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l'auteur conclut qu’une température très-froide estcelle qui est la plus favorable à son développement.C’est un grand et bel arbre dont la végétation est ra-pide , dont le tronc, parfaitement droit, s’élève sou-vent à 4 ° pieds sous branches, dont l’écorce estd’une grande blancheur ; ce qui a fait donner à cetteespèce le nom de frêne blanc , et dont les feuilles,fort grandes, et d’une longueur de 12 à 14 pouces,se composent de trois à quatre paires de folioles etd’une impaire , ayant chacune 3 à 4 pouces de longsur environ 2 pouces de largeur. Ces folioles , portéessur un court pétiole, sont ovales, acuminées, onduléessur leurs côtés, et rarement dentées, d’un vert clairen dessus et blanchâtres en dessous ; ses graines sontréunies en grappes longues de 4 à 5 pouces, et cha-cune d’elles a environ 18 lignes de longueur; ellessont cylindriques dans leurs deux tiers supérieurs ,et s’élargissent ensuite pour former une aile ou lan-guette , à l’extrémité de laquelle on remarque sou-vent une petite échancrure. Ces graines sont en ma-turité, dans les Etats-Unis , au commencement del’automne.
Cet arbre se plaît beaucoup sur les bords desrivières, le pourtour des marais et la partie déclivedes coteaux qui les avoisinent ; il y parvient quelque-fois à 80 pieds d’élévation sur 3 pieds de diamètre.
Le cœur ou le vrai bois est rougeâtre, et l’aubierqui l’entoure est très-blanc. Ce bois réunit la force,la souplesse et l’élasticité ; il présente un grand de-gré de solidité dans les nombreux usages auxquelson l’emploie. On s’en sert, dans les différentes par-ties des Etats-Unis , à faire des brancards, des jantesde roues, et la caisse des cabriolets et des carrosses,des traîneaux, des manches de faux, des râteaux ,des cercles, du merrain, la charpente infétieure desnavires , d’excellentes rames ou avirons , des barresde cabestan.
M. Michaux, qui nous donne ces renseignemens,considère le frêne d’Amérique comme une acquisi-tion avantageuse pour les forêts du nord de l’Eu-rope , et il en recommande la propagation commearbre utile, sans parler , dit-il, de la beauté de sonfeuillage, qui l’emporte infiniment sur celui de notrefrêne commun.
Cet arbre réussit bien de semences, ainsi que leprouvent quelques arbres de franc pied que l’on pos-sède dans les jardins, et les semis faits, en 1808,par l’Administration forestière, qui avait reçu desgraines de l’Amérique envoyées par M. Michaux.Ces graines, comme toutes celles du frêne, ne lèventqu’en partie la première année. A défaut de se- 1rnences, on multiplie le frêne d’Amérique par la 1greffe sur le frêne commun. I
Le I'rène rouge ou tomenteux , au rapport de 1M. Michaux, est très-multiplié dans la Pensylvanie , 1le Maryland et la Virginie; il croît, comme l’es- Ipèce précédente , dans les endroits humides et fré- 1quemment submergés. Il a une belle apparence ; il Fs eleve parfaitement droit jusqu’à la hauteur de 5 o à '60 pieds sur j 5 à 18 pouces de diamètre; ses feuilles, ilongues, dans leur ensemble, de i 3 à i 5 pouces, et ]composées de trois à quatre paires de folioles, avec 1une impaire , sont très-tomenteuses à leur surface sinférieure, ainsi que les pousses annuelles , aux- j
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l quelles elles sont attachées. Lorsque ces arbres. sont isolés, et aux approches de l’automne, le du-- vet dont elles sont couvertes en dessous est de cou-leur rousse, d’où est venue probab’ement à cette es-pèce la distinction de frêne rouge. La forme desi graines est la même que dans le frêne blanc , exceptéqu’elles sont moins longues.
L’écorce qui couvre le tronc du frêne rouge estd’une couleur très-rembrunie , et le vrai bois estd’une teinte plus rouge que celui du frêne blanc;mais ses qualités sont les mêmes, et il est employéaux mêmes usages.
Le Frêne vskt ou a feuilles de noyer, ditM. Michaux, est assez multiplié dans les partiesoccidentales de la Pensylvanie, du Maryland et dela Virginie. Sa hauteur ne paraît pas dépasser 20 à25 pieds sur 4 à 5 pouces de diamètre. On le recon-naît aisément à la belle couleur verte et luisante deses jeunes pousses et de ses feuilles , dont la teintediffère très-peu dans les deux surfaces. Ces feuillesvarient en longueur depuis 6 jusqu’à i 5 pouces, sui-vant la vigueur des arbres et la fraîcheur du terrainoù ils croissent : elles sont composées de trois, qua-tre et cinq paires de folioles avec une impaire; cesfolioles, longues de 2 à 3 pouces, sont pétiolées ,ovales, acuminées, et très-sensiblement dentéesdans leur contour ; les graines , de moitié moinsgrandes que celles du frêne blanc, ont la mêmeforme.
Le bois doit participer des bonnes qualités desespèces précédentes ; mais comme il est d’une mé-diocre grosseur et qu’il ne parvient qu’à une hauteurtrès-bornée, il n’est employé qu’accidentellement.
Le frêne vert existe depuis long-temps en France ,où il s’est multiplié de graines envoyées par M. Mi-chaux père en 1785. 11 supporte très-bien les froidsde nos hivers, et il est recherché par les amateursde cultures étrangères, à cause de la teinte particu-lière de son feuillage, qui forme toujours un con-traste marqué avec celui des autres arbres près des-quels il se trouve placé.
Le Frêne bleu ou quadrangulaire est absolu-ment étranger à la partie atlantique des Etats-Unis ,il ne se trouve que dans le Kentucky , leTennes-sée et la partie méridionale de l’état de l’Ohio, si-tués à l’ouest des monts Alleghanys. Il y est connusous le nom de blue-ash , frêne bleu. Il parvient àun assez grand accroissement, car il dépasse souvent60 à 70 pieds d’élévation sur 18 à 20 pouces de dia-mètre. Ses feuilles, longues de 12 à 18 pouces, sontcomposées de deux, trois et quatre paires de foliolesterminées par une impaire, assez grandes, lisses, ova-les, acuminées, sensiblement dentées et portées surde courts pétioles. Les jeunes pousses, auxquellesles feuilles sont attachées, offrent, dans le frênebleu, un caractère spécifique très - particulier : ilconsiste à avoir dans toute leur longueur quatremembranes opposées les unes aux autres, de couleurverdâtre et de 2à3 lignes delargeur, qui disparaissentà la troisième et quatrième année , et ne laissentplus que les traces de leur existence. Les grainesressemblent beaucoup à celles du frêne à feuilles desureau ; elles sont plus aplaties dans toute leur lon-gueur, et seulement un peu plus étroites vers leur base.
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