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Tome second.
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fibres seront-elles interrompues par la forme quel’on do-ntieià à la courbe vers le sommet de l’angle :de telle manière qu’on ne peut compter que sur lamoitié de la force qu’avait la courbe. Si cette courbeéprouve une violente secousse, le coeur du bois, quia déjà une disposition à se tendre, se séparera, etfera rompre la pièce. Il n’y a point de doute que sion pouvait se procurer plus de pièces semblables àcelle de la figure n°. 6, dont les fibres sont conti-nuéü, on ne dût les préférer aux autres. Peut-êtrequ’ici l’art pourra venir au secours de la nature,et par la suite en fournir un plus grand nombre.

D. D’après ce qui a été dit plus haut, on pourrafacilement trouver un exemple de la production na-turelle des bois de marine droits terminés par unecourbure. Il suffit de prendre un arbre droit, auquel•'n laissera une forte branche latérale, qu’on choisiraparmi celles qui se trouvent ordinairement dans lacotironnd de chaque arbre ; on plantera cet arbre enl’inclinant dé manière que la branche réservée setrouve du côté de l’inclinaison (fg. 4) : il arriveraalors'qüe cette branche, jeune et flexible, cherchanta reprendre la direction verticale, se courbera , etprendra par la suite la forme désirée.

Chapitre II. — Moyens artificiels de former de

jeunes arbrespotiren faire des courbes propres au

service de la marine.

Les accidens particuliers dont nous avons parlé,et qui changent la direction verticale naturelle à laplupart des arbres pour leur en faire prendre unequi puisse les rendre propres à la marine, sont troprares et trop souvent arrêtés dans leurs effets j ai-les lois naturelles, pour qu’on doive compter qu’ilsfourniront à nos besoins multipliés en ce genre :aussi depuis long-temps s’occupe-t-on de chercherdes moyens artificiels de produire des bois de ma-riii.e, pour subvenir à la disette, qui s’en fait sentirchaque jour davantage. C’est principalement enAngleterre qu’on a fait des recherches à cet égard.Diverses méthodes ont été proposées : les uns veu-lent qu’on attache les jeunes tiges à quelque chosede solide, pour leur faire prendre la courbure quidoit rendre un jour les arbres propres à l’usage qu’ondésire; d’autres, qu’on suspende une corde avec unpoids à la cime de ces tiges, pour les faire courbervers la terre. James YYheeler (i) a proposé de cour-ber de jeunes clienes d’un pouce de grosseur, pourrendre la partie supérieure propre à former unecourbe. Mais, dans ces divers systèmes, on a oubliéun principe essentiel : c’est que la pousse de tousles arbres cherche toujours à se faire en ligne droite,et (JUQ l’accroissement de la partie supérieure de lacourbure obtenue ainsi par violence doit continuer àse faire en ligne droite.

Pour mieux îaire entendre ce principe important,qu’on se représente un jeune arbre if g- 8, PI. XIV )dont on. aura courbé la cime en l'attachant avec unecorde à un piquet. Il est évident que la sève tendantà monter verticalement, au lieu de parcourir la por-tion d’arc formée par ce moyen violent, dévelop-

(>) Tfite modtrrn Druid , London , 1747 .

pera les boutons qui se trouveront à. la partie supé-rieure de la courbure, et qu’il en résultera, commel’indique la ligne ponctuée, une nouvelle ligedroite ; tandis que l’ancLeune tige recourbéé neprendra que peu ou point denourriture, et qu’alorsla courbe qu’on voulait obtenir ne grossira pas dansla seconde portion de l’arc formé par la cime. D’ail-leurs, les ligatures qu’on fait aux arbres leur cau-sent des dommages, tant dan», l’écorce que dans lebois, et en occasionnent la brouiasure, la pourri-ture et le rabougrissement. Il en résulte encorè ledéchirement des vaisseaux séveux, cèt quL empêchela sève de monter et-de parcourir:ces eourburés for-cées ; et l’on voit toujours sortir de nouvelles poussesau-dessus de la courbure, qui fbmient par la suiteune nouvelle tige, au lieu de la courbe artificiellequ’on voulait obtenir. Tels sont les résultats qu’ondoit attendre lorsqu’on s’écarte ainsi de la marchede la nature, et qu’on emploie la violence, au lieude mettre ses caprices à profit pour arriver au butqu’on se propose.

ün n’a répété aucune de ces expérience, parceque les méthodes inventées n’ont eu aucun succès.Cependant tout récemment, et à l’occa'sion du prix-proposé par l’amirauté de Copenhague , cet objet aété traité avec soin et sagacité par Mi Bedker; ins-pecteur forestier à Rostock , etde nouveaux procédésont été établis par suite de son système. Des'expé-riences postérieures ont sans doute fixé l’opinion Surle mérite et l’emploi de sa méthode; mais sans enconnaître les résultats, je crois qu’il m’est permisde douter qu’ils aient répondu aux vdeux dû collègede l’amirauté. Les observations suivantes appuie-ront cette conjecture d’utie manière plus particu-lière.

i°. Les vices reconnus pàr des expériences ré-centes, de la méthode qui corisiste a courber lesarbres dans leur jeunesse pour leur donner la formequ’exigent les bois de marine, se rencontrent pinsou moins dans la manière de M. Becker,, mais par-ticulièrement pour les arbres droits. Quand oucourbe une tige droite en angle obtus par le procèdequ’il indique, il en résulte a l’endroit de la cour-bure une pression et un déchirement des fibres lig-neuses et des vaisseaux séveiix, qui Sont d’autantplus considérables, que l’angle obtus se rapprocherade l’angle aigu. Dans ce dernier cas, la rupture dela tige est souvent inévitable : par exemple, dans laformation artificielle de l’allonge indiquée par lafi g. i5, PL XII. L’accroissement en hauteur d’unarbre ainsi courbé s’arrêtera , sinon en totalité, aumoins en partie. Cet arbre poussera de nouveaux jetsvigoureux au-dessus de la courbure, et qui s’élève-ront en ligne droite.

3°. Les bras de ce modèle de eburbe ne sont pasassez longs pour la courbe qu’on veut obtenir, cruplutôt la jeune tige destinée k former une. courben’est pas assez haute pour dohner à la pièce la lon-gueur nécessaire. Dans ce cas, il arrive que ia cimede l’arbre, à l’endroit où cesse l’inclinaison, re-prend la direction verticale , au lieu d’allonger lesecond bras dé la courbe, et que même elle effaceune partie de l’angle existant, pour rendre à Larbi»sa première perpendicularité. Une simple observa-