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et que c’est le populus viminea ou peuplier liard deDuhamel. Les rameaux de toutes ses variétés, sansdoute nombreuses, ajoute-t-il, peuvent suppléerl’osier , sur-tout quand elles ont cru dans un terrainhumide.
Qualités et usages. — Le bois de cette espèce estjaunâtre et tendre. 11 pèse, d’après la moyenne pro-portionnelle tirée des expériences de plusieurs au-teurs; savoir, frais , 60 livres 9 onces; à demi-sec,42 livres i 3 onces; et sec, 29 livres. Il perd parconséquent plus de la moitié de son poids par ladessiccation : son retrait est de plus d’un sixièmede son volume. On l’emploie pour les constructionsà sec, pour des ouvrages de tour et de sculpture ; onen fait des sabots, des solives, des planches et de lavolige , à défaut de meilleur bois. Il est sur-toutemployé par les menuisiers , et même les ébénistes,parce qu’il prend un assez beau poli et qu’il estagréablement flambé de brun et de gris. On se sertaussi des branches pour faire des éclialas, qui durentassez long-temps quand on a eu la précaution de lesécorcer. Comme bois à brûler, il vaut encore moinsque le tremble; car, d’après les expériences deM. Hartig, il brûle avec lenteur, donne une flammesombre, et ses charbons s’éteignent promptement.Sa valeur à cet égard est avec celle du hêtre dansles rapports de 792 à i 54 o. Il n’y a dans tous lesarbres que le peuplier d’Italie qui lui soit inférieurcomme bois de chauffage.
L’écorce du peuplier noir est employée en Russie pour apprêter le marroquin. Quand elle est pulvé-risée , les moutons la mangent. Les bestiaux se nour-rissent de ses feuilles. Les bourgeons, macérés dans4 ’eau bouillante, et ensuite pilés et pressés, donnentune matière grasse , qui brûle comme la cire et quiexhale une bonne odeur. Le suc balsamique qui en-duit les bourgeons forme la base de l’onguent popu-leum , remède calmant employé avec succès contreles maux de nerfs et les liémorrhoïdes. Le peupliernoir se plante aussi comme arbre de décoration enavenue et en quinconce. La rapidité de sa végéta-tion , la hauteur à laquelle il parvient et les diversusages qu’on fait de son bois et de ses feuilles, lerendent d’un très-bon rapport. Un peuplier de cetteespèce , qui avait 3 o ans de plantation , a donné aubaron Tschoudy pour 100 fr. de planches, 2 cordesde bois et de a à 3 oo fagots. C’est donc un arbre àmultiplier dans les endroits qui lui conviennent;mais il sera d’un meilleur produit si on le laissecroître librement, que si on le soumet aux élagages,qui occasionnent toujours la carie de l’arbre.
Le Peuplier blanc, ou I’Ypréau, ou le Blancde Hollande, Franc-Picard, ou Abûle (V. la fig.à VAtlas, PL XVIII estun arbre d’Europe , de lapremière grandeur et d’une grosseur proportionnée,et qui croit très-promptement. Il s’élève dans lesterrains et les situations qui lui conviennent à 80pieds et plus, et il acquiert une grosseur de 8 à9 pieds : on en trouve même beaucoup qui ont 4 piedsde diamètre. C’est l’espèce la plus précieuse des ar-bres de cette famille, et qui exige moins que les au-tres des terrains frais et humides. On le cultive danstoute la France, et particulièrement en Flandre ,jusque dans le voisinage de la Méditerranée, aux
environs d’Ypres , d’où lui est venu son nom d’_y-prèau. Il croit aussi eu Allemagne . .
Description .—La tige du peuplier blanc est bal Leet droite,, revêtue tPune écorce grise et raboteuse,garnie d’un grand nombre de branches, qui s’éten-dent beaucoup lorsque l’arbre est isolé. LVconre desjeunes tiges et des rameaux est lisse et blanchâtre.Les racines sont nombreuses et traçantes. Les feuillesparaissent au mois de mai; elles sont alternas ,grandes, anguleuses, presque rondes, découpéesen lobes quelquefois peu apparens , irrégulièrementdentelées sur les bords, d’un vert sombre et brillanten dessus , blanches et cotonneuses en dessous, por-tées sur des pétioles longs d’un pouce à un pouce etdemi, et couverts d’un, duvet blanc ainsi que lesjeunes pousses. Elles ont ordinairement depuis 3jusqu’à 5 pouces de longueur, et 2 pouces et demià 4 pouces de largeur; mais dans cette espèce depeuplier, comme dans plusieurs autres, les feuillesdeviennent moins grandes lorsque l’arbre s’élèveet cesse de végéter avec la même vigueur, et ellossont quelquefois très-petites lorsqu’il se trouve dansun terrain sec et aride. Les fleurs ressemblent beau-coup à celles du tremble , seulement les chatons fe-melles sont un peu plus longs.
Culture. —On multiplie cet arbre de la mêmemanière que le tremble , c’est-à-dire en employantles drageons d’un an, qu’il pousse de ses racines,en les plantant en pépinière et en les y cultivantpendant 3 ou 4 ans, pour les planter à demeurecomme arbres de tige. Ü11 gros pied arraché fournitun grand nombre de rejets pendant plusieurs aajliées.On peut encore le multiplier de marcottes, de bou-tures et même de graines; mais ces moyens sontbeaucoup moins sûrs et moins expéditifs que le pre-mier. 11 paraît cependant que, dans les départemensdu nord et en Hollande , on emploie le moyen desboutures ou plançons ; on en fait de deux sortes avecles grosses branches ; dans la première sorte, onemploie la branche dépourvue de ses rameaux, et onla place debout comme pour les plançons de saule;dans la seconde , on laisse tous les rameaux à labranche, et on la place horizontalement dans linefosse d’un demi-pied de profondeur, que l’on rem-plit de terre, en ne laissant sortir que les sommitésdes rameaux : c’est ce qu’on appelle la plantationen ramée, dont nous avons parlé au mot Bouture .Cette dernière manière produit une grande quantitéde jeunes pieds, qu’on lève la seconde année pourles placer en pépinière , et que l’on conduit ensuitecomme ceux arrachés sur les racines.
L’époque de la plantation de cet arbre varie sui-vant les climats : il faut le planter immédiatementaprès la chute des feuilles dans le midi de la France ,afin que les pluies de l’hiver puissent consolider laterre contre les racines; mais dans le nord on peutlanter jusqu’au mois de mars, parce qu’on estassuré'avoir des pluies au printemps. On doit, dans tousles cas, laisser quelques rameaux au sommet de cepeuplier pour attirer la sève, et c’est en général unepratique vicieuse que de lui couper la tète pour leplanter; il suffit de raccourcir ses rameaux en raisonde la nature du sol, c’est-à-dire plusdans un terrainsec et chaud, et moins dans un lieu humide et froid.