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serrera aooo des meilleurs brins; enfin, après unetroisième révolution de 3 o ans, exploiter de ma-nière à favoriser le repeuplement natlirel, commeil a été expliqué en parlant des coupes par éclaircie;on rajeunit ainsi la forêt, et on continue par lasuite à la soumettre à cette méthode mixté d’exploi-tation. l’ar ce moyen , on obtient, tous les 3o ans, desproduits considérables, et en tout beaucoup plus debois que si on eût continué sans interruption le moded’exploitation usité pour les taillis, et on ne court pasle risque de voir la forêt se dépeupler petit à petit,et se garnir de mauvaises espèces de bois blancs.
Comme beaucoup de souches de hêtres ne pous-sent des rejets que dans le printemps de l’année quisuit la coupe, on ne doit pas désespérer de la repro-duction de celles qui n’en donneraient point dans lepremier été. L’écorce du hêtre, comme nous l’avonsdit, est très-dure , il s’y forme souvent, dans l’étéde l’exploitation, des protubérances de la grosseurd’un pois; ces protubérances ou boutons couvertsrenferment l’embryon des nouvelles pousses, quine doivent se développer qu’au printemps de l’an-nee suivante. Cette observation doit empêcher d’ex-traire des souches qui ne repousseraient pas la pre-mière année , et on ne doit regarder comme mortesque celles qui, à la seconde année, ne donneraientaucune reproduction.
Lorsqu’une forêt de hêtre est trop dégarnie pourqu’on puisse espérer de la repeupler par l’ense-mencement naturel, il faut en changer la natureet y introduire d’autres espèces de bois propres àl’exploitation en taillis. Dans ce cas, on y répand ,peu de temps avant la coupe du taillis , des semen-ces de bouleau , d’orme, de frêne, de charme, etc.,suivant la nature du sol et les autres circonstanceslocales, et on doit même y repiquer des glands dansl’automne. Le travail de l’exploitation , c’est-à-direle piétinement des ouvriers , la manutention et letransport du bois suffiront pour enterrer les autressemences sous les feuilles et la mousse; ce semisTeussira beaucoup mieux qu’un ensemencement ré-gulier, qu’on aurait fait après avoir défriché touteTa coupe.
Le hêtre se place avec avantage dans les jardinsd’agrément, où il produit un très-bel effet par lamajesté et la régularité de son port ; il souffre leciseau, et les palissades qu’on en forme sont beau-coup plus hautes et plus agréables que celles dei harme ; son feuillage est frais et précoce , et ne seflétrit qu’en hiver. Ea variété à feuilles pourpres,dont nous parlerons, contraste agréablement par sacouleur singulière avec la verdure des autres arbres.
Qualités et usages. — I.e bois du hêtre est cas-sant, sujet à la vermoulure, et se pourrit facilementlorsqu’il est exposé à l’humidité de l’atmosphère ;il prend beaucoup de retrait par la dessiccation ; ilse tourmente, et se fend avec excès. Varennes deFenille ayant fait éqnarrir un parallélipipède dehêtre sur 6 ponces, et l’ayant mesuré vert et sec, atrouvé qu’il avait perdu un quart et plus de son vo-lume- Cette perte n’a été aussi considérable queparce que l’échantillon était faible, car lorsqu’ils’agit de grosses pièces ou de bûches fortes, elle estbien moins sensible. M. de Wemeek a trouvé!
Tome II.
qu’ùne corde de 128 pieds cubes, composée debûches de hêtre, qui présentait, étant vert, une
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solidité de 107 pieds 190 pouces cubes, 11e pré-sentait plus, après 6 mois de dessèchement, queio 3 pieds 488 pouces cubes: d’où il suit que le re-trait en tous sens a été d’environ 4 pieus cubes;mais sur line corde composée de 200 bûches, c’est-à-dire de bois moins gros, le retrait a été le double.Quant à la pesanteur, elle a été, dans le premiercas, de 7,028 livres pour le bois vert et de 6,867livres pour le bois séché pendant 6 mois : d’où suitune perte de 961 livres ou d’environ un septième;dans le second cas, la pesanteur a été de 5 ,1 36 livrespour bois vert, et de 3 , 8 i 4 pour le bois de 6 mois dedessèchement: d’où suit une perte de 1 ,322 livres oude j)rès d’un quart.
Le pied cube de bois pèse, d’après la moyenneproportionnelle tirée d’un grand nombre d’expé-riences ; savoir ,
Etant vert. 65 liv. i 3 onc.
A moitié sec. 56 6
Sec. 5 o 3
Le bois de hêtre n’est pas doué d’une grandeforce ni d’une grande élasticité : ces défauts empê-chent qu’on ne l’emploie dans les charpentes ; ilfaut même, pour l’employer en menuiserie, qu’ilsoit parfaitement sec , et le meilleur moyen de lefaire sécher pour qu’il ne s’échauffe pas est de l’ex-poser au grand air. Le grain de ce bois n’est pasassez homogène pour recevoir un poli bien vif. Lesfaisceaux des fibres , qui tendent de la circonférenceau centre et servent de liens aux couches annuelles,sont très-prononcés dans le hêtre, et occasionnenttantôt ces petites plaques qui ressemblent à des la-mes, tantôt ces petites lignes étroites qu’on distin-gue sur les faces de ce bois, qui sont dressées et po-lies parallèlement à l’axe de l’arbre.
Dans plusieurs pays, on fait tremper le bois dehêtre dans l’eau pendant plusieurs mois, pour l’em-pêcher de se fendre et de se verinouler. Ce moyenopère la dissolution d’une partie de la matière mu-queuse extractive que le bois contient, et qui, parsa ténacité , occasionne les fentes , et par sa saveursucrée attire les insectes. Il est encore très-avanta-geux de couper les hêtres dans le milieu de l’hiver,lorsqu’on veut les employer à quelques constructions.
M. Desfontaines , dans son Histoire des arbres etarbustes , rapporte l’opinion d’EUis sur l’utilité d’a-battre les hêtres i 5 jours avant la Pentecôte lors-qu’ils sont en pleine sève , parce que le bois se con-serverait mieux que quand ils sont abattus en hiver.D’autres auteurs veulent que l’on écorce les arbressur pied. Je crois avoir démontré l’erreur de ces opi-nions dans mon article sur l’écorcement des arbres.
Les usages du hêtre, malgré tous ses défauts, sontplus étendus que ceux de toutes les autres espècesde bois. On peut en faire des quilles de vaisseaux ,et en général on l’emploie aux constructions sousl’eau , aux ouvrages de charronnage , de menuise-rie , à la fabrication d’une infinité d’ustensiles , etmême à la monture des fusils de guerre ; on en faitdes bateaux ou canots d’une seule pièce pour les pe-tites rivières et les étangs. On le préfère à tout autrepour les rames des bâtimens de mer. il fournit do
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