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Tome second.
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chemin faisant , les vaisseaux ilu bois, et s’abou-chent avec eux par le moyen des pores.

Le tissu cellulaire réguliçr a peu de consistance <aussi arrive-t-il quelquefois qu’il se déchire et laisse,par sa défection , des vides plus ou moins considé-rables dans le corps du végétal : ce sont les lacunesIjfig. 18). Elles se montrent sur-tout dans les plan-tes aquatiques , et elles y sont distribuées avec tantde symétrie , que les botanistes étrangers aux re-cherches anatomiques les ont considérées comme re-présentant la structure primitive du végétal. On peutreconnaître leur existence, à la simple vue, dans lelypha , le nymphcea , l ’equisetum , le gratiola , etc. ;elles se forment dans un ordre de choses si sagementcombiné , qu’elles n’apportent aucun préjudice à lavégétation. Le plus ordinairement elles ne contien-nent que de l’air; ce qui peut-être les rend très-utilesaux plantes aquatiques , dont le tissu , pénétré parune trop grande quantité d’eau, s’altérerait en peu detemps.

Tissu vasculaire. — Les tubes ou vaisseaux desplantes parcourent les différens organes, s’unissentpar de fréquentes anastomoses, et forment ainsi unesorte de réseau. Leur calibre est cylindrique, ouovale, ou anguleux; ils distribuent dans toutes lesparties l’air et les fluides nécessaires à la végétation.Leurs parois sont fermes , épaisses , peu transpa-rentes. Ces vaisseaux ne doivent pas être comparés,comme l’ont fait quelques auteurs, ni aux veines etaux artères, ni au canal intestinal. Les artères ontune force de contraction qui pousse le sang dans lesveines ; les veines sont pourvues de soupapes ou val-vules qui s’opposent à la marche rétrograde dusang : rien d’analogue n’existe dans les plantes. Etquant au canal intestinal, il doit avoir deux issuesextérieures, ou au moins une, pour recevoir lanourriture et rejeter les excrémens solides : or, lesplantes n’ont point d’excrémens solides, etleurs vais-seaux sont toujours fermés aux deux bouts. Le nomde vaisseau ne doit même pas être pris à la rigueur,attendu qu’il n’indique ici que de très-longues cel-lules unies au reste du tissu , et percées d’ouvertureslatérales qui permettent aux fluides de se répandrede tous côtés ; tandis que dans les animaux lesvaisseaux, ayant des parois distinctes et closes, con-duisent les fluides en des endroits déterminés.

On distingue six principales modifications dansles vaisseaux des plantes : i °. les vaisseaux en cha-pelets , 3°. les vaisseaux poreux, 3 °. les vaisseauxfendus ou fausses trachées, 4 °- l es trachées , 5 °. lesvaisseaux mixtes , 6°. les vaisseaux propres.

Les vaisseaux en chapelets ( Jtg . i 5 ) sont des cel-lules poreuses placées bout à bout, ou si l’on aimemieux , des tubes poreux resserrés de distance endistance , et coupés de diaphragmes percés à la ma-nière d’un crible. On les trouve fréquemment dansles racines et à la naissance des branches et desfeuilles; ils servent d’intermédiaires entre les grosvaisseaux des tiges et des branches , et c’est par leurmoyen que la sève passe des unes dans les autres.

Les vaisseaux poreux (Jlg. 5 , 6 ) sont criblés,rangés en séries transversales ; ils existent danstoutes les parties du végétal où la sève circule avecquelque liberté : ainsi on les trouve dans le corps des

racines, le bois des tiges et des branches, les grossesnervures des feuilles , etc. 11 ne faut pas seles repré-senter comme des tubes continus , depuis la base duvégétal jusqu’à son sommet ; ils se joignent, se sé-parent et se joignent encore , disparaissent quelque-fois , et se changent toujours en tissu cellulaire versleurs extrémités. Les pores qui les couvrent sont erigénéral d’autantplus fins, que les bois sont plus durset d’un grain plus serré.

Les fausses trachées If g. 8, 9, i 3 ) sont des tu-bes coupés de fentes transversales , ou, si l’on veut,des tubes à larges pores. Ces vaisseaux ne diffèrentdonc des tubes poreux que par une nuance légère :on peut les observer dans le bois , et particulière-ment dans celui d’un tissu mou et lâche. Ce sont,aussi bien que les trachées dont il va être parlé, lesprincipaux canaux de la sève ; ils la portent d’uneextrémité du végétal à l’autre, et la répandent, àla faveur des pores, dans toutes les parties latérales.Lorsque les fentes des fausses trachées sont très-pro-longées, chacun de cesvaisseauxparalt composéd’unesuite d’anneaux placés au-dessus les uns des autres.

Les trachées {fig. 10, 11, 12), dans lesquellesMalpighi, Hedwig et d’autres ont cru reconnaîtreun appareil pulmonaire comparable à celui des in-sectes, sont des lames étroites, argentées, ordinai-rement élastiques, roulées en tire-bourre, et bor-dées souvent de petits bourrelets calleux.

Elles sont comme passées à travers le tissu quileur sert de gaîne , et elles n’y adhèrent que parleurs extrémités; néanmoins il est évident qu’ellesne sont que des modifications des fausses trachées.On les trouve dans les tiges dicotylédones autourde la moelle , et dans les tiges monocotylédones or-dinairement au centre des filets ligneux.

Elles se développent en général dans les partiesjeunes et tendres dont la croissance est rapide ; l’àge11e les fait point disparaître, mais elles s’obstruent àla longue par l’effet de la nutrition : l’écorce et lescouches annuelles du bois n’en contiennent jamais;les racines en offrent rarement.

Le procédé le plus simple pour les observer est debriser une jeune branche, ou de déchirer une feuille,ou même un pétale, sans secousse violente; commeles trachées se déroulent en restant attachées parleurs extrémités aux deux portions de la partie qu’ona divisée, il est aisé d’en reconnaître la structure.

11 y a des trachées à hélice double {fig- 12), tri-ple, quadruple, etc.

Les trachées sont si abondantes dans le bananier,qu’on a proposé de les extraire pour en fabriquerdes étoffes.

Les vaisseaux mixtes ( jig . 14) sont alternative-ment , dans leur longueur , percés de pores , fendustransversalement et découpés en tire-bourre ; cequi prouve que les quatre espèces précédentes nesont que des modifications les unes des autres.

Telle est la simplicité de l’organisation végétale,que souvent un même tube revêt successivementtoutes les formes que l’on vient de décrire en par-courant les différens organes. Ainsi, une trachée dela tige peut se terminer dans la racine en vaisseau,en chapelet, devenir fausse trachée dans le nœud si-tué à la base de la branche, parcourir celle-ci sous