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Tome second.
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Ses branches sont nombreuses, menues et un peuj>endantes : elles sont alternes.

L’ écorce , sur les jeunes tiges et les rameaux, estd’un vert brun , et sur les vieux troncs elle est gri-sâtre et toujours unie, à moins que des circonstancesparticulières n’y aient occasionné des gerçures.

Les feuilles sont placées alternativement sur lesrameaux, et attachées à de courts pétioles, qui n’ontque 3 à 4 lignes ; elles sont ovales, un peu, pointues,unies des deux côtés et d’un vert glacé en dessus,ondées sur les bords , garnies, dans leur jeunesse, depoils légers, de même que leur pétiole , et accom-pagnées de stipules à leur base. Elles paraissent aucommencement du mois de mai; il en tombe unepartie en automne , les autres demeurent sur l’ar-bre jusqu’à ce qu’elles soient chassées par les feuillesnouvelles.

Les fleurs viennent en même temps que les feuilles,et se montrent d’abord sous la forme de boutonstrès-apparens. Les fleurs mâles et les fleurs femellesnaissent sur le même arbre, mais séparées ; les pre-mières forment des chatons pendans, globuleux,serrés, ayant jusqu’à 2 pouces de long : elles ontdepuis 8 jusqu’à 2 o étamines de couleur jaunâtre ;les fleurs femelles forment des boutons rudes autoucher , d’un vert rougeâtre et terminés en pointe.Elles sont composées d’un calice à 6 divisions, d’unstyle, de trois stigmates et d’un ovaire à trois loges.

Le hêtre ne porte des fruits que lorsqu’il a acquisune grande partie de son accroissement, et c’estpour cette raison que dans les pays où les grainespropres à la nourriture des porcs se trouvent rares, ilest très-important délaisser croître le hêtre en futaie.

Le fruit est une capsule ovale, coriace, hérisséede pointes molles, et dont le développement estcomplet à la fin du mois de juin. Cette capsule de-vient d’un brun rougeâtre, et s’ouvre en quatreparties dans le mois d’octobre , époque à laquelleelle laisse tomber deux semences triangulaires,pointues à l’extrémité , obtuses à leur base, et re-couvertes d’une peau brune, unie et brillante : cessemences s’appellent faînes. La récolte en est quel-quefois très-abondante ; mais il arrive ordinairementqu’après une année très-fertile, il s’écoule 2 ou 3années sans que l’arbre produise beaucoup de grai-nes, soit parce qu’il est épuisé, soit parce que lescirconstances atmosphériques qui favorisent sa fé-condation se rencontrent rarement.

Culture. .

Récolte des semences .—Cette récolte se fait lors-que les capsules s’ouvrent et commencent à laissertomber leurs graines , ce qui arrive vers la fin deseptembre et au commencement d’octobre. On yprocède de plusieurs manières : on monte sur l’ar-bre , on en secoue les branches ou on les frappe lé-gèrement avec de longues perches, et on réunit lessemences dans des draps grossiers , qu’on a. étendussur la terre, ou bien on ra.masse les faines qui sonttombées naturellement, soit à la main, soit avec unbalai quand le terrain le permet; dans ce derniercas, on les sème avec les capsules, c’est-à- dire tellesqu’on les a ramassées, ou bien on les passe au cri-ble ou à la claie, et on les vanne à la manière des

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grains, opération qui se fait dans la forêt même oudans une aire de grange. Comme les faines s’échauf-fent et germent facilement, on doit éviter de leslaisser séjourner dans des sacs; il faut les étendredans un grenier et les remuer souvent. Elles se sè-ment soit en automne après-la récolte, soit au prin-temps suivant.

Conservation des faînes. — Lorsqu’on ne veut se-mer qu’au printemps, on les fait sécher en les éten-dant comme nous venonsde ledire, et en les remuantune fois par jour, et lorsqu’elles sont bien ressuyées,on en forme des tas de 2 à 3 pieds de haut dans ungrenier planchëié , puis on les recouvre de paille del’épaisseur d’un pied, pour les préserver de la geléeet d’une trop grande dessiccation ; on les laisse danscet état jusqu’au printemps. Cette méthode est sanscontredit la plus simple et la plus sûre de toutes.On peut aussi conserver les faines dans du sablefrais, qu’on place dans une caisse ou dans un ton-neau, et dont on arrose légèrement le sable une foispar mois.

Epreuve de la semence. — Pour s’assurer si la se -mence est bonne , on fend plusieurs faînes en deuxparties dans leur longueur. Si l’amande est blanche,succulente et fraîche , si le germe qui se trouve versla pointe partage ces qualités , et si enfin l’amande aconservé sa douceur et son goût ordinaires, la se-mence est bonne et peut être employée ; mais si, aucontraire, l’amande n’a plus sa couleur blanche,si elle a contracté un mauvais goût de rance, ou sielle est tout-à-fait desséchée, les semences ne valentplus rien , et il faut se garder d’en faire usage.

Quantités de semence à employer. — Dans lesterrains et les situations favorables, on emploie parhectare, pour les semis en plein , 170 kilogr. ou43 décal. de faines, et dans les autres 240 kilogr.ou 60 décal. : il ne faut que les deux tiers de cesquantités lorsqu’on sème en rayons.

Terrain. — Le hêtre se plaît beaucoup dans unfonds d’argile frais, mêlé de terre végétale, de sableou de pierrailles, lors même qu’il n’aurait pas beau-coup de profondeur. Il vient bien dans les terrainscalcaires, et il réussit même dans toute sorte deterrain, pourvu qu’il ait un pied et demi à 2 piedsde fond. On en voit aussi dans des sols moins pro-fonds, qui acquièrent beaucoup d’accroissement; maisles terrains très-sableux ou très-glaiseux, commeaussi les fonds humides et marécageux, ne lui con-viennent pas ; il aime les plaines et le penchant desmontagnes exposées au nord, où il acquiert une grandecroissance ; il vient même assefc bien sur les hautesmontagnes , si le terrain est bon ; on l’y voit croîtrejusqu’à la hauteur où commence la végétation dumyrtile des Alpes , vitis idea; mais il n’y parvientpas à des dimensions considérables. En effet, destiges de 120 ans , crues en massif dans cette situa-tion, ne produisent guère au-delà de 25 pieds cubeschacune , tandis que des arbres du même âge, dansun climat tempéré, donnent 5 opieds cubes et au-delà.

Le hêtre, placé dans les positions qui lui convien-nent, acquiert, comme futaie, dans l’espace de 120à 1 5 o ans , toutes les qualités économiques qui peu-vent en déterminer l’exploitation ; cependant il estencore susceptible, à cet âge, de croître en hauteur et