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Tome second.
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plus gros. Quelquefois ce suc est si abondant, qu’ilcoule jusqu’au pied de l’arbre, et y forme de grandesmasses, qui ressemblent à de la cire ouàde la résine}on y laisse ces niasses pendant un ou a jours, afinqu’elles se durcissent; enfin on les coupe par petitsmorceaux , et on les fait sécher au soleil : c’est cequ’on appelle la manne par incision. Elle n’est passi blanche que la première, elle devient rousse etsouvent même noire, à cause des ordures et de laterre qui y sont mêlées.

n La troisième espèce est celle que l’on recueillesur les feuilles. Au mois de juillet et au mois d’août,vers midi, on la voit paraître d’elle-même , commede petites gouttes d’une liqueur très-claire, sur lesfibres nerveuses des grandes feuilles et sur les veinesdes petites ; la chaleur fait sécher ces petites gouttes,etelle sechange eri petits grains blancs de la grosseurdu milletçOu du froment : elle est rare et difficile àramasser.

» Les Calabrais mettent de la différence entre lamanne tirée par incision des arbres qui en ont déjàdonné d’eux-mêmes et la manne tirée des frênessauvages , qui n’en ont jamais donné d’eux-mêmes.On croit que cette dernière est bien meilleure quela première ; de même que la manne qui couled’elle-même du tronc est bien meilleure que les au-tres. Quelquefois , dans l’incision faite à l’écorce,on insère des pailles , des fétus ou de petites bran-ches ; le suc qui coule le long de ces corps s’yépaissit et forme de grosses gouttes pendantes enforme de stalactites ; on les enlève quand elles sontassez grandes , on en relire la paille et on les (aitsécher au soleil. 11 s’en forme des larmes très-belles, longues, creuses, légères, et comme can-nelées en dedans, et tirant quelquefois sur le rouge;quand elles sont sèches , on les renferme bien pré-cieusement dans des caisses. On en fait grand cas ,et on a raison, car elles ne contiennent aucune or-dure : on les appelle manne en larmes.

r> La manne en larmes naturelle ou factice est pré-férable à toutes les autres espèces; la dose est depuisune once jusqu’à 3, en solution dans 5 onces d’eau.

» 11 est certain que le frêne à fleurs fournit detrès-bonne et de très - belle manne dans nos pro-vinces du Midi, et sur-tout près de la Méditerranée.Je me suis amusé à en ramasser quelques onces pourm’assurer de sa qualité, et l’expérience m’a prouvéqu’elle était aussi bonne que celle de la Calabre . Ilest donc clair que si on voulait en prendre la peine,il serait possible de récoller en France ce que l’on yconsomme. »

La manne n’est pas produite uniquement par lesfrênes que nous venons de dénommer, on en recueilleaussi sur des plantes de familles très-éloiguées, tellesque le mélèze et l’aihagi, espèce de sainfoin indigèneà la Syrie et à la Perse. La manne de cette dernièreplante est, suivant 'lournefort, celle qu’on appellela manne de Perse. Quant à celle qu’on retire dumélèze, elle est connue sous le nom de manne deBriançon .

Le Frêne a feuilles de lentisque a les feuillescomposées de neuf à onze folioles, très - écartées ,petites, ovales, aiguës, dentées, longues de 6 à8 lignes ; les fleurs sans pétales, les capsules étroites

et terminées par une aile large et émoussée vers lesommet ; l’écorce d’un brun noir sur les rameaux;la tige droite et élancée , et les rameaux grêles etallongés. Cet arbre est originaire de l’Asie ; il estassez répandu dans nos jardins d’agrément, où ilfait un bel effet par l’élégance et la légèreté de toutesses parties. On le multiplie par la greffe sur le frênecommun; mais on dit que ses rameaux gèlent quel-quefois et ses greffes souvent. Les pépiniéristes desenvirons de Paris le désignent aussi sous le nom defrêne de la Chine et de frêne à mèche.

Le Frêne a petites feuilles, décrit parM. Bosc,parait avoir beaucoup de rapport avec le précédent ;cependant il a les feuilles moins étroites et les ra-meaux moins allongés; il se rapproche du frênecommun, quoiqu’il s’élève moins haut et que sesfeuilles soient très-étroites. On le multiplie aussipar la greffe, pour le placer dans les bosquets duprintemps.

L’Amérique septentrionale, si riche en arbresforestiers, possède un grand nombre d’espèces defrênes, dont plusieurs se cultivent en France . M. Mi-chaux estime que dans le Canada et les Etats-Unis il en existe plus de trente. Voici, d’après .cet auteur,la description des espèces les plus connues :

Le Frêne a une feuille, ou hétérophylle oumonophylle, a les feuilles tantôt à une seule, tantôtà trois et tantôt à cinq folioles ovales, aiguës, den-tées , d’un vert foncé et de a à 3 pouces de large ;ses boutons sont noirs , et son tronc est assez élevé.11 provient de semences envoyées d’Amérique . Onvoit quelquefois les trois sortes de feuilles dont onvient de parler sur le même pied, lorsqu’il est venude graines ; mais en général on ne greffe, à cause delàsingularité, que les rameaux complètement mono-phylles. C’est un très-bel arbre , qui produit d’a-gréables effets dans les jardins dits anglais , sur-toutquand on l’isole et qu’on lui laisse prendre la formeglobuleuse qui lui est propre.

Le Frêne acumïné a les rameaux d’un gris noi-râtre , les feuilles composées de sept folioles [(étio-lées, ovales-oblongues , acuminées, très-glauques,et légèrement pubescentes en dessous, autour des ner-vures seulement. 11 croît en Amérique dans les lieuxsecs. « C’est, dit M. Bosc, le frêne noir des pépi-niéristes, le frêne d’Amérique de quelques auteurs ,mais non celui de Linnæus : » c’est le plus beau deceux que je connaisse. La grandeur de ses folioles ,souvent de plus de 4 pouces de long sur 2 de large ,le contraste de la couleur de leurs deux surfaces ,le rendent très-propre à la décoration des jardinspaysagers , où il peut être placé au troisième rang.On le multiplie par la greffe sur le frêne commun.Ses rameaux se rapprochent beaucoup , pour la cou-leur, de ceux du frêne à feuilles de noyer; mais cettecouleur est ici plus foncée. Ses boutons sont très-gros.

Le Frêne blanc d’Amérique , ou simplement leFrêne d’Amérique (V. la fig. à VAtlas, Fl. XJ B),est, suivant M. Michaux, l’espèce la plus intéres-sante par les excellentes qualités de son bois, et laplus remarquable par la beauté de son feuillage.Elle est plus multipliée dans les régions situées aunord que dans celles du sud des Etats-Lnis, d’oit