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la France et ceux de ces départemens, des écoles fo-restières et une commission d’aménagement compo-sée d’hommes instruits, seront des mesures très-propres à hâter les progrès de la sciencé et la pro-pagation des hons principes d’économie forestière.On doit les attendre d’un gouvernement qui s’oc-cupe avec tant de sollicitude de donner au régimeforestier une direction conforme'pux progrès deslumières.
Nous croyons devoir terminer cet article par l’ex-posé succinct d’un inode d’exploitation par éclaircie,dont les développemens se trouvent, comme nousl’avons dit, aux articles Aménagement et Exploita-tion, auxquels nous renvoyons.
Manière d’exploiter les futaies en massifs pour enfavoriser le repeuplement naturel.
Nos meilleurs écrivains sur l’économie forestière,les Euffon, les Duhamel, les Varennes de Fenille,les de Perthuis, n’ont jamais entrevu d’autre moyende repeupler les futaies mises en exploitation que leréensemencement ; mais les lenteurs et les dépensesdes semis artificiels ont toujours été cause qu’on lesa négligés, et que la dégradation des futaies a étécroissante d’àge en âge. Ces difficultés ont été lesplus forte» objections que l’on ait faites contre l’a-ménagement des futaies. Nos auteurs se sont occupésde trouver un moyen d’accélérer la croissance desbois ; et le mode d’exploitation par éclaircie, qu’ontproposé Yarennes de Fenille et de Perthuis , estpropre à faire atteindre ce but, et à devancer leterme ordinaire des exploitations; mais il manqué àleur méthode un complément important, la régéné-ration naturelle , sans frais et en bonnes essences dela futaie abattue. Ce complément, nous le trouvonsdans les ouvrages forestiers de Burgsdorf etdeHartig.M. Hartig décrit avec une grande clarté la méthodeiratiquéedepuis long-temps dans les futaies de l’Al-emagne, méthode qui favorise le repeuplement parles semences. Exposons d’abord la méthode française,pour mieux faire sentir en quoi elle diffère delà mé-thode allemande, que nous ferons connaître ensuite.
Soit une futaie de hêtre , aménagée à ioo ou 120ans : si on voulait la traiter d’après la méthode or-dinaire des exploitations que nous appelons coupesréglées, on diviserait géométriquement cette futaieen un certain nombre de coupes ; on marqueraitsuccessivement dans chacune d’elles un certainnombre de baliveaux, et on abattrait en une seulefois sur la coupe tout ce qui ne serait point mar-qué en réserve; la coupe, ainsi exploitée et vidée entemps utile, serait mise en défends et abandonnéeà elle-même jusqu’à ce que son tour d’aménagementla ramenât en exploitation ; on parcourrait ainsi cha-que division de la futaie. Telle est la méthode quenous suivons ; elle séduit par la simplicité et pariafacilité qu’elle donne pour prévenir les abus.
La méthode allemande n’est pas aussi simple, elleexige plus de combinaisons, plus de savoir de lapart du forestier; elle expose aussi à plus d’abus, etveut une surveillance constante dans l’exploitation ;mais si elle est bien dirigée, elle dédommage am-plement des difficultés qu’elle présente, et ses ré-
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sultats sont tels que nulle comparaison ne peut êtreadmise entre une futaie conduite d’après les règlesqu’elle prescrit, et une futaie soumise au mode descoupes réglées. Le forestier allemand commencera,comme le forestier français , par diviser la totalitéde la futaie en un certain nombre de coupes : parexemple , si le sol est bon, s’il se décide à aménagerà 120 ans, il divisera la futaie en 120 parties; sousce rapport, ce seront bien des coupes réglées; maisla manière de les exploiter successivement va deve-venir bien différente du mode français .
Une futaie de 120 ans bien conservée peut con-tenir 4 à 5 oo tiges ou arbres par hectare. L’état serréd’une telle forêt permet à peine à quelques rayonsdu soleil d’y pénétrer et d’arriver à la surface du sol,qui n’est couvert d’aucun recru, d’aucun rejet, d’au-cune broussaille, d’aucun gazon, mais seulementd’un terreau de feuilles.
Dans cet état de choses, si on enlevait d’une seulefois tous les arbres, en n’en réservant que 20 ou 3 opar hectare, de quoi pourrait-on attendre le repeu-plement de la coupe? Serait-ce des rejets de souchesdes arbres abattus? Mais , i°. il est sensible que lesrejets ne couvriront pas la surface du sol, les arbresanciens étant déjà trop espacés ; 2°. il est reconnuqu’on ne peut compter sur les rejets de souches desarbres qui ont 120 ans, pour former une nouvellefutaie : aussi tous les auteurs français qui ont traitéde l’exploitation finale d’une futaie, prescrivent-ilsle réensemencement artificiel. Pourrait-on l’espérerdes 20 ou 3 o arbres réservés par hectare ? Mais ilest évident qu’on ne peut en attendre que quelquesbrins de semences épars et distans les uns des au-tres : or , il est reconnu que ces recrus ne peuventprospérer et donner des arbres élancés que lorsqu’ilscroissent dans un état serré : c’est ceque M. Hartigrend parfaitement sensible dans les développemensde son système.
Pour atteindre le but duréensemencementnaturel,le forestier allemand n’enlève donc que graduelle-ment, et en plusieurs années, les arbres qui couvrentchacune des cent vingt divisions ou coupes de la futaie.
La première exploitation ou première coupe n’en-lève qu’environ la moitié des arbres. Ceux qui res-tent sur pied doivent se trouver encore assez rap-prochés les uns des autres, i°, pour que leurs têtes,agitées par les vents, puissent se toucher et se prê-ter un appui mutuel ; 2°. pour qu’elles puissentcouvrir de semences toute l’aire de la coupe ; 3 °. pourque leur ombrage protège la faiblesse des jeunes re-crus , soit contre les grands froids, soit contre lesardeurs d’un soleil trop brûlant ; 4°- pour que lesmauvaises herbes, les plantes nuisibles et les boisblancs ne s’emparent pas de l’aire de la coupe, ce quine manque pasd’arriver sion ladécouvre tout-à-fait.
Cette première coupe est appelée par les Alle-mands d’un mot qui signifie coupe sombre. Cette ex-pression peint parfaitement l’état de la coupe aprèsce premier abatis; toutes les cimes rapprochées don-nent un ombrage épais, qu’on peutappeler sombre.Ils la nomment aussi coupe d’ensemencement, parceque le réensemencement est en effet le but de cettepremière opération.
La coupe d’ensemencement <ou coupe sombre reste