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qui l’apporta de Lombardie et le fit planter, il y aenviron 70 ans, sur les bords du canal de Briare. Cetarbre excita, dans les premiers temps, un enthou-siasme général; il fut loué à outrance; on se per-suada même qu’il pourrait être employé à faire desmâts de vaisseaux ; onfin il fut répandu avec unegrande rapidité dans presque toutes les parties de laFraucq, au préjudice des autres arbres, qu’on arra-chait pour lui faire de la place. Aujourd’hui, on estun peu revenu de l’enthousiasme qu’il avait inspiré;mais il n’en reste pas moins au nombre des arbresqui méritent le plus d’être employés à l’embellisse-ment des campagnes, à la mise en valeur des fondsde médiocre qualité, et à des plantations dans lesprés, le long des rivières, des canaux, et en géné-ral, dans les vallées.
Description. — Le peuplier d’Italie est un belarbre de décoration ; son aspect est majestueux, sataille élancée et sa forme régulière ; ses branches, de-puis le bas de la tigejusqu’au sommet, prennent unedirection droite, en se rapprochant toujours du tronc,et lui donnent cette figure pyranridale, qui le dis-tingue de tous les arbres rustiques , et le fait re-marquer à une grande distance. — Il jette beaucoupde racines autour de lui, qui, lorsque Farbré estabattu, donnent naissance à une grande quantité derejetons. — Son écorce est verdâtre et unie sur lesjeunes branches, et jaunâtre et fortement gercée surles vieilles tiges, qui sont ordinairement relevéespar des espèces de côtes saillantes vers la partie in-férieure. — Ses feuilles sont portées par des pétioleslongs et un peu aplatis; elles sont triangulaires,aiguës, plus larges que longues, garnies de dentsobtuses sur les bords, lisses et d’un vert foncé, vifet brillant des deux côtés; elles conservent leur éclatjusqu’à l’arrière-saison. Dans leur jeunesse, ellessont un peu visqueuses et d’une odeur qui n’est pointdésagréable.—Les fleurs ressemblent à celles dupeuplier noir ; elles se développent un peu plus tôtque celles-ci. Il paraît que nous ne possédons enFrance que des individus mâles : d’où il suit quela culture par les semences, n’est point praticablechez nous.
Le peuplier d’Italie a été regardé par Duhamel etquelques autres botanistes comme une variété de peu-plier noir, à cause de la ressemblance de son feuillageavec celui de ce dernier. Mais la forme pyramidalede cet arbre, la qualité inférieure de son bois, etquelques différences dans les caractères de ses autresparties, le distinguent de tous les peupliers et l’ontfait admettre comme une espèce particulière.
Culture. — Le peuplier d’Italie se plaît dans unterrain léger, substantiel et un peu frais, et il exigeun climat tempéré. 11 vient aussi dans les mauvaisfonds , et mieux dans les sables maigres qu’aucuneautre espèce de bois. Cependant les terres crayeuses,argileuses et tenaces, et les lieux trop aquatiques nelui conviennent pas. On le multiplie exclusivement,mais avec la plus grande facilité, par boutures ouplançons, auxquels on ne doit jamais couper latète. La multiplication par boutures faite avec despousses d’un an, est celle que l’on suit généralementdans les pépinières ,* et qui en effet mérite la préfé-rence. Le terrain doit être léger, frais et bien ameu-
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bli. On procède à la plantation des boutures pen-dant l’hiver, et on place les jeunes branches un peu'obliquement à la surface du terrain, dans des trousfaits au plantoir, ou, mieux, à la pioche, espacés de' i 5 à 18 pouces, et profonds d’environ un pied. Lareprise de ces boutures est presque toujours assurée| si le printemps n’est pas trop sec. Comme le peu-j plier d’Italie est destiné à se garnir de branches de-j puis le bas de la tige, on ne doit enlever à la ser-pette que celles qui rivaliseraient de grosseur avecj cette tige. Le plant peut être mis en place dès latroisième année ; mais il n’y a point d’inconvénient*à le planter beaucoup plus âgé, et on peut même endifférer la transplantation jusqu’à l’âge de 10 anset plus.
Comme cet arbre croît avec une extrême vitesseet qu’il s’élève bien droit, il convient beaucoup dansles pépinières de chênes et d’autres arbres qu’on veutforcer à s’élever sans le secours des élagâges. 11 suffit,pour cet effet, de planter alternativement une bou-ture de peuplier d’Italie et un plant de chêne, derabattre les plants de peuplier quand ils commen-cent à trop dominer ceux de chêne, et à les laisserrepousser sur un brin , pour les rabattre encore lors-que leur élévation menacera d’étouffer ces derniers.V. l’article Chêne , p. 622.
On en fait des abris contre les vents ou contre lesoleil, en le plantant en lignes serrées; et sous cerapport, il convient pour abriter les semis et lesplantes délicates qui ont besoin de fraîcheur.
On plante aussi le peuplier d’Italie avec beaucoupd’utilité dans les sables pour protéger les semis debois durs et ceux de pin et de sapin. J’en ai vu lesbons effets dans un semis de cette nature, où cha-que plant de peuplier était entouré d’une multitudede jeunes pins, qu’on ne remarquait point dans lesendroits où l’ombre légère de ces boutures n’avaitpas abrité le semis. Il convient d’autant plus à cetobjet, qu’au bout de i 5 à 20 ans on peut le couperavec fruit et en débarrasser la sapinière.
C’est encore celui de tous les arbres qui est le pluspropre à la plantation des routes dans les endroitshumides , parce que sa forme élancée et serrée nes’oppose pas au dessèchement des chemins et neprojette sur les terres riveraines qu’une ombre depeu d’étendue.
Lorsqu’on veut former des avenues ou des alléesperpétuelles, il suffit d’entremêler les ormes ouautres arbres d’une certaine longévité avec despeupliers d’Italie. A 3 o ou 40 ans, on les couperaet on les remplacera par de jeunes ormes; et lors-qu’à leur tour les ormes de la première plantationseront arrivés à leur maturité, ils seront remplacéspar des peupliers. V. Avenues perpétuelles.
Isolés, les peupliers d’Italie font la parure deschamps et semblent dominer orgueilleusement surles autres arbres; mais leur grande hauteur et leurcime aiguë les exposent souvent à être frappés de lafoudre.
Le peuplier d’Italie produit les effets les plus pit-toresques , soit qu’on le place; eh avenuë, en bou-quet, isolément ou dans les massifs des jardins paysa-gers ; et comme il sq plante à un âgé assez àvancé, ilest très-utile pour cacher les objets dont la vue est