais elle a aussi été combattue parplusieurs agronomes, et sur-tout par M. Petit,membre de la même Société d’agriculture. Celui-cidéclare que la seule méthode qui puisse convenir àtous les sols et à toutes les essences, est celle pres-crite par l’ordonnance.
Il est certain que la loi, dont les préceptes sontgénéraux , ne pouvait tracer une règle qui s’appli-quât mieux à toutes les localités. Cependant il neserait pas inutile que des propriétaires particuliersfissent quelques expériences sur la nouvelle mé-thode , elle trouverait peut-être quelques applica-tions avantageuses. Mais il serait imprudent de l’a-dopter comme règle générale; car si elle a réussidans quelques circonstances, elle m'aurait certaine-ment pas le même succès dans beaucoup d’autres.Par exemple, elle serait nuisible dans les terrains