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Tome second.
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ment sur les branches ; et comme elles son t attachéesà des pétioles longs, souples et aplatis , elles trem-blent au moindre vent ; ce qui a fait donner à l’ar-bre le nom spécifique de tremble. Ces feuilles, lors-que l’arbre est jeune ou qu’il végète dans un terraingras, sont très-grandes et presque autant que cellesdu peuplier blanc, tandis qu’elles sont fort petitesdans les terrains et dans les sables maigres. L.esfleurs paraissent aussitôt après les gelées , et sont lespremières que l’on remarque sur les arbres de cegenre ; elles sont disposées en chatons écailleux ;les fleurs mâles sont lâches et tombent après la fé-condation ; les chatons femelles deviennent des cap-sules contenant des semences aigrettées et laineuses,que le vent élève au loin vers le commencement del’été, et qui, lorsqu’elles ont été fécondées parlevoisinage des individus mâles, produisent une multitude de jeunes plants.

On ne voit guère ces plants que l’année suivante,parce qu’ils sont très-petits à leur naissance. Ils lè-vent surmontés de deux petites feuilles séminales enforme de cœur. Ils prennent, dans la deuxième an-née , un accroissement remarquable, et s’élèventsouvent à un pied et demi et 2 pieds ; ils se couvrentde feuilles très-grandes, entières, cordiformes , d’unvert foncé , cotonneuses, et tellement différentes decelles ordinaires de l’arbre , que, sans une connais-sance particulière de leur forme, on les attribueraità une autre espèce. Il en est de même des premièresfeuilles qui croissent sur les rejetons et les jeunespousses.

Culture. — Le tremble 11e se propage pas aussibien de boutures et de plançons que les autres peu-pliers ; mais les nombreux drageons qui poussent deses racines offrent un très-bon moyen de multipli-cation. On lève ces drageons avec le plus de racinespossible, et on les plante soit à demeure, soit en pépinière. On pourrait aussi le cultiver de semences ;mais ce moyen est lent et ne se pratique guère. Ce-pendant, si on voulait l’employer , on ramasseraitles graines en été aussitôt qu’elles sont répanduessur le sol , on les sèmerait sur un terrain cultivé, eton se contenterait de les mêler avec la surface dela terre sans les recouvrir davantage : les plants lè-veraient au bout de 4 ou 5 semaines.

Terrains , climais et situations. — Le tremble seplaît dans les terrains composés de terre végétale,d’argile , de sable ou de gravier, pas trop compactes,un peu frais, et dont la profondeur, à raison dela disposition traçante de ses racines, n’a pas be-soin d’être considérable ; mais il croit aussi danstoutes sortes de sols et de situations, et ilcontente des plus mauvais fonds et des sables où ilne vient aucune autre espèce de bois. Il réussit aumieux dans les plaines et sur les montagnes dmoyenne élévation, et sa végétation ne cesse dansles climats rigoureux que là où la culture des grainesn’est pas praticable.

Dans les terrains gras et humides sa croissance estprodigieuse; cependant ces avantages ne peuventfaire admettre le tremble dans ces terrains aux dépens dg-s bois durs et même de plusieurs autres parmiles bois mous, à cause de ses qualités médiocrespour to-us les usages. Il ne convient que dans les ter-

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rains sablonneux et secs, pour y procurer de la fraî-cheur et protéger des bois plus utiles; encore le pinsauvage et le bouleau, qui remplissent le même ob-jet, sont-ils bien préférables.

Lorsqu’on fait des plantations de tremble, on peutespacer les plants à de grandes distances, 6 à 8 pieds,parce qu’il drageonne beaucoup.

Exploitation. — Le tremble s’exploite en futaieet en taillis, mêlé avec les autres essences. Il seplaît beaucoup avec le chêne et le hêtre.

En futaie , il parvient, en 5 o ou 60 ans, à toute sacroissance, et à cet âge son exploitation ne doit plusêtre différée. Il arrive même souvent qu’il se pourritintérieurementàun âge plus rapproché, sur-toutlors-qu’il est dans un terrain humide; mais dans les ter-rainsde bonne qualité et moyennement frais, il peutvivre et croître plus long-temps. M. Hartig a fait ex-ploiter des trembles crus dans des fonds de cette na-ture, qui avaient 80 ans et qui étaient encore parfai-tement sains. Dans lesfutaiessoumises aux exploita-tions par éclaircies, comme celles de l’Allemagne etquelques-unes en France , on exploite les tremblesà3 o, 40 et 5 o ans; mais dans les autres, où il ne se laitpoint de coupes par expurgade, le tremble n’attendpas l’époque de l’exploitation, il tombe et on levend comme chablis , et le produit en est très-im-portant dans les grandes forêts.

Le tremble meurt sous les futaies ; mais ses raci-nes conservent encore assez de sève pour pousser denombreux drageons.

En taillis , il s’exploile lorsqu’il forme l’essencedominante, tous les 7 à 8 ans, pour le fagotage , ettous les i 5 à 20 ans, comme gaulis. Il repousse ra-rement bien de souche ; mais en revanche il poussede ses racines un grand nombre de rejetons. M. Har-tig dit avoir vu des racines d’un tremble abattupousser des rejets à plus de 20 pieds du tronc , etun arbre en produire plusieurs centaines ; maistant que l’arbre est sur pied, ses racines drageon-nent beaucoup moins, et un moyen excellent de re-garnir un taillis clair-plante' serait de le couper auprintemps, parce qu’alors la sève, refluant dans lesracines, ferait sortir une multitude de jeunes plants.Sous ce rapport, le tremble conviendrait en tail-lis, si ses qualités réj>ondaient à la facilité de sapropagation et à la promptitude de sa croissance.

Qualités et usages. — Le bois du tremble estblanc et tendre ; il pèse , par pied cube, d’après lamoyenne proportionnelle tirée des expériences deplusieurs auteurs ; savoir, vert, 54 livres 6 onces ;à demi-sec , 4 ° livres 8 onces; et sec, 34 livres uneonce : il perd par conséquent les deux cinquièmesde son poids par la dessiccation ; sa retraite est deplus d’un sixième , et il se fend avec excès. On peutl’employer à des constructions rurales pour les partiesintérieures et à l’abri de l’humidité ; mais il faut, si011 le destine à cet objet, que l’arbre soit abattu dansle milieu de l’hiver, écorcé dç suite et privé de sonhumidité ; car le bois de cette espèce, coupé en sèveet employé vert, s’échauffe et se détruit promptementpar la vermoulure.

Il est employé par les sculpteurs, les graveurs,les tourneurs et les menuisiers; et comme le trembleest peu chargé de branches et par conséquent de