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forme et leur genre de vie souffrent d’altérationconsidérable.
Les larves présentent entre elles , dans leurs for-mes , des différences aussi multipliées que cellesqu’on remarque dans les insectes parfaits. Cet étatde larve est véritablement celui de l’enfance dansces insectes; ils ne prennent d’accroissement quedans cet état, et ils ne peuvent engendrer, étantentièrement privés des organes de la génération.Les larves mangent beaucoup, et prennent en peude temps toute la grosseur qu’elles doivent avoirpour se changer en nymphe. Cet accroissement su-bit occasionne des renouvellemens de peau , quis’opèrent par quatre ou cinq mues successives. Lesinsectes ont leur temps pour changer de peau, et lamue n’arrive pas à tous à la même époque et de lamême manière ; les araignées , par exemple, sembla-bles aux serpens, changent de peau une fois toutesles années.
Les métamorphoses diffèrent suivant la structurediverse des larves et des nymphes. Les naturalistesles distinguent en métamorphoses complète , semi-complète, incomplète, recouverte et étranglée , selonque la larve et la nymphe ressemblent plus ou moinsà leur père et mère , ou que la larve se trouve ren-fermée dans une enveloppe qui ne présente que peuou point de parties distinctes.
Des sensations des insectes.
Les sensations dans les insectes, ainsi que danstous les animaux , sont les effets que produisent eneux ou sur eux les différens corps par leurs proprié-tés chimiques ou physiques.
La vue et l’odorat semblent être les sens les pluspar.aits des insectes.
Les yeux, comme nous l’avons dit, sont de deuxsortes : les uns sont formés extérieurement d’unemembrane composée de facettes hexagones, et dontle nombre est si considérable , qu’on en compte qua-torze mille ; les autres ont leur surface lisse, et sontbeaucoup plus petits. Les premiers, ou les yeux àfacettes, se trouvent toujours au nombre de deux ;les autres, ou petits yeux lisses, sont placés sur lesommet de la tète de quelques insectes, et varient ennombre de deux à huit.
Les insectes sont pourvus du sens de l’ouïe, ainsique le prouvent les cigales et plusieurs orthoptères.
L’existence de l’odorat, dans les insectes, est prou-vée par les scarabées , les bousiers , les dermestes ,les mouches , etc., qui sentent à une distance trts-considérable les excrémens des animaux et les ca-davres. M. Olivier incline à penser que le siège del’odorat est dans les antennes.
Les insectes ont en général le sens du goût, caron offrirait en vain à plusieurs chenilles des végé-taux différens de ceux dont elles vivent habituelle-ment.
Nous terminerons ici le bref aperçu que nousavons cru utile de présenter sur l’histoire des in-sectes. Nous n’avons point parlé des systèmes declassification de ces animaux, c’est dans les ouvragesmêmes qui sont consacrés à cette partie de l’histoirenaturelle qu’il faut en faire l’étude.
Deuxième Section. — Des ravages que causent lesinsectes dans les forêts.
Des milliers d’insectes vivent aux dépens des ar-bres , et leur font un tort souvent irréparable. Lenombre de ceux qui vivent plus particulièrementdans les forêts est considérable; il s’élève , dit-on,à plus de six cents ; mais on peut réduire à dix oudouze espèces celles dont les ravages méritent defixer l'attention particulière du forestier.
Les forêts d’arbres résineux sont plus exposéesque les autres à être détruites par les insectes. Ona vu disparaître des forêts entières de ce genre parsuite de leur effrayante multiplication. Ces ravagesse sont fait remarquer principalement en Allemagne ,ainsi que nous le verrons plus loin. On lit, dans laDescription du genre pin par A.-B. Lambert, quedes forêts de pins de 10 lieues de longueur, ont été to-talement détruitesparlalarvedela phalæna monackade Linné. On voit aussi, dans un ouvrage allemand ,imprimé, en 1798, par D.-J.-H. Jordans, que cettephalène avait détruit les forêts de Schlier et d’Eben-dorff, et que l’insecte commençait à s’étendre versles confins du Voigtland, et d’un autre côté versBareuth , sur une circonférence de 8 à 10 millesd’Allemagne . Cet auteur ajoute que l’insecte dontil s’agit, quoiqu’il n’attaque pas ordinairement lesapin ( pinus abies de Linné ), avait, en 1784, dé-truit beaucoup d’arbres de cette espèce , sans douteparce qu’il 11’avait plus d’autre pâture.
M. Chauvet, administrateur des forêts, qui avisité les forêts du Hartz , en Hanovre , où des mil-liers d’épicéas ont péri par suite de la multiplica-tion du bostriche-imprimeur , que les Allemands ap-pellent borkenkafer , s’exprime ainsi : « Cet insecteest rangé dans la classe des scarabées. Il vole d’ar-bre en arbre , perce l’écorce et dépose ses oeufs en-tre l’écorce et l’aubier, et meurt ensuite. Il meurt,mais c’est pour se reproduire par milliers. Ses œufsdonnent des larves ou espèces de vers qui rongentla partie mucilagineuse de l’écorce, et font ainsi pé-rir l’arbre. Ils deviennent ensuite chrysalides, puisinsectes volans. »
M. Deserret, en 1810, publia une notice sur lesdommages que causaient les insectes aux plantationsd’arbres résineux en Belgique .
A la même époque, M. Lahorie , conservateur desforêts â Liège , faisait connaître à l’Administrationdes forêts que la forêt de Tannenbusch , située dansle département de la Roër, peuplée de pins sauvages{pinus sylvestris) , et d’une contenance de près de200 hectares, était menacée d’une ruine très-pro-chaine, par suite de la prodigieuse multiplicationde deux insectes, le bostriche-imprimeur , dermes-tes typographus, et le bostriche destructeur des pins,dermestes piniperda. On avait pensé d’abord queles insectes qui dévoraient cette forêt étaient de l’es-pèce connue sous le nom de phalæna geometra pi-nearia, et on avait recommandé d’allumer, la nuit,des feux clairs, moyen que M. de Ziégra, maîtredes forêts en Basse-Lusace , assure avoir employéavec succès dans une forêt de i 3 o ,000 arpens, quiétait infestée de chenilles ; mais il a été reconnu en-suite qu’il s’agissait d’un insecte bien différent, qui