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Tome second.
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NOY

NO Y

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contient, par mesure, plus pesant d’amande que lesautres espèces , et rend aussi plus d’huile : chaquearbre gretfé donne assez communément 10 mesyresdans les bonnes années, tandis que le produit moyendes noyers sauvageons est tout au plus d’une mesure.

L’époque à laquelle il convient de greffer le? ar-bres en pépinière est lorsqu’ils sont en pleine sève.Les gros noyers, même âgés 4 e 49 ans, peuventaussi être greffés. Pour cet effet, pn cpyropne Mar-bre en octobre ou en mars , à 8 pu 1,0 pieds au-des-sus du fronc ; il pousse des jets, considérables pen-dant l’annee , et au printemps de suivante,

on placy sur les nouveaux jets depuis cinquante jus-qu’à cent greffes.

La manière de.faire cette opération,difficile pourles personnes qui n’en ont point l’habitude, setrouve très-bien décrite par M, Juge , habilant desenvirons de Limoges . Cet agronome assure que lagreffe du noyer ne diffèrp de celle du châtaignierque par quelques précautions, que nécessitent lacontqxture du bouton du noyer et sa sève abondanteau moment lie la greffe. Voici, au reste, cette des-cription, extraite du Nouveau dictionnaire (Thistoirenaturelle.

«Pour bien comprendre les difficultés de la greffeen flûte du noyer , dit M. Juge, il faut commencerpar se faire une idée de l’organisation du boutonqu’on \euj. enlever.

» Le principal bouton est accompagné d’un se-cond , placé en dessous , que la nature a destiné àremplacer le premier en cas qu’il périsse : l’un etl’autre sont implantés sur une petite éminence lig-neuse qui blesse les fibres intérieures de l’écorcelorsqu’on la fait tourner. Le support de la feuille ,qui est triangulaire et très-large, tient également àtrois éminençes ligneuses beaucoup plus petites,mais qui blessent aussi l’écorce lorsqu’elle tourne,et plus les boutons sont éloignés du gros bout del’œuvre , plus le? éminences ligneuses sont saillan-tes, déporte qu’il est impossible de décoller les bou-tons de la pointe.

» On sent déjà qu’en faisant tourner l’écorce , ilfaut prendre des précautions pour que les rudimensdu bouton ne soient pas déchirés ; aussitôt que, parl’effort de la main, l’écorce a cédé, il faut s’arrêter.

Quand on veut opérer, on prend la branchedestinée à fournir les greffes, on la coupe au-dessusdes huit ou dix boutons inférieurs, qui sont les seulsqui puissent se décoller ; on détache l’écorce du pe-tit Soutien la levant en lanières, afin de faciliter ledécoljernent, et tenant fermement le gros bout dela ràaip gauche, on donne, de la main droite, unpetiè détour , qui ne manque presque jamais de fairecéder l’écorce; on prend ensuite un peu plus bas,et ainsi jusqu’au gros bout.

» l\j>ur que le bouton qui se trouve dans la maindroite ne soit pas enlevé en donnant le détour , ilfaut avoir soin de le placer entre deux doigts.

». Mais si, pi aigre ces précautions , le bouton setrouve déchiré, il pleure; c’est-àTdire que la sèvepasse à, travers l’ouverture qu’a produite le déchire-ment: alors il ne doit pas être employé ; le boutonsecondaire ne peut même pas réussir , parce que lasève'continuerait à passer par l’ouverture.

» Quand l’écorce est décollée, on la coupe cir-culairemeut à un travers de doigt au-dessus du bou-ton , et autant au-dessous, ni plus ni moins ; si laflûte était plus longue, la sève aurait peine à l’ani-mer; si elle était plus courte , elle ne contiendraitpas par le. bas tous les rudimens du bouton , et se-rait trop exposée à être desséchée par le haut.

» Un cherche ensuite sur le sujet qu’on veutgreffer une branche qui soit de la grosseur conve-nable; il faut la prendre dans une partie exemptede nœuds autant qu’il est possible, et qui paraisseun peu plus grosse que la flûte, parce que l’écorcedu sujet qui a a ou 3 ans est ordinairement plusépaisse que celle de la flûte qui n’a qu’un au. Unœil exercé ne se trompe jamais. On coupe horizon-talement la branche dans cette partie , dont on en-lève l’écorce en petites lanières; on tieutcette bran-che courbée avec la main gauche , çt avec la maindroite on insinue la flûte , et ou lu pousse jusqu’àce qu’elle force assez pour que le germe intérieurtouche exactement le.bois, etrÇQinme ce germe setrouve au fond du petit enfoncement formé, par l’é-minence ligneuse dontnous avons déjà parlé , il fautforcer considérablement la flûte- $° n écorce estépaisse et ferme, elle prête beaucoup ; mais il ar-rive quelquefois qu’elle casse : alors le mal est sansremède, ii faut employer une autre flûte.

» Avant de tirer une seconde flûte, il faut avecla serpette couper les petites éminences ligneusesdu bouton déjà enlevé, autrement elle la feraitfendre au passage.

»I1 arrive quelquefois qu’on est obligé d’enfoncerla flûte nu-dessous du point auquel on croyaitqu’elle s’arrêterait, et qu’il se trouve des nœudsqui s’opposent à son passage; il faut les couper pro-prement et ne jamais mettre le bouton sur la partiecoupée.

» La flûte du noyer étant, comme nous l’avonsdéjà dit, très-épaisse, elle chasse l’écorce du sujet ,et celle-ci, par réaction, ferait remonter la flûte sion ne l’arrêtait pas. On fait usage d’une méthodebien simple, et qui opère constamment l’effet dé-siré; lorsque la flûte est au point convenable , onl’y retient avec la main gauche , et on fait avec laserpette, tenue de l’autre main, une incision ho-rizontale dans le bois du sujet immédiatement au-dessus de la flûte, et on lève un peu de bois, ce quiforme un arrêt; on en fait autant dans le côté op-posé : il n’est plus possible alors que la flûtç re-monte. Chacun des arrêts est fait à-peu-près commele ressort qui empêche un parapluie 3? se fermer.

» On racle tout de suite le bois qui est au-des-sous de la flûte, pour rabattre les pellicules du li-ber sur la coupe supérieure de la flûte : par cemoyen, l’air et la pluie ne peuvent pénétrer , et ona soin de couper les bourgeons inférieurs. ^ '■

» Ainsi ee termine une opération qui, ne diffèrede la greffe du châtaignier que par.quelques pré-cautions que.nécessitent la contexture particulièredu bouton du noyer , et sa sève abondante au mo-ment de ht greffe. Elle est si facile dans des mainsexercées, que Périer (c’est le nom du greffeur) aposé sur mes arbres cent flûtes par jour sans se gê-ner , et les amateurs que j’avais appelés.pour le voir