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Tome second.
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les uns comme les autres, excepté qu’on ajoute desbourraches o 11 nages aux deux bords du premier couponde l’avant, q u’on nom me le côupon detete; d’autres audernier coupon de derrière, qu’on appelle le couponde queue ; et enfin d’autres au coupon du milieu.

La nage est liée aux'chantiers dfe dessus et de des-sous et aux perches verticales, qui sont elles-mêmesliées aux deux chantiers et qu’ôn nomme faussesnages y qui servent à affermir la nage ou la bourra-che. Ces nages servent à percher, c’est-à-dire à don-ner un point d’appui à une perche dont le bout in-férieur porte au fond de la rivièfe , et le supérieurcontre la nage , et qui sert à pousser le train d’uncôté ou d’un autre , au moyen d’une secousse que lemarinier donne : c’est la laçon la plus ordinaire degouverner les trains.

A mesure que les coupons sont faits sur la cou-loire , on les pousse à l’eau avec des leviers. Si lesbois sont lourds, à cause de leur bonne qualité , ouparce qu’ils sont encore chargés d’eau ou de sève,on soutient le train à Ilôt par des demi-muids bienétanches et vides, que l’on place dans l’épaisseur dubois et dans les branches du milieu, en les construi-sant bien serrés entre les chantiers de dessus et dedessous , afin qu’ils ne se dérangent point. Quandon a iancp à l’eau deux coupons , on les lie ensemblependant quç'd’autres ouvriers en forment d’autres.

Pour un train dè bois flotté de quatorze coupbnsà quatre branches , chaque branche composée desoixante bûches, il faut trois cent cinquante perchesde ,i $ a 20 pieds de longueur, et trois milliers deliens j.harts ou rouettes de 10 à 12 pieds: ainsi pour20,000 voies dé bois flotté, on a besoin de sept milleperches'et de soixante mille rouettes , qu’on coupeen sève , afin qu’elles soient plus pliantes, ce qui faitdans les taillis une dégradation considérable , à la-quelleon pourrait remédïerenplantantdans les lieuxvoisins des ports, où l’on construit ordinairement lestrains, des taillis de bois blanc, qui viennent vite ,et qui, étant employés à faire ces perches et cesrouettes, ménageraient les taillis de chêne, decharme, etc. V. Rouettes.

Le train entièrement fait, 011 le pousse au cou-rant de l’eau , dont il suit le fil : la seule façon dele conduire est , quand il ne se trouve pas une tropgrande profondeur d’eau, de le diriger avec la per-che , qu’on fait porter d’un bout au fond de la ri-vière, et de l’autre contre la bourrache , pour don-ner au train une secousse qui la pousse du côté oùl’on veut qu’il prenne sa direction ; et quand les eauxsont basses, comme il faut choisir l’endroit le plusprofond du lit de la rivière, ce travail est quelque-fois assçf pénible.

Lorsque l’eau est trop profonde pour se servir desperchpSj, ,on emploie de longues rames, avec les-quelles on le dirige exactement dans le fil du cou-rant. Quand les éàux sont bonnes, deux hommessuffisent ppur conduire un train de 25 cordes de boissur les rivières qui affluent à la Seine ; mais commeçette rivière est plus grande , et que la navigation yest plus dangereuse , sur-tout quand les eaux sontfortes, on emploie assez souvent quatre hommespqur conduire un train.

Il y 3 un accident qui est sur-tout à craindre ,

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c’est quand le train se trouve oblique au courant etque l’avant va moins vite que l’arrière, soit qu’il setrouvé dans un courant moins rapide ou qu’il frottesur un fond de vase; car alors l’arrière , que le cou-rant prend én travers, allant plus vite que l’avant, letrain se replie, et il se romprait si l’on ne se hâ-tait de couper les croupières à l’endroit où le trainest plié : alors il se sépare en deux , et l’on tâche defaire aborder ces deux petits trains au plus prochainrivage , pour les joindre et continuer la route.

Quoique l’on ne flotte point ordinairement pen-dant l’hiver, cependant il arrive quelquefois que lestrains sont pris par les glaces ; et si la rivière restelong-temps gelée, on doit défaire les trains pour em-piler le bois au bord de l’eau jusqu’à ce que le dégelsoit venu, parce que dans le temps de la débâcle lestrains pourraient être brisés , et que d’un autre côtéles bois se'trouveraient tellement imbibés d’eau,qu’ils deviendraient candrds.

Les grandes eanx et les crues sont très-contrairesau flottage dès trains; on ne peut alors les conduireavec la perche , ni souvent même avec la rame. Letemps le plus propre pour ce llottage est quand il ya dans la rivière 18 pouces , 2 pieds ou 2 pieds etdemi d’eau.

Les trains arrivés à leur destination, on les amarreau bôrd de l’eau avec un cordage, qu’on attache sui-le train à deux traversins, et quand les eaux sontfortes on met quelquefois deux amarres. Les mar-chands ne peuvent avoir que deux trains vis-à-visleur chantier; les autres trains doivent rester au-dessus de Paris jusqu’à ce que ceux qui sont à port,soient débardés ou déflottés, et que le bois soit placédans le chantier.

Pour défaire les trains, on fait précisément le con-traire de ce qu’on a fait pour les former. On coupeles croupières ét les rouettes pour séparer les bran-ches des coupons, c’est ce qu’on appelle débâcler.On coupe les rouettes avec le tranchantd’une hache,dont on enfonce la pointe dans les bûches pour lestirer à terre , c’est ce qu’on appelle débarder. Oncharge le bois sur des crochets pour le porter auchantier, Où on le trique , pour séparer le bois blancd’avec le bois dur , dont on forme des piles diffé-rentes; on élève les piles de fond, qui n’ont d’é-paisseur que la longueur d’une bûche ; quand ellesont 8 à 10 pieds, on joint ensemble toutes les pilesde fond , et l’on forme ce qu’on appelle un théâtre.

Les marchands font commencer à-la-fois plu-sieurs piles de la même espèce de bois, afin delui donner le temps de se sécher et de prévenir lapourriture et les champignons , dont les bouts secouvriraient. Ils sont obligés de laisser des routesentre les piles , pour pouvoir les visiter et en con-naître la qualité. Pour empêcher les piles de s’écrou-ler ; sur-tout lorsqu’elles sont élevées à la hauteurde 5o à 60 pieds , on croise les bûches des deux ex-trémités, de manière qu’au premier lit les bûchessont posées de long; au suivant, elles sont mises entravers et croisent les premières, et ainsi successive-ment jusqu’au dernier rang:ces piles carrées se nom-ment grillons ou roseaux , et servent d’arcs-boutansau reste des bûches, qui sont mises en travers, legros bout tantôt d’un côté, tantôt de l’autre , avec