Band 
Tome second.
Seite
526
JPEG-Download
 

5aG PHY

DEUXIÈME SECTION. — Du tissu organique.

PHY

Tissu organique f vu à L’œil nu. — Si l’on examinela tranche horizontale du tronc de nos arbres fores-tiers , qui sont tous dicotylédons, on voit au centreune substance lâche, à laquelle on a donné le nomde moelle; à la circonférence, une écorce épaisse;dans la partie intermédiaire , des couches de boisqui forment des zones concentriques; et du centre àla circonférence, des insertions ou rayons médul-laires semblables aux lignes horaires d’un cadran.

Si l’on examine la coupe horizontale d’un pal-mier ou de tout autre végétal monocotylédon, onreconnaît que la moelle forme la majeure partie dela tige; que le bois est composé de longs filets dis-séminés dans le tissu médullaire ; qu’il n’y a pointde rayons prolongés du centre à la circonférence etsouvent point d’écorce.

Enfin , si l’on examine les champignons et les al-gues , plantes privées d’organes sexuels, on n’ytrouve qu’une masse d’un tissu plus ou moins serré ,plus ou moins allongé, mais d’ailleurs homogèneet semblable, sous beaucoup de rapports , à lamoelle des végétaux monocotylédons et dicoty-lédons.

Les nervures des calices et des feuilles présententune substance analogue à celle du bois ; la partieverte renfermée entre les nervures, ne diffère pointsensiblement, par la consistanceet l’aspect, du tissuextérieur des jeunes écorces.

Les corolles ont un tissu lâche et des veines dé-licates.

Les fruits sont tantôt charnus, tantôt membra-neux, tantôt ligneux.

Les plantes herbacées, plus molles que les végé-taux ligneux, ressemblent cependant, par leur con-texture, aux palmiers ou à nos arbresforestiers, selonqu’elles sont monocotylédones ou dicotylédones.

Nombre d’espèces herbacées ou ligneuses contien-nent visiblement dans leur moelle ou dans leurecorce de grandes cavités remplies de sucs colorés,et leur bois n’est pas d’un tissu tellement serré,qu’on ne puisse y apercevoir quelquefois, sans mêmefaire usage de la loupe , les orifices des gros vais-seaux qui les parcourent.

Tissu organique, observé au microscope. — Nousavons dit qu’un tissu membraneux, cellulaire et con-tinu , plus ou moins transparent, forme toute lasubstance des végétaux. La membrane qui constituele tissu membraneux est d’une épaisseur variable,selon la nature particulière des espèces et l’àge desindividus. Elle est pourvue de pores, les uns visi-bles , les autres invisibles. L’existence de ces der-niers est prouvée par la transfusion des fluides d’unepartie du végétal dans une autre, lors même qu’ilest impossible d’apercevoir la communication descellules ; l’existence des autres est prouvée non-seu-lement par la marche des fluides , mais encore parl’observation microscopique, qui fait distinguer net-tement les pores et les fentes dont souvent la mem-brane est criblée. Ces ouvertures sont quelquefoisbordées de petits bourrelets épais et calleux, qui sedétachent en ombre quand on appose le tissu mem-braneux à la lumière.

Pour rendre plus évidentes les diverses modifica-tions du tissu membraneux, on le divisera systéma-tiquement en deux organes élémentaire^: i°. le tissucellulaire; 2°. le tissu vasculaire.

Tissu cellulaire. — Il est composé de cellules con-tiguës les unes aux autres et dont les parois sontcommunes. (V., à VAllas, la PI. V bis , fig. 1 , 2,et 3 .) Grew le compare à l’écume d’une liqueur enfermentation. Cette comparaison n’est pas dépour-vue de justesse.

Les cellules tendent d’abord à se dilater danstous les sens; mais chacune d’elles étant compriméeparles cellules adjacentes, et souvent aussi par lesparties dures du végétal, il arrive que leur formedépend sur-tout des résistances qu’elles éprouvent.

Lorsque les cellules n’éprouvent d’autres résis-tances que celles qu’elles s’opposent mutuellement,ce qui a lieu au centre de la moelle, et dans les ra-cines et les fruits charnus ou pulpeux, leurs coupeshorizontale et verticale offrent fréquemment deshexagones réguliers , comme les alvéoles desabeilles.

Les parois des cellules sont très-minces et aussitransparentes que du verre.

Elles sont quelquefois criblées de pores {fig. 2)dont l’ouverture 11’a peut-être pas pour diamètre latrois centième partie d’un millimètre, l'ius rarementelles sont coupées de fentes transversales {fig. 3 ; ,et ces fentes sont si multipliées dans quelques es-pèces, que les cellules y sont transformées en unvrai tissu réticulaire.

Il est à remarquer qu’en général les pores sontnombreux et rangés en séries transversales lorsqueles cellules sont très-allongées, et qu’au contraireils sont épars et peu nombreux lorsque le diamètredes cellules est, à peu de chose près, égal danstous les sens.

Le tissu cellulaire 11e reçoit les fluides et ne lestransmet que très-lentement.

Le tissu cellulaire régulier et peu poreux {fig 1 .compose ordinairement toute la moelle ; il formeaussi presque toute l’écorce , etc. ; on l’observe engrande abondance dans les cotylédons épais, dansles racines charnues, dans les fruits pulpeux , etc. ;macéré dans l’eau, il s’altère et se détruit faci-lement.

Les couches ligneuses des dicotylédons et les fi-lets ligneux des monocotvlédons, sont formés engrande partie du tissu cellulaire ; mais les cellulesy sont très-allongées et y paraissent comme de petitstubes parallèles les uns aux autres : de là le nom detissu cellulaire allongé {fig. 4 )> Leurs parois sontépaisses, à demi-opaques, quelquefois percées depores très-fins. Leurs cavités s’obstruent dans lesanciennes couches des arbres. Ce tissu , qui cons-titue la partie la plus solide des végétaux, ne se dis-sout point dans l’eau.

Les rayons médullaires, qui marquent la coupetransversale des tiges des arbres dicotylédons detraits semblables aux lignes horaires d’un cadran ,sont presque toujours des séries de cellules allon-gées du centre à la circonférence^ et dont par consé-quent la direction coupe à angle droit le fil du bois.

Les cellules des rayons médullaires rencontrent j