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en grosseur lorsque le terrain et le climat lui con-viennent parfaitement. M. Hartig a exploité dansla Wettéravie des hêtres de 3 oo ans qui étaient en-core bien sains. L’un de ces arbres avait 125 piedsde haut ; il cubait 1400 pieds, mesure du Rhin ; cequi présente environ i960 pieds cubes de bois decorde avec les interstices, ou de i 3 à 14 cordes de144 pieds cubes, sans compter les branches. Guyot,dans son Manuel forestier, rapporte avoir mesurédes hêtres qui avaient, tout compris, jusqu’à 120pieds de hauteur, et dans le tronc desquels on pou-vait prendre deux bateaux ou batelets, chacun d’uneseule pièce. 11 en a vu un près de Clermont, en Ar-gone , dont le tronc avait 3 o pieds de tour , et quivégétait parfaitement. Il était situé dans une vallée,près d’un ravin, et il avait donné son nom à cettepartie de la forêt, qui se nomme encore la contréedu gros hêtre. Suivant les époques des anciens titres,il peut avoir au moins 5 oo ans : son tronc n’a que18 à 20 pieds de hauteur; mais en revanche il portesur sa tète, qui est une espèce de plate - forme, au-tant d’arbres qu’il y a de grosses branches.
Préparation du terrain et semis. —Les semis de hê-tre se font, soit en automne, aussitôt après la récoltedes faines , soit au printemps suivant : ceux de l’au-tomne réussissent ordinairement beaucoup mieux ,parce que les faînes ne se conservent pas bien pen-dant l’hiver; cependant comme les jeunes plants lè-vent de très-bonne heure au printemps et qu’ils sonttrès-délicats, ils ont souvent à souffrir des geléestardives, sur-tout lorsque le semis est en plaine etsans abri. D’un autre côté, les graines sont exposéesà etre mangées par les mulots pendant l’hiver: c’estpourquoi on doit semer au printemps, c’est-à-diredans le mois d’avril, lorsqu’on redoute le ravage deces animaux, ou lorsque les endroits à semer sontdépourvus d’abri ; et en automne, dans les lieux quise trouvent abrités, comme les places vagues dans lescoupes, etc. La préparation du terrain et le moded’ensemencement dépendent de la situation et de lanature du local.
i°. Si c’est un terrain nu et qui puisse être labouréd’une manière régulière, on procède au labourcomme pour semer du blé.
2°. Si cette culture n’est point praticable, ouqu’on ne veuille pas l’employer, on lera enlever lesgazons pendant l’été ; on en formera des fourneaux,auxquels on mettra le feu lorsque les gazons serontbien secs, et on en répandra la cendre sur la place ;après quoi, on y donnera un labour. Vers le milieudu mois d’avril suivant, on répandra la semence surcette terre labourée , et en quantité suffisante pourqu’il y ait de 4 à 6 faines par pied carré. On répan-dra en même temps sur le terrain une demi-semenced’avoine, et on hersera dans la direction opposéeaux rayons, jusqu’à ce que les faînes soient recou-vertes d’un pouce à un pouce et demi de terre ; ellesne tarderont point à lever, et elles trouveront unabri pendant l’été sous l’avoine qu’on aura semée.Il faut avoir l’attention de ne point semer trop d’a-voine , et de la couper avec beaucoup de précautionlors de la moisson.
3 °. Quand le local à semer ne peut pas être la-bouré à la charrue, on le fait houer par bandes ou
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par places, comme on l’a indiqué pour la culturedu chêne ; mais, dans ce cas, les semences ne doiventêtre recouvertes que d’un demi-pouce à un pouce etdemi, et il n’en faut par hectare que 100 à 120 ki-logr., ou 25 à 3 o décal.
4 °. Mais si le terrain n’est pas très-embarrassé demauvaises herbes , ou s’il s’agit de regarnir des vi-des dans une coupe, l’ouvrier prendra un sac pleinde faines et un large hoyau, avec lequel il lera ,dans une direction donnée, des trous de 2 à 3 pou-ces de profondeur au plus , y placera deux ou troisfaines, qu’il recouvrira avec son instrument, etcontinuera ainsi, en laissant entre chaque trou unedistance convenable. Cette méthode est très-expédi-tive; mais elle 11e doit être employée que lorsque leterrain ne présente point de difficulté, et lorsqu’il aété disposé par les pluies et la gelée de manière à sebien diviser et à recouvrir parfaitement la semence.Elle ne doit point avoir lieu sur les terrains gazonnés,et dans tous les cas on doit bien se garder de renfer-mer les semences sous des mottes de gazon, commecela arrive quelquefois ; il faut , si on se décide à se-mer dans ces terrains sans les labourer, y enleverdes gazons minces et de 6 à 8 pouces en carré, remuerle fond du trou avec la houe, y jeter deux ou troisfaînes et les recouvrir de terre meuble ; on laisse lesgazons sur la place , ou bien on les divise en petitsmorceaux, et on les répand sur le terrain.
On doit, dans tous les cas, pour les semis de fai-nes, avoir pour règle de ne point les enterrer demoins d’un demi - pouce, ni de plus d’un pouce etdemi; de n’employer pour cette couverture qu’uneterre bien ameublie, parce que le jeune plant, quise montre toujours avec ses lobes séminaux, ne pour-rait se faire jour à travers une terre compacte ou ga-zonnée.
Les jeunes hêtres lèvent dès le mois d’avril. Leslobes ou cotylédons qui les accompagnent hors deterre, sont d’un beau vert en dessus et d’un blancverdâtre en dessous : c’est du milieu de ces lobes ques’élève la jeune tige et que paraissent les feuilles or-dinaires , et .alors ces cotylédons se flétrissent ettombent.
Les jeunes plants de hêtre demandent de l’ombrependant quelques années, et ils sont, principale-ment dans la première année, très-endommageablespar les gelées ; celles du printemps où ils lèvent,les tuent jusque dans les racines. Il est donc im-portant qu’ils aient des abris pendant leur enfancecontre la gelée et même contre les trop grandes cha-leurs ; mais quand ils ont atteint un pied et demi à2 pieds de haut, ils n’ont plus rien à redouter de latempérature.
Plantation en massif. — La plantation du hêtrese fait comme celle du chêne , dont nous avons déjàparlé à l’article de cet arbre. V. aussi Plantationset Semis.
Quand le terrain à planter en hêtre est nu , on leprépare comme il a été dit plus haut. On y pratiquedes trous de 10 pouces de large et de 4 pouces deprofondeur, à la distance de 3 pieds en tous sens eten échiquier ; on place dans chacun de ces trousdeux plants de l’âge de 3 à 4 an s, que l’on sépare de4 à 5 pouces. On trouve abondamment du plant de