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Tome second.
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désagréable , pour ménager des aspects, pour des-siner des masses et embellir les sites.

Exploitation. — L’àge auquel il paraît le plusavantageux de couper les peupliers d’Italie, est celuide 3o à 4° ans lorsqu’ils se trouvent dans un solconvenable. Plus tôt, ils n’ont pas encore acquistoute leur grosseur et leur perfection ; plus tard , ilscessent de croître avec la même activité, et com-mencent à s’altérer dans le centre. Le commence-ment de l’hiver est le temps le plus propice pour lesabattre; et comme ils sont très-abondans en sève,il est bon d’attendre une année entière avant de lesdébiter en planches, sur-tout si on les laisse sur laterre, dont l’humidité entretient la végétation.

Le peu de grosseur des branches du peuplier d’I-talie ne permet guère de l’exploiter par émonde , etce reproche qu’on lui fait est de peu d’importance,attendu que les élagages nuisent en général à la vé-gétation des arbres et à la qualité de leur bois. Cetarbre, une fois coupé par le pied, ne repousse pasde souche comme les autres peupliers; mais il pro-duit alors des rejets de ses racines; ce qu’il ne faitpas lorsqu’il est sur pied.

Qualités et usages. — Si le peuplier d’Italie sefait remarquer comme arbre de décoration, et par lapromptitude de son accroissement et la facilité de lemultiplier même dans les mauvais terrains, il nese distingue point par la qualité de son bois, quiest le plus tendre, le plus léger, le plus sec et leplus cassant de tous les bois, comme aussi le plusmauvais pour le chauffage. Sa pesanteur spécifique ,d’après la moyenne proportionnelle des expériencesde plusieurs auteurs, est par pied cube; savoir,vert, de 56 livres 12 onces; à demi sec, de 43 livres13 onces; sec, de 28 livres 5 onces : d’où il suitqu’il perd par la dessiccation juste la moitié de sonpoids, et qu’il est en effet le bois le plus légerdans l’état de dessiccation.

Cependant ce bois s’emploie à divers usages. Va-rennes de Fenille dit qu’il perd environ un vingt-quatrième de son volume parla retraite qu’il éprouveen se séchant, et il regarde sa légèreté comme unequalité pour les caisses d’emballage. Cet auteurcompare les éloges outrés qu’on a faits des qualitésde ce bois avec les assertions contraires qu’on en apubliées. Suivant Fougeroux de Bondaroi, il ne se-rait propre à aucun usage, étant filandreux, spon-gieux, se pourrissant au bout de 6 mois en terre,et absorbantl’humiditc. D’autre part, Mustel, dansson Traité théorique et pratique de la végétation .,t. III, p. 4 2< 3> rapporte qu’il est doux, faciletravailler; qu’il se prête aisément à l’action des ou-tils qui forment les moulures; qu’on en fait des lam-bris plus beaux et meilleurs que ceux de sapin; qu’ildure fort long-temps , étant à couvert et même ex-

f iosé aux injures de l’air, lorsqu’en le peignant on’a bien imprégné d’huile ; qu’on l’emploie en pilotis, parce qu’il se conserve très-long-temps dansl’eau, pourvu qu’il en soit toujours couvert; qu’onen fait d’assez bonnes pièces de charpente pour depetits bàtimens; qu’on l'emploie à la fabrication dessabots, et que les sculpteurs le préfèrent au tilleul.

Place milieu..jîe ^gj conti^dictions , 3 arennesde Fçnille à vouh? s’assurer dé la véritable qualité

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de ce bois, et il a reconnu, comme l’avait fait Mus-tel,'qu’il se travaille facilement; qu’il n’est pointsujet à se fendre, ni à se tourmenter, ni à faire re-traite; qualités qui y jointes à son extrême légèretéet à sa prompte dessiccation, doivent le faire em-ployer de préférence au sapin pour les lambris et lesmenuiseries légères ; que les sabots qu’on en faitsont fort légers, faciles à sécher, et qu’ils absorbentmoins d’eau que ceux de noyer et de bouleau, maisqu’ils s’usent fort vite; que l’opération de l’écorce-ment ne change presque rien à la pesanteur spéci-fique du peuplier d’Italie, et que sa force en a plu-tôt diminué qu’augmenté ; qu’enfin il brûle bienet donne assez de flamme, mais qu’il se consumetrès-vite.

D’après les expériences de M. Hartig, le bois dupeuplier d’Italie donne peu de chaleur; sa flamme estunpeu languissante et accompagnéedeplusdefuméeque celle produite par le bois des autres peupliers ;ses charbons ont de la tendance à s’éteindre ; enfinsa valeur, sous le rapport du chauffage, n’est à celledu hêtre que dans le rapport de 744 à 1640: c’estla moindre valeur de tous les bois de chauffage, etil est parconséquent le dernier de ces bois.

Suivant Dambourney, le bois du peuplier d’Ita-lie mis dans l’eau bouillante avec de la laine, com-munique à celle-ci une couleur d’un jaune doré très-solide. Sa seconde écorce est encore plus estiméepour cet usage.

Le Peuflier grec ou d’Athènes est un arbreencore peu connu en France , quoiqu’il se trouve enEurope depuis 1779. Il s’élève à une assez grandehauteur , et se distingue de tous les peupliers qui ,comme lui , ont les rameaux cylindriques, par sesfeuilles dépourvues de poil, en cœur large et pointu,et munies de deux glandes au sommet du pétiole ;elles sont à peine dentées sur les bords, et lissesaux deux surfaces, dont celle supérieure est d’unvert foncé, et l’autre d’un vert glauque: ces feuillesqui, lorsqu’elles sont parfaitement développées, ontun demi-pied de loug sur à-peu-près autant de lar-geur , sont presque aussi grandes que celles du peu-plier argenté dont nous allons parler ; mais elles endiffèrent par leurs pétioles très-aplatis. Cet arbrea l’écorce brune , les boutons légèrement enduitsd’un suc gluant et aromatique. On le multiplie demarcottes, et plus communément par la greffe surle peuplier d’Italie, ou, mieux, sur le peuplier gri-sard. C’est un arbre à répandre dans les jardins d’a-grément, à cause de ses feuilles larges et d’un vertnoir, qui contrastent fort bien avec celles de la plu-part des autres arbres, et il se recommande d’ailleurspar une croissance très-rapide.

Le Peuplier de Virginie ou suisse , est uneespèce que l’on possède depuis bien des années enEurope et en France , et qu’on s’accorde à regardercomme originaire de l’Amérique septentrionale : onlui donne assez généralement le nom de peupliersuisse , apparemment parce que cet arbre est plusabondamment cultivé dans cette partie de l’Europe qu’ailleurs. On le confond souvent avec le peuplierdu Canada ; mais la description suivante qu’en ontdonnée M. Michaux et feu M. de Foucault, nepermet plus de confondre ces deux espèces : le peu-