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Tome second.
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quelques bûches en travers, d'espace en espace, pourregagner l’aplomb.

Dans le bois ilotté , on en distingue quatre sortesdifférentes : i n . le bois blanc, que l’on met à part,qui est le plus mauvais, et dont la voie se vend au-dessous du taux ordinaire aux potiers de terre, cui-seurs de plâtre et autres ; 2°. le bois flotté ordi-naire, qui contient au moins deux tiers de chêne,de charme ou de hêtre, qu’on vend à la voie, et dontle débit est considérable pour les cuisines : on en faitaussi des falourdes, liées de deux osiers, qui doiventavoir 26 pouces de circonférence ; 3 °. le bois de gra-vier ou derni-Jlotté , celui que l^Jfrnarchands achètentaux ports des rivières navigables, et dont ils fontfaire des trains qui arrivent assez promptement àParis : ces bois, qui ont peu séjourné dans l’eau,ont conservé leur écorce, et sont aussi bons à l’usageet aussi durs que les bois neufs ; 4°- I e bois de tra-verse , qui est tout pur hêtre ou charme, dépourvud’écorce , qui brûle bien, qui fait une belle flammeet peu de fumée , et qui se vend à la voie comme lebois de gravier.

Flottage du bois de charpente.

Si l’on ne peut gagner qu’une petite rivière quin’est point navigable, 011 fait flotter les bois par pe-tits radeaux , qu’on proportionne à la force de la ri-vière pour les conduire jusqu’aux ports des grandesrivières , où l’on forme des trains j mais cette navi-gation de petits radeaux par les ruisseaux est ordi-nairement longue et pénible, et les bois à leur arri-vée aux ports des grandes rivières se trouvent assezpénétrés d’eau pour être devenus canards. Il faut,dans ce cas , avant d’en former des trains , les tireraterre et les y laisser dessécher , ce qui altère consi-dérablement le bois, parce que d’un côté, l’eau em-porte toujours avec elle les parties les moins lixes dubois, et que de l’autre l’augmentation et la diminu-tion du volume des pièces par l’eau qui s’y introduit,et quiensuite sort dubois, produisent un mouvementqui en fatigue beaucoup les parties solides; et aprèsce premier flottage , il se forme dans les pièces desfentes qui, au second flottage, se remplissent d’eauet de vase, ce qui les endommage encore beaucoup.

Les flotteurs ont différentes méthodes pour cons-truire les trains : celle de percer les pièces oblique-ment vers les angles de chaque bout, pour y passerles riolles ou rouettes, ne vaut rien, parce que lesrouettes se pourrissent dans les trous, communi-quent leur pourriture aux parties voisines, et met-tent dans l’obligation de couper chaque bout despièces à 18 pouces de longueur pour trouver le boissain. Il vaut mieux, pour ménager le bois des pièces,se servir de crampes de fer pour former les trains.

Les pièces destinées à être rendues dans un portde mer s’embarquent dans des flûtes ou des gabares,par le moyeu d’un sabord qu’on a pratiqué à lapoupe et qui répond dans la cale, où l’on ne doitpoint les renfermer quand elles sont très-remplies desève ou très-pénétrées d’eau.

Pour traîner les bois de charpente sur des rouleauxjusqu’aux ports, on attache à un des bouts ou auxdeux bouts de chaque pièce, un anneau, qui passedans un crampon , saisi par un coin qu’on enfonce

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dans la nièce à coups de masse ; comme ce coin fendquelquefois la pièce, on a trouvé plus à propos dele former en pas de vis ; mais il est mieux d’employerun crochet, qui entre dans un trou fait à la pièce : pourpeu que le crochet entre à force, il n’échappe point.On attelle les chevaux sur l’anneau.

On fait des trains ou radeaux plus ou moinsgrands , suivant la force des rivières. Ceux de boiscarrés à l’usage des charpentiers se font avec plus defacilité que les trains de bois à brûler , ce qui estfort commode pour les transporter au loin à peu defrais. Ils sont-ordinairement formés de quatre brelles,ce qu’on appelle coupons dans les trains de bois àbrûler. Chaque brelle a communément 7 toises etdemie de longueur sur une largeur qui varie sui-vant le besoin; on tient ces trains étroits quand ilsdoivent descendre des rivières qui ont peu de lar-geur et beaucoup de sinuosités, ou quand ils doiventpasser par des écluses ; néanmoins , suivant l’usagele plus ordinaire sur les grandes rivières, la largeurdes brelles varie depuis 14 jusqu’à 18 ou 20 pieds;on en fait quelquefois sur les petites rivières quin’ont que 6 ou 8 pieds de largeur; mais à l’entrée desgrandes rivières, on en réunit plusieurs à côté lesunes des autres, pour en former une seule de lalargeursusdite. Il n’en coûte pas plus aux marchandsde faire conduire un grand train qu’un petit ; ainsiilestde leur intérêt de les faire aussi grands qu’il estpossible.

O11 forme plus ou moins de brelles, suivant queles bois sont plus ou moins longs; mais commetoutes les brelles d’un même train ne sont pas de lamême longueur , on assortit le mieux qu’il est pos-sible les pièces qui doivent former une brelle, et ona soin que les deux côtés soient formés par deuxfortes pièces qui aient toute la longueur de ta brelle;on choisit encore une assez belle pièce , qu’on placeau milieu pour y mettre les moussières , qui sontdeux chevilles enfoncées à la tête de cette pièce,>our retenir les rames dont on se sert pour conduiree train : ces moussières se placent l’une à la tête etl’autre à la queue du train. Toutes les pièces qui doi-vent former une brelle doivent être placées à côtéles unes des autres et liées sur des traversins, nom-més pouliers , qui sont des perches de 6 à 7 poucesde grosseur au milieu , et dont la longueur fait lalargeur des brelles. On place cinq pouliers sur cha-que brelle , deux près l’un de l’autre à chaque ex-trémité , et un dans le milieu. On perce avec unetarière un trou oblique, qui commence à la face su-périeure d’une pièce, et qui aboutit à une face ver-ticale ; on met dans ce trou une ronette, qui embrasseles pouliers ; on fait un nce.id ou maillon, qui serrefortement le poulier contre la pièce; on fait la même.chose à l’autre extrémité de la pièce, et les cinqpouliers étantainsi liés très-fermement sur toutes lespièces de bois carré qui forment une brelle, elle setrouve achevée.

On remarquera qu’on ajuste à terre, à côté les unesdes autres, toutes les pièces qui doivent former unebrelle ; on pose dessus une règle, qui représente lespouliers, pour marquer où doivent se faire les trous;on sépare les pièces et l’on fait les trous. 11 n’y asouvent dans une brelle que trois pièces qui aient