Band 
Tome second.
Seite
435
JPEG-Download
 

NOY

opérer les posèrent aussi bien que lui, dès qu’ils eu-rent bien compris les motifs de toutes les précau-tions qu’ils lui voyaient prendre. »

Propriétés et usages du bois et du fruit du noyer.— Tout le monde connaît les qualités dn bois denoyer; on sait qu’il est doux , liant, uni et co-loré , et qu’il est d’un usage fréquent dans les arts:en effet, il est recherché par les tourneurs, les ébé-nistes, les sculpteurs, les carrossiers , les menui-siers , les sabotiers, et il est indispensable aux ar-inuriéts. Sa pesanteur est, par pied cube, de 58 liv.8 onces étant vert, et de 46 liv. 8 onces étant séc. Ilfait aussi un très-beau feu et fournit de bon charboil.

Le fruit du noyer présente, à son tour, beaucoupd'utilité; on le mange à diverses époques de sa ma-turité , et il fournit une huile employée à plusieursusages. Celle qu’on retire par expression sans em-ployer le feu , remplace l’huile d’olive; la secondehuile , qu’on obtient par le feu, est bonne à brûler,à faire du savon ; elle entre dans la préparation deplusieurs vernis et du rtoir d’imprimerie; elle estexcèllente pour la peinturé. Enfin , les autres pro-ductions du noyer, telles que le brou , les feuilleset les racines, ont èricore leur degré d’utilité, soitdans les arts , soit dans l’économie domestique, soiten médecine.

Sous tous les rapports, il est donc important qu’onen fasse des plantations , tant sur les grandes routesque sur lés propriétés particulières; les contrées oùelleè devraient être plus multipliées, sous le rapportdu bois, sont celles à la portée des manufacturesd’armes de Maubeuge , Charleville , Versailles ,JVIutzigprès Strasbourg et Saint-Etienne . L’emploique ces établissemens font du bois de noyer est con-sidérable , et assure aux planteurs un débit certainet avantageux.

Nous avons beaucoup abrégé les détails qui con-cernent la culture du noyer et les avantages qu’elleprésente, parce que cet arbre appartient plutôt à l’é-conomie rurale qu’à l’économie forestière.

Le lecteur qui voudra prendre des connaissancesplus étendues, consultera avec utilité les articlesNoyer du Nouveau cours d’agriculture et du Nou-veau dictionnaire d'histoire naturelle , tous deux im-primés chez Déterville , et la Nouvelle édition desarbres et arbustes de Duhamel.

NOY

435

DES NOYERS D AMÉRIQUE.

L’Amérique septentrionale nous a fourni plusieursespèces de noyers, mais qui ne sont pas encore bienrépandues en France . 11 en est quelques-unes quiméritent d’y être propagées, soit pour leur bois, soitpour leur fruit, soit enfin parce qu’elles ne craignentpoint les gelées et qu’elles peuvent croître en forêts,avantages que ne présente pas notre noyer ordinaire.

Npus devons ces espèces à MM. Michaux pèré etfils , qui ont exploré si utilement pour la France lesforêts du Nouveau-Monde. Le dernier a, pendant levoyage qu’il a fait pour le compte de l’Administra-tion forestière, envoyé à Paris de grandes quantitésde noix, qui, semées dans nos pépinières, ont euun succès complet. Il continue d’en faire venir del’Amérique , qui sont cultivées avec un pareil suc-cès dans les pépinières du Hoi, et notamment dans

le bois de Boulogne , par les soins de M. d’André,intendant des domaines de la couronné.

On J>ent donc espérer que les bonnes espèces denoyer d’Amérique finiront par devenir Forestières enFrance . 1

Voici, d’après M. Michaux fils, une courte des-cription des dix espèces de noyers d’Amérique quenous avons Jéjà indiquées.

« Partni‘le gfand nombre d'arbrès' différens quicomposent les vastes fOrêts dé l’Amérique septen-trionale^ à l’est du Mississipi, les noyers sont,.aprèsles chênes , cGt M. e Miehaux , l’un des genres d’ar-bres dont leé espèces sont les plus variées. Sous.ceseul rapport, le sol des États-Unis est plus favoriséque l’Europe entière, Où il n’en existe aucune' quilui soit indigène ; éar.on sait généralement que cellequ’on y cultive avec tant d'avantage pour les be-soins de la société, est .originaire d’Asie et notam-ment des bords de la mer Caspienne , ôù mon père,la trouva en abondance dans un *voyage qu’il fit enPerse, en 1782. J’ai reconnu dans lés États -Unis dix espèces de noyers; il est même assez probablequ’on en découvrira quelques autres dans la Loui-

siane . »

L’auteur , pour engager à faire de nouvelles re-cherches dans cette partie de l’Amérique sur cetteclasse de végétaux intéressans à connaître, dit qu’onpourrait y trouver des espèces susceptibles de. s’a-méliorer promptement à l’aide de la greffe et irnneculture soignée, telles que le pacanierp et il rap-porte à l’appui de cette considération que les noixsauvages de notre noyer, juglans regia ,.étaient pluspetites, plus dures et moins bonnes que les noix dupacanier.

Il partage en deux sections les espèces de noyersdont il donne la description. La première sectionest composée des noyers à chatons simples ; ellecpin-prend seulement deux espèces, le juglans riîgrd et lejuglans cathartica. La deuxième renferme les noyersà chatons ramifiés ; elle est composéfe de huit espe-ces ; savoir, les juglans olivœformis , juglans amara,juglans aquatica , juglans tomentosa , juglans squa-mosa, juglans laciniosa, juglans porcina et jugionsmyristicceformis. Dans tous les États de l’Union,dit l’auteur, on donne aux noyers de la deuxièmesection le nom général d'hickéry, et éela est fondéprincipalement sur certaines propriétés Je leur bois^qui, quoique modifiées suivant les espècés, s’y trou-vent réunies à un plus haut degré que dans tout au-tre arbre, soit d’Amérique, soit d’Europe . Ces es-jèces ont encore beaucoup de ressemblance tant par.eur port que par leurs feuilles, dont les'folioles,dans toutes, diffèrent par le nombre et!par la gran-deur. Nous allons suivre l’auteur dans la descriptionqu’il donne, en bornant notre analysé aux capic-tères et aux propriétés qui offrent le'phis d'intérêt.

Première Section. —Noyers d chatoies simples, tu

Le Noyer noir , juglans nigra. ( V. la fig. a ^At-las, PI. XVI. }’ Il se trouve dans une' partie desÉtats-Unis , où souvent il croît én plein bois. L’au-teur a vu , sur les bords de l’Olnô , 6 dés individusqui avaient environ un mètre de diamètre et de 20 à22 mètres de hauteur , et il n’es £ pas raré d'en ren-

55 *