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ne vole presque pas, c’est-à-dire du bostriche. Lemoyen eût été peu utile , et le mal était arrivé aupoint que tous les arbres périssaient. On provoquaun décret qui autorisa l’abatage de toute la forêt etl’emploi de mesures propres à arrêter les progrès dumal dans les forêts voisines. En conséquence , un dé-cret du 10 mai i8i3, dont j’avais préparé le projet, aordonné qu’il serait procédé à la coupe de la forêt deTannenbusch ; que les adjudicataires seraient tenus dedéraciner les arbres à abattre et d’extraire les racinesde ceux précédemment abattus ; de couper et d’enle-ver les bruyères de toute la forêt, même des coupesdéjà faites ; de ramasser soigneusement les racinesavec les écorces, menues branches, ramilles, bois gi-sans, la mousse, les feuilles, et de faire des tas épars,qui seraient brûlés sur place ; qu’il serait égalementprocédé à la vente des pins sauvages qui pourraientse trouver dans les forêts domaniales et communalesvoisines de Tannenbusch , et sur lesquels on aper-cevrait des signes annonçant qu’ils étaient attaquésdes bostriches ou des chenilles du pin ; qu’immé-diatement après l’exploitation de la forêt de Tan-nenbnsch , il serait procédé à son repeuplement entoutes autres essences que celle de pin sauvage et detous autres arbres résineux..
Les événemens politiques qui ont suivi n’ont paspermis de savoir si la mesure a été exécutée.
Les forêts d’urbres à feuilles éprouvent aussi degrands dommages de la part des insectes; mais cesdommages n’ont jamais des suites aussi funestes quedans les forêts d’arbres résineux , parce que les ar-bres à feuilles , lors même qu’ils en seraient totale-ment dépouillés, repoussent par la suite de nou-veaux jets, et finissent par se rétablir.
Les arbres résineux au contraire , à l’excep-tion du mélèze , n’ont point la faculté de pousserde nouvelles feuilles ou aiguilles en place de cellesqu’ils ont perdues. Privés de ces organes de l’ab-sorption et de la transpiration , soit par les insectes,soit par toute autre cause, les pins, les sapins et lesépicéas sont frappés d’une mort certaine. Il n’y aque les très-jeunes tiges qui, produisant de nou-velles pousses où les feuilles sont assez nombreusespour faire monter la sève dans le corps ligneux, luifaire éprouver l’élaboration nécessaire, aspirer l’hu-midité de l’atmosphère, et favoriser la transpira-tion ; il n’y a, disons-nous, que ces jeunes tiges quipuissent se rétablir après avoir perdu leurs feuilles.D’un autre cûté, les nouvelles pousses que produi-sent ces jeunes tiges se trouvent moins dispropor-tionnées avec le reste du jeune arbre, que celles quepoussent les grands arbres ne le sont avec le reste del’arbre. Dans les grands arbres, la sève qui se pressedans les vaisseaux est trop considérable pour qu’ellepuisse être élaborée par le petitnombre des nouvellespousses et par les feuilles qui s’y forment; la sèveascendante est donc arrêtée dans sa marche, presséedans les vaisseaux de telle sorte qu’un grand arbreest frappé comme d’un coup d’apoplexie.
La mort d’un arbre est également certaine lors-qu’un scarabée s’introduit entre l’écorce et le bois,dévore le cambium , et cerne l’arbre de manière àarrêter la circulation de la sève.
Nous avons dit qu’un grand nombre d’insectes vi-
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vent aux dépens des arbres ; mais nous nous borne-rons à indiquer , d’après M. Hartig, ceux qui sontles plus nuisibles, et de préférence ceux qui causentle plus de dommages aux arbres résineux : ce sont ,
i°. La grosse chenille ou le bombyx du pin,pàn-Icvna bombyx pirti;
2 °. La phalène-hibou , destructrice du inn, pha-lœna noctua piniperda ;
3°. Le bombyx moine , phalœna monacha ;
4°. La petite chenille du pin, phalœna pithyo-campa ;
5°. La phalène arpenteuse du pin , phalœnageo-metrapinaria ;
6°. Le sphynx du pin, sphynxpinastri ;
7 °. Le bostriche ou scolyte typographe, dermes-tes typographus (Lin.);
8°. Le petit bostriche ou scolyte velu , bostrichusvillosus j
9 °. Le dermeste testacé ou scolyte testacé , der-mestes teslaceus (Lin.);
io°. Le^dermeste piniperde ou scolyte piniperde,dermestes piniperda (Lin.).
M. Hartig regarde les trois premiers insectescomme les plus nuisibles , c’est-à-dire la grossechenille du pin ; la phalène nocturne , destructrice dupin , et le bombyx moine , ainsi que le bostrichetypographe ou imprimeur. Il les a fait dessiner avecexactitude pour que les forestiers pussent bien lesreconnaître , et lorsqu’ils remarquent qu’ils se mul-tiplient dans une forêt, en donner avis aux officierssupérieurs. Ce sont les figures qu’il en a donnéesque nous avons fait copier. V.' VAtlas.
Voici la description donnée par M. Hartig desdix insectes dont nous venons de parler. Nous ajou-tons aux noms linnéens, sous lesquels cet auteur lesa désignés, les autres dénominations qui leur ontété appliquées par les entomologistes, suivant lesdifférens systèmes de classification.
Chenilles du genre phalène de Linné , qui sont lesplus nuisibles aux arbres des forêts.
La grosse Chenille du pix ou bombyx du pin ,phalœna bombyx pf/ri(Lin.), bombyxpini( Fbr.)(i).
La figure de cette chenille, qui est si dangereusepour les forêts de piii , est représentée dans tout sondéveloppement sous le a», i , PL des insectes àl’ Atlas. Sa longueur, lorsqu’elle est arrivée à sonentier accroissement, est de 3 pouces et demi à 4pouces. Elle a six pattes antérieures, huit pattes auventre et deux pattes postérieures. Quant à sa formeet à sa couleur , elles sont représentées par la figure.On trouve aussi beaucoup de chenilles de cette es-pèce, qui sont de couleur plus claire, dç couleurorange, de couleur rousse de renard, etc. Un carac-tère jmincipal, pris dans leur couleur, consiste dansles taches bleues qu’elles ont derrière la tête.
Au printemps , dès que la température devientdouce, ces chenilles , qui, après l’hiver, se tiennenten paquets dans la mousse sur la terre, montent surles pins jusqu’à leur sommet, se nourrissent de leursfeuilles, et en font une consommation épouvanta-
(i)Ce bombyx forme la onzième espèce du genre bombyx,de M. Latreille. ( flist. nat. de Buffon, édit, de Sonnini.)