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cet âge dans les forêts, et notamment dans Les coupesexploitées par éclaircies; mais en général il vautmieux semer que planter, parce que la reprise desplants est difficile , et que les arbres provenus desemence sont toujours plus beaux, et parviennentà des âges plus avancés.
Pépinière. — La culture du hêtre en pépinière nediffère pas beaucoup de celle du chêne ; seulement,comme les plants du hêtre sont très-sensibles auxgelées , il faut abriter le semis, et même le couvrirde mousse ou de paille. On ne lève le plant qu’aprèsl’avoir laissé 2 ou 3 ans en placé; on le transplanteen massif de forêt, en lui conservant, autant quepossible , toutes ses racines et toutes ses branches.Si on le destinait à être planté en avenue , en quin-conce ou en palissade , il faudrait, après l’avoir tirédu semis, lui faire subir une première transplanta-tion en pépinière, et le diriger comme le chêne ,c’est-à-dire le conserver pendant 2 ans dans la pé-pinière-plantation , ménager ses branches pendantla durée dé l’entretien, et le planter en place, .entouchant le moins possible à ses racines , à ses bran-ches et à sa tige.
Exploitation. — Le hêtre repousse de souche or-dinairement jusqu’à I’àge de 4 o à 5 o ans, quandl’exploitation se fait suivant les règles de l’art ; maisil est d’expérience que des souches plus vieilles neproduisent souvent plus de rejets, et qu’en généralle hêtre ne convient pas en taillis.
Jjous avons déjà fait observer que les jeunes plantsde cet arbre étaient très-sensibles aux froids et auxchaleurs, et il a encore cela de particulier que safécondité est fort tardive. En effet, lorsqu’il est enmassif de forêt, il ne commence à porter des fruitsque vers sa soixantième année ; mais à mesure qu’ilavançe enàge, il devient de plus en plusfécond. Dansles situations tempérées , il donne des semencespresque^oqs les ans , et l’on peut compter sur uneabondante famée tous les 5 ans ; sur les hautesmontagnes froides , les fainées sont bien plus rares,et il se passe souvent 4 et 5 ans sans qu’il y ait au-cune semence, ét à peine y a-t-il une récolte entièretons les ]6 à 12 ans.
Exploitation en futaie. —Le hêtre , dans les ter-rains qui lui conviennent, continue à croître jus-qu’à 120 et i 5 o ans. Nous avons fait connaître tousles avantages qu’il y avait d’aménager en futaie lesforêts de hêtre situées en bon fonds, et de les exploi-ter par éclaircies. Elles produisent, dans ces deuxcas, près d’une fois plus de bois, et des bois pluspropres aux arts et au chauffage, enfin beaucoupplus de fruits que par l’exploitation en taillis. V. ,à cet égard, notre article sur aménagement des fo-rêts. Nous ajouterons seulement que l’exploitationdes hêtres comme’ futaie exige quelques précautionsparticulières pour ne pas endommager les arbres.Comme le bois de cet arbre est cassant, il faut évi-ter de faire tomber les grands arbres du côté où il yaurait de fortes branches, ni dans une situation quifavoriserait le contre-coup, parce qu'ils s’éclatentet se fendent quelquefois dans une partie de leurlongueur. On a ordinairement l’attention de fairetomber les plus beaux sur ceux de moindre valeur ,qu’on abat les premiers.
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Exploitation en taillis. — 11 est rare que le hêtreforme l’essence unique d'un bois; mais si elle étaitdominante et qu’il ne fût pas possible, à raison dela mauvaise qualité du sol, de l’aménager en futaie,il faudrait avoir l’attention de l’exploiter à des âgesoù il pût repousser de souche. Passé 40 ou 5 o ans,l’écorce du hêtre devient ordinairement si dure, queLes bourgeons qui doivent repousser de souche , nepeuvent plus la traverser, et qu’il y a une grandequantité de ces souches qui ne donnent aucune re-production si on exploite après cet âge.
L’expérience a fait connaître que les hêtres situésen bon fonds ne repoussaient pas aussi bien de sou-che que ceux qui croissent sur des terrains maigres.M. Hartig, qui fait cette observation, pense quedans les bons fonds l’affluence de la sève est si forte,que les germes de la reproduction , c’est-à-dire lesyeux, qui se trouvent placés sous une écorce dure etserrée, en sontsurchargés et s’y recourbent sans pou-voir se développer , comme les germes d’une grainesous une motte de terre très-dure ; tandis que dansles terrains maigres , où la sève est moins considéra-ble , les yeux peuvent percer doucement l’écorce etse produire au dehors. IL ajoute que son opinionse trouve fortifiée par l’observation qu’il a faite , quedes hêtres situés en bon fonds repoussaient mieuxde souche quand on les coupait aussitôt que lasève était en mouvement, parce que la quantité decette sève était diminuée par la perte qui s’en faisait.
D’après les observations ci-dessus, observe encoreM. Hartig, on ne doit pas exploiter les taillis dehêtre après 4 o à 45 ans. Si donc on avait laissé pas-ser cet âge, il faudrait s’assurer, avant d’exploiteren grand, que l’on peut encore compter sur Ira re-pousse du taillis, et dans le cas où les souches neferaient plus de productions, laisser croître la forêten futaie, jusqu’à ce que les arbres donnent assez degraines pour assurer le repeuplement naturel aumoyen des exploitations par éclaircies, et rajeunirainsi la forêt ; après quoi, ; si on le jugeait néces-saire , on y asseierait des coupes réglées en taillis àdes âges plus rapprochés.
Il faut, pour l’exploitation des taillis de hêtre ,suivre les régies générales que nous avons rappeléesdans nos articles sur les aménageinens et les ex-ploitations, et y réserver des baliveaux pour pro-curer de l’ombre aux jeunes coupes et des grainespour la reproduction.
L’ordonnance de 1669 ne prescrit, pour toutessortes de bois aménagés en taillis, qu’une réserve de16 baliveaux de l’âge par arpent, ou de 32 par hectare;maisje dois encore ici rapporter un excellent préceptede M. Hartig à l’égard des taillis de hêtre. Commeles taillis de nêtre, dit-il, se dégarnissent de plus enplus à chaque coupe, et que lorsque la souche atteint90 ans elle 11e produit plus que quelques faibles re-jets, je regarde comme désavantageux de continuerconstamment l’exploitation en taillis : je pense quepour perpétuer la durée d’une forêt de hêtre , qu’ona aménagée en taillis, il faut, si elle est composée debrins de semences, l’exploiter à 3 o ans comme taillis,réserver alors 80 à 100 baliveaux de l’âge parmi lesplus forts brins ; à la seconde révolution de 3 o ans,faire une coupe par éclaircies, dans laquelle on ré-