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Tome second.
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tion sur des circonstances semblables, qui arriventnaturellement, suffira pour prouver ce fait : on voitsouvent de jeunes arbres ayant d’abord une légèrecourbure-, former, quelques années après, des tigesdroites pans le setours de l’art. Indépendamment dela disposition naturelle qu’a la tète «l’un arbre à s’é-lever 1 perpendiculairement et à faire suivre cette di-rection à la tige, il faut considérer encore que lesnouvellesCQUches ligneuses sont ordinairement plusfortes dans la partie concave de la courbure que dansla partie convexe, et que cette circonstance con-tribue à faire d’une tige d’abord tortueuse un arbredroit dan» un âge plus avancé. Pour s’en convaincre,que l’on examine plusieurs planches fendues vers lecoeur et provenant de troncs d’arbres droits à l’exté-rieur, on y remarquera souvent que le canal médul-laire et lei'premières couches ligneuses forment desligne* simietises; mais que les couches tantôt plusfortes, tantôt plu* faibles, qui ont succédé de diverscôtés, *ont parvenues à effacer les angles et les cour-bures du premier âge. La forme en zigzag, ordinaireaux jeunes hêtre*;’s’aperçoit toujours, même lors-qu’après de longues années ils forment des arbresdroits, et qu’alors on les fend en deux; elle s’aper-çoit sur-tout vers la partie inférieure de la tige. Lapg. 121 ÿ Pl. 'XV, qui représente , dessiné d’aprèsnature, un morceau de planche de chêne fendu parle cœur, fbiirnit un exemple sensible de cette vérité.Ce fait donne aussi l’occasion de constater une expé-rience négligée jusqu’alors, en prouvant que, sanstailler les jeunes chênes, méthode recommandée parquelques forestiers et blâmée par d’autres, on peutcompter que des tiges d’abord tortueuses formerontpar la suite des arbres droits, en les abandonnant àla nature.

3°. La méthode de M. Becker est trop coûteuse,et la manutention qidelle exige trop minutieuse pourêtre employée en grand. D’abord, quelques soinsque l’on prenne, on ne parviendra pas toujours àéviter la rupture dès vaisseaux séveux, et le déchi-rement del’écorce des arbres qu’on soumettra auxformes indiquées; d’un autre côté, si l’espace detemps dans lequel la courbe future doit être ter-minée, était trop court pour luiimprimer des formesconstantes, alors il n’y aurait que les couches debois les plus récentes qui prendraient la courbureforcée'; tandis que les anciennes feraient effort pen-dant plusieurs années pour se remettre dans leurpremière direction, et qu’après avoir altéré le mo-dèle, elles reprendraient sinon tout-à-coup, aumoins petit à petit cette direction , et feraient man-quer en partie le but proposé.

4°. 11 arrivera aussi qu’on volera les modèles enbois, sur-tout lorsque les vis seront en fer, commecela est nécessaire lorsqu’il s’agit de courber les grosarbres; ce'qui augmentera encore les inconvénieusdéjà-assez-nombre»* de cette méthode.'

Tous les moyens violens proposés jusqu’à ce jourpour former des bois courbes semblent encore troploin de la perfection nécessaire, pour qu’on puisses’en promettre quelque chose d’avantageux, et quiréponde à l’importance de l’objet.

Mais ne pourrait-on pas approcher plus près dubut, en suivant plus exactement la marche de la na-

ture, et en rentrant tout-à-fait dans la voie qu’ellesuit elle-même pour former, sans le secours deshommes, des bois courbes propres à la marine? L’ob-servation des causes naturelles, dont il a été donnéplusieurs exemples dans le chapitre précédent, medonne l’entière conviction qu’en imitant par l’art cequi se passe dans la nature , il est possible de résoudreavec tout le succès désiré la question proposée.

La proposition précédente conduit naturellementà l’explication de la nouvelle méthode que j’ai trou-vée pour l’éducation des bois courbes. Elle consisteseulement à incliner, dans la proportion de l’anglequ’on veut obtenir, les jeunes arbres, qu’on replanteaprès avoir façonné leurs racines et leurs branchesen pépinière, suivant les instructions que j’ai déjàdonnées. Dans cet état, il arrivera que le bas dela tige, déjà forte, donnera par la suite le côté le pluscourt de la courbe , et que la tête, ou la forte bran-che latérale qu’on aura laissée, cherchant à re-prendre la direction verticale, fournira, sans aucunecontrainte artificielle, le grand côté de la pièce, soitdroit, soit courbé.

Il est presque inutile d’observer qu’on doit des-tiner le bas de la tige à former le petit côté de lacourbe; car on sent bien qu’il faut éviter que la têtede l’arbre, devenant par la suite trop pesante pourles racines qui le fixent en terre, ne le surchargetrop, et ne lui fasse perdre de sa solidité. Du reste,en plantant les jeunes arbres de bonne heure, etsans attendre qu’ils aient acquis trop de hauteur,on les traitera beaucoup plus commodément. Cetteattention procurera encore l’avantage de tirer partide l’accroissement futur de la partie supérieure dela tige, pour former un angle plus ou moins ouvert.

La position de l’arbre, qui paraît contre nature etpar laquelle une partie des racines latérales quiavaient cru horizontalement se trouve renversée enbas, et l’autre dirigée vers la tête de l’arbre, pour-rait , au premier coup-d’œil, sembler dangereuse ;mais un examen attentif va dissiper cette crainte.Les racines alors ne croissent pas dans cette doubledirection , ou nécessairement elles manqueraientleur objet, qui est de fournir de la nourriture àl’arbre; mais elles suivent la couche de terre végé-tale qui leur convient. Elles s’écartent donc ’de laposition qu’on leur avait donnée dans cette trans-plantation, pour monter ou dèscendre, selon quel’une ou l’autre position pëut leur fournir plus departies substantielles. Les plantations qrdinairesqu’on fait dans les terrains en pente, où Ids racinesse trouvent constamment dans la couche supériënrede terre végétale, sont absolument sfembtàbles àcelle qu’on vient d’indiquer, et donnent u^tfe preuvesuffisante de mon assertion.

Je vais maintenant établir quelques règles géné-rales sur la dernière transplantation'des jeunes tigesélevées comme je l’ai indiqtté prècèdemnifenh Cesrègles auront pour objet d’achevér de donner aux■arbres la forme nécessaire pour'en fairé des boiscourbes. L’application de ces règles, qui doit se faireso-us la direction d’un cultivateur au fait du système,pourra sans inconvénient êprs. modifiée -selon le. butparticulier qu’on se proposera, et lq$ espèces de be-soins qu’on aura à satisfaire.