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iniers , qui renferme aussi des arbres très-élevés,ont des racines courtes, tandis que la luzerne a sou-vent des racines pivotantes, longues de 3 à 4 mètres.
C’est parles ramifications déliées, que l’on nommeradicelles, que les sucs nutritifs pénètrent dans laplante. Un navet dont la pointe seule trempe dansl’eau, pousse des feuilles ; mais un navet dont lapartie moyenne plonge dans le liquide , tandis quela pointe est ù sec , ne fait aucun développement.
rour ne point s’affamer mutuellement, les racinesde plantes d’une égale vigueur ont besoin d’êtred’autant plus éloignées les unes des autres, que laterre qui les nourrit est moins substantielle.
La croissance des racines vivaces commence enautomne. A cette époque, les rayons du soleil sontsans force, les nuits deviennent froides, les feuilless’imbibent de l’humidité de l’atmosphère et trans-pirent peu, les sucs se cantonnent dans les partiesinférieures du végétal et les nourrissent ; mais aussi-tôt que le froid a pénétré la couche superficielle dela terre, la végétation des racines s’arrêtent ellene reprend qu’au retour de la belle saison : alorsl’extrémité de chaque radicelle se gonfle et formeun mamelon blanchâtre, qui s’allonge et se fortifiejusqu’à ce que les vives chaleurs de l’été, attiranttoute la sève vers les parties supérieures, en priventles racines et les épuisent. C’est par cette raisonqu’il faut récolter en hiver les racines vivaces quel’on recherche pour les propriétés médicinales.
Tant que la sève est en mouvement, l’oxigène del’air se combine avec le carbone de la racine et formede l’acide carbonique; les mucilages, les sels, lesgaz en dissolution dans l'eau sont aspirés par le che-velu ; l’acide carbonique contenu dans la racine ,soit qu’il y ait été formé par l’action de l’oxigène,soit qu’il provienne directement de la terre , s’élèvepar les tiges jusque dans les feuilles , où il est dé-composé.
On serait dans l’erreur, si l’on croyait que lechevelu choisit dans la terre les substances propresau végétal; il aspire tout ensemble l’eau avec lesmatières qu’elle tient en dissolution ; mais la suc-cion est d’autant plus considérable que les matièresétrangères altèrent moins la liquiditéde l’eau. Quandce liquide, chargé de substances solubles, acquiertune grande viscosité, la racine pompe fort peu et levégétal pâtit; quand au contraire l’eau est dans ungrand état de pureté, la racine pompe beaucoup ,mais néanmoins le végétal ne profite guère davantage.Cela nous fait sentir pourquoi les terres trop richeset trop pauvres sont également contraires à une bellevégétation.
11 faut un obstacle bien puissant pour empêcherla racine d’un arbre vigoureux de se porter dans unterrain substantiel situé à sa proximité : un mur,un fossé sont des moyens insuffisans ; elle perce lemur de part en part; elle s’incline et se relève ensuivant la double pente du fossé. On ne peut expli-quer raisonnablement ce phénomène qu’en admet-tant que l’humidité du sol porte des sucs de la bonneterre iusqu’à la racine, et détermine par ce moyenson allongement.
Les racines ont des excrétions particulières : laterre qui les environne est souvent noire et onc-
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tueuse. M. Brugmans dit qu’il a vu pendant la nuitdes gouttelettes sortir de la pointe des fibres radi-cales de quelques plantes mises en expérience. 11 as-sure même que ces excrétions liquides faisaient pé-rir les racines étrangères qu’elles touchaient, et cesavant, s’autorisant de ces observations , essaie denous expliquer par là le mystère des antipathies desplantes. Chose étonnante ! on connaît des espècesqui ne peuvent souffrir certaines autres espèces au-près d’elles. I.’ivraie nuit aux céréales ; le chardonhémorroïdal à l’avoine ; le pavot, l’euphorbe et lascabieuse des champs au lin ; l 'érigeron âcre au fro-ment ; le spergula arvensis au sarrasin ; l’aunée of-ficinale à la carotte.
Ce que vient de dire M. Mirbel sur les excrétionsdes racines des plantes avait déjà frappé Duhamel ,qui avait remarqué cjue de jeunes arbres plantés dansles mêmes trous dont on avait extrait de gros ar-bres, étaient morts ou demeurés languissans, et quelorsque les jeunes arbres étaient de la même espèceque ceux qu’ils remplaçaient, ils mouraient géné-ralement (V. advenues). On doit conclure de cettedernière observation que les excrétions des racinessont même plus nuisibles aux arbres des espèces aux-quelles elles appartiennent qu’aux espèces étrangères,et qu’il ne faut jamais faire succéder immédiatementdans un terrain une espèce à la même espèce : parexemple, le chêne au chêne. V. Succession de cul-ture.
Par sa position , la racine , plus froide pendantl’été , plus chaude pendant l’hiver cjue les partiesexposées à l’air, les préserve, selon l’occurrence, del’excès de la chaleur ou du froid; enfin, elle fixe levégétal au sol , et ce n’est pas sa moindre utilité.
En général, les plantes bulbeuses s’accommodentd’un terrain sec , parce que les bulbes ont la pro-priété d’attirer l’humidité atmosphérique ; les plan-tes à racines fibreuses se plaisent dans une terremeuble , parce qu’elles y étendent librement leurssuçoirs délicats ; les plantes à racines pivotantes, etsur-tout les especes ligneuses, peuvent végéter surun sol compacte, parce que leurs racines ont assezde vigueur pour en percer les couches.
Les terrains très-glaiseux sont mauvais , les ter-rains calcaires sont plus mauvais encore ; les terrainsde sables siliceux sans humus ne conviennent qu’àun petit nombre d’espèces; mais la silice, le carbo-nate calcaire , l’argile et l’humus, très-divisés etmélangés dans de telles proportions, qu’aucune deces substances ne domine, forment le terrain le plusfavorable à la végétation : la raison en est que cesol bienfaisant ne conserve ni trop ni trop peu d’hu-midité ; qu’il est perméable à l’air; qu’il est acces-sible aux moindres racines, et qu’il contient enquantité suffisante le carbone , principal aliment desvégétaux. i
On sait qu’une plante enlève à la terre, par lemoyen de ses racines, une partie des élémens quientrent dans sa composition ; que si cette plante estrécoltée au lieu de se détruire sur place, la terre,ne recevant pas ce qu’elle a perdu, s’appauvrit ; quesi son épuisement est extrême , il faut avoir recoursaux engrais pour lui rendre sa fertilité; mais ques’il reste encore dans le sol quelques substances nu-
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