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nœuds, ou en tire de la \olige, que les ébénistesemploient volontiers pour les parties intérieures deleurs ouvrages.
On fait aussi avec le tremble des sabots d’assezmauvaise qualité, des barres et des chevilles pourréunir le fond des futailles , et du palisson pour gar-nir les entrevous sous le carreau des planchers. Ildonne des lattes et des échalas, et on s’en sert en-core pour quelques ouvrages de vaissellerie.
Comme bois de chauffage , le tremble est d’unebien faible qualité; sa flamme est cependant assezvive et claire, mais elle donne peu de chaleur et nedure pas , et les charbons s’éteignent promptement :aussi on emploie ce bois de préférence pour chaufferles fours et dans les poêles. La valeur du tremble ,comme combustible, est à celle du hêtre dans lerapport seulement de 970 à i 54 o, et celle de soncharbon dans le rapport de 988 à 1600. Comme lecharbon est léger et doux, on l’emploie dans la fa-brication de la poudre à canon.
Les cendres du tremble contiennent peu de salin :il en faudrait, suivant les expériences de M. deW erneck, 1000 livres pour produire 61 livres 4 on-ces de potasse. Cet arbre, sous ce rapport, 11’occupe,dans un tableau de 73 plantes , que la soixante-jnzième place.
Pallas rapporte qu’en Sibérie on emploie inté-rieurement et avec succès, contre les maladies vé-nériennes et les affections scorbutiques , la lessivealcaline des cendres de l’écorce de ce bois. Cetteécorce sert à tanner les cuirs lins. On remarqueque le gibier, sur-tout les cerls, les chevreuils etles daims, recherchent les lieux plantés de trembles,et qu’ils en attaquent l’écorce et les bourgeons depréférence aux autres aibres. On peut profiter deleur goût pour cette espèce, et leur procurer un peude nourriture pendant l’hiver dans les parcs , où onne leur donne point de fourrage, en faisant tomberquelques trembles.
Les feuilles du tremble peuvent être employées àla nourriture des bestiaux, tels que les vaches, lesmoutons et les chèvres , et pour cet effet on en coupeles rameaux tous les deux ans pendant l’été, et onles donne soit en vert, soit en sec.
On plante les trembles comme arbres d’ornementdans les jardins paysagers : réunis en bouquets àquelque distance ou sur les bords des massifs , ilsproduisent des effets agréables par la forme de leurtète , la couleur glauque de leurs feuilles et l’agita-tion perpétuelle de ces feuilles.
Le Peuplier xoir (Y. la fig. à VAtlas , PI. XIX)est un arbre de la première grandeur, qui s’élèveà 80 pieds et plus : c’est l’espèce la plus multipliéeet la plus anciennement cultivée en France et danstoute la partie moyenne de l’Europe .
Description. — Cet arbre pousse une forte racinecentrale et beaucoup de racines latérales. Sa tige ,dans l’état de liberté tt d’isolement, se garnit or-dinairement d’in grand nombre de fortes branches rqui se dirigent obliquement au tronc , au lieu de s’yappliquer immédiatement, comme dans le peuplierd’Italie. Ses feuilles se développent au mois de mai;elles sont alternes , presque triangulaires , termi-nées en piointe aiguë , fnngées sur les bords , et
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portées par des piétioles d’un pouce et demi à 2 pou-ces de long et aplatis ; leur grandeur varie suivantla force de la végétation ; mais elle est communé-ment de 3 pouces de long sur 2 pouces et demi delarge; elles sont épaisses et dures, lisses des deuxcôtés , d’un vert brun , luisantes à la surface supé-rieure , et d’un vert plus clair à la surface infé-rieure , qui est divisée par une côte saillante for-mant des ramifications alternées sur les côtés et sub-divisées à leur tour par un tissu très-délié; elles sontsouvent enduites au printemps, ainsi que celles dupeuplier d’Italie, d’une viscosité très-abondante,qui tombe même quelquefois sur la terre en grandequantité. Les fleurs paraissent avant les feuilles ,dans les mois de mars et d’avril; les chatons mâlesont une couleur rougeâtre ; les capsules des fleursfemelles sont arrondies , et renferment des semen-ces garnies de coton et d’un beau blanc ; elles mû-rissent au mois de mai , et sont disséminées au loinpar les vents.
C’est avec la bourre de ces semences qu’on a es-sayé en Allemagne et en France de fabriquer desétoffes, des chapeaux et du p>ap>ier , et d’en faire dela ouate ; mais il paraît que le peu de longueur etd’élasticité de cette bourre, et sur-tout la dépensede la récolte , ont fait renoncer à cette entreprise.La semence pieut servir à des semis comme celle dutremble.
Culture .—Le pieupiliernoir se multiplie principa-lement de boutures et de plançons , qui se font dela manière indiquée au mot Bouture . 11 ne poussepas autant de rejets que le tremble et le peuplierblanc. On peut, lorsqu’on fait des plançons, se ser-vir d’un p>ieu de fer ou plantoir pour ouvrir les trouset les y enfoncer à 3 pieds de profondeur; on res-serre ensuite la terre contre le plançon de manièreà ne pioint laisser de jour. Si on destine le pdançonà devenir un grand arbre , on lui laisse quelquesbranches au sommet pour attirer la sève ; mais si onle destine à être exjdoité piar émondes , on lui coupela tête à une certaine hauteur pour qu’il pousse à lamanière du saule.
Terrains. — Il aime les fonds de bonne qualitéet un pieu frais, et il vient très-bien sur le bord desprairies , des rivières et des étangs ; mais il ne réus-sit pas dans les fonds absolument aquatiques ni dansles sables arides. Les climats rigoureux 11e lui con-viennent pas non plus, piarce que la charge des nei-ges et des frimas le fait rompre. On ne le rencontreguère dans les forêts de haute futaie. Il repousse desouche et de racine, et il croit avec rapidité.
Exploitation .—La longévité de cet arbre est bor-née à 60 ou 80 ans au plus , et c’est à 40 ans qu’ilacquiert toute sa valeur et qu’il faut le coupier. Tan-tôt on le laisse parvenir à toute sa hauteur, tantôton le tient en têtards , dont on coupe les poussestous les 3 , 4 ou 5 ans , soit pour faire du feu avecles branches , soit pour en donner les feuilles auxbestiaux. Ces branches sont d’un produit assez avan-tageux ; mais les arbres ainsi émondés croissent pluslentement que les autres , et finissent toujours parse pourrir et devenir creux. M. Bosc dit que plu-sieurs auteurs ont regardé ce peuplier, traité de cettemanière et tenu bas, comme une espèce distincte,
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