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teur à l’arbre ; mais on ne doit point amputer degrosses branches, et si on est obligé de le faire,il faut les couper très-ras, à la fin de l’hiver, etrecouvrir la place avec de l’onguent de Saint-Fiacre.
Qualités et usages. — Le bois du peuplier blancest tendre et un peu moins blanc que celui des au-tres peupliers; il se mâche sous l’outil de l’ouvrier;sa retraite par la dessiccation lui fait perdre plusd’un qifart de son volume, et il se fend en séchant.Il pèse par pied cube, d’après la moyenne propor-tionnelle déduite des expériences de plusieurs au-teurs; savoir , vert, 58 livres 3 onces, et sec, 07livres 12 onces: d’où il suit qu’il ne perdrait pastout-à-fait le tiers de son poids, tandis que plusieursautres peupliers perdent souvent plus de la moitié.On fait avec ce bois des charpentes légères et depeu d’importance; en Picardie, vers Amiens , pres-que toutes les chaumières sont construites en peu-plier blanc. On fait du bois de sciage avec les grossestiges; elles se débitent en voliges fort estimées pourles couvertures en ardoises, parce que ce bois étantfort tendre, le clou qui y entre facilement sans seplier ni casser, y tient en se rouillant plus solide-ment que dans du bon bois de chêne. Les sculpteursl’emploient en place du tilleul. On peut l’employeren planches, la deuxième ou la troisième année aprèsqu’elles ont été débitées, et elles forment de bellesboiseries, qui durent long-temps, si le lieu n’estjias humide. Lorsqu’on le réduit en petites partiesminces , on en fait de très-jolis parquets; ce qui sepratique en Picardie, où les parquets sont de longuedurée. Dans la Flandre et le Brabant, on construitavec ce peuplier tous les meubles, armoires, etc.,destinés à rester à couvert, Rosier dit qu’il est pres-que le seid bois employé dans les provinces du Midipour les boiseries des portes , des lenètres, des châs-sis et des meubles. 11 y tient souvent lieu de chêneet de sapin, dont les planches, dans ce pays, sontrares et chères; il en fournit d’excellentes et de lé-gères , ainsi que le peuplier noir, et dont on se sertavec succès pour les brouettes, les tombereaux, etc.Lorsqu’on a la précaution de l’enduire d’une cou-leur à l’huile, il dure pour le moins autant quele sapin exposé à l’air. Selon Miller, on em-ploie beaucoup ce bois en Angleterre pour le tour;on en fait des baquets, des gobelets et autres usten-siles; lçsfaiseurs de soufflets le préfèrent, ainsi queles cordonniers, qui l’emploient non-seulement pourdes talons, mais aussi pour des semelles de souliers;on en fait encore, dans le même pays, des chariotslégers, des perches pour soutenir le houblon, et lebois qu’on se procure en émondant les arbres sertà brûler. M. de Burgsdorf dit qu’il y a des paysdans le nord de l’Asie qui n’oxrt pas d’autres boisde constructio.n que celui-là, et où même on l’em-ploie aux constructions navales ; mais qu’il ne durepas long-temps pour ce dernier usage.
Comme bois de chauffage, il ressemble à celui desautres peupliers, c’est-à-dire qu’il donne peu dechaleur, que sa flamme a peu d’activité, et queses charbons se couvrent de cendres tort épaisses. Ilest cependant employé fréquemment à chauffer lefour, Usage auquel on doit le destiner de préfé-
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rence, ainsi que tous les bois qui ont peu de va-leur pour le chauffage des appartenons.
On a indiqué deux variétés de cette espèce, l’uneàgraudes et l’autre à petites feuilles. M. Bosc penseque celle à petites feuilles pourrait bien être uneespèce distincte. Elle croît rapidement, a le boisplus rouge et meilleur pour faire des sabots et au-tres ouvrages; aussi la préfère-t-on, dit-il, aux en-virons de Bruges . Cet auteur, ainsi que M. Desfon-taines, reconnaissent une autre espèce de peuplierblanc, qui a été confondue par les botanistes avecl’espèce précédente; c’est le peuplier grisard dontnous allons parler.
Le Peuplier grisard , grisâtre ou grisaille(V. la figure à {'Atlas, PL XIX) a les feuilles arron-dies , anguleuses, dentées, d’un vert noir en dessus,d’un blanc grisâtre en dessous; ses chatons sont cylin-driques et lâches. « Il se trouve, dit M. Bosc , dansles bois de presque toute l’Europe. Jusqu’à ces der-niers temps, il a été confondu, par les botanistes,avec le précédent, malgré l’autorité de Miller, quoi-qu’il en fût distingué par les bûcherons et par lesmenuisiers , et quoiqu’il ait constamment ses feuillesplus petites, moins anguleuses, moins velues etmoins blanches en dessous, que son écorce soit plusverte et sa hauteur moins grande. Comme ses nomssont souventles mêmes que ceux du précédent, je nesuis pas certain si ceux de franc-picard et à'abèlvlui appartiennent. Il parait généralement moins em-ployé en France pour les ouvrages de menuiserie ,de tour et autres ; mais il n’en est pas de même enAngleterre, où, selon Miller, il est très-recherché.C’est principalement lui qui, sous le nom de boisblanc , sert à chauffer le four des boulangers de Pa-ris . Dans beaucoup d’endroits , il fait le fond desforêts, c’est-à-dire qu’il y domine. Un terrain légeret humide est celui qui lui convient le mieux ; maisje l’ai vu prospérer dans des sables arides. C’est l’ar-gile compacte qu’il craint le plus. Une fois introduitdans une localité, il s’y étend avec une incroyablerapidité par le moyen des rejetons qui poussent detoutes ses racines, sur-tout lorsqu’on coupe sa tige,et il entait souvent disparaître les espèces qui crois-sent moins rapidement que lui par l’ombre dont illes entoure. Rarement on le réserve en baliveauxdans les forêts ; mais assez souvent on le plante enavenues, ou sur le bord des fossés, comme le précè-dent. Ses effets, dans un jardin paysager , sont moinspittoresques; cependant il y tient fort bien sa place,on le multiplie de même. »
Le Peuplier d’Italie , qu’on appelle aussi peu-plier de Lombardie , peuplier pyramidal , peuplier -cyprès , peuplier fastigié , est un arbre de la pre-mière grandeur, qui, dans les situations qui lui con-viennent, parvient à une hauteur et à une grosseurconsidérables, c’est-à-dire à 120 pieds d’élévation,et à 8 et 9 pieds de circonférence vers le bas de latige; il n’est pas rare de voir des peupliers d’Italiequi, à 25 ans, ont plus de ico pieds de hauteur et7 à 8 pieds de tour.
Histoire. — On croit que ce peuplier est origi-naire de la Géorgie et de la Crimée , d'on il a étéapporté depuis fort long-temps en Italie . On en at-tribue l’importation en France à M. de Reigeroortes,