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Tome second.
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seaux de cellules allongées, superposées les unesaux autres. Ces réseaux sont extrêmement reniât-quables dans le bois dentelle ; quand on les a dérou-lés , ils resseinblènt à un outrage fait à l’aiguille.Les couches corticales ne sont apparentes que dansun petit nombre de végétaux : elles sont produitespar les couches les plus extérieures du liber.

Le liber est, si l’on peut ainsi dire, une herbevivace , qui revêt la superficie du corps ligneux desarbres et arbrisseaux ; qui produit par son dévelop-pement les nouvelles racines, les nouvelles bran-ches , les feuilles , les fleurs et les fruits; qui s’en-durcit en vieillissant, et qui, au lieu de se détruireaprès la fructification, comme les herbes ordinaires,se change en bois et augmente la masse du corps lig-neux. Il est formé d’un plexus de cellules allongées,dont les interstices sont remplis de tissu cellulaire;macéré quelque temps dans l’eau, il se divise enlames réticulaires semblables aux couches corti-cales. Malpighi compare la texture du liber à celled’une étoffe : les réseaux représentent la chaîne , letissu cellulaire représente la trame.

Quand on enlève, au temps de la végétation, uneportion d’écorce d’un arbre vigoureux et qu’on ga-rantit la plaie du contact de l’air, on voit suinterincessamment de la superficie du corps ligneux etdes bords de l’écorce des gouttes gélatineuses, quigrossissent, s’étendent, se joignent, prennent de laconsistance, deviennent cellulaires, verdissent, reproduisent en un mot l’enveloppe herbacée. Cetteenveloppe rétablie , le liber se réorganise, et bientôtla blessure est guérie.

Les gouttes gélatineuses contiennent les premierslinéamens de l’organisation , qui se montrent sousl’apparence d’une substance fluide : c’est le cambiumde Grew et de Duhamel.

Dans l’ordre accoutumé, tant que dure la végéta-tion, le cambium suinte entre l’écorce et le corpsligneux et forme de nouvelles lames de liber , les-quelles remplacent celles qui se sont transforméesen bois, et réparent les pertes continuelles qu’é-prouve l’enveloppe herbacée, dont la lumière et l’airdésorganisent et brillent la superficie.

Au temps du repos de la végétation , la partie duliber, la dernière organisée, qui n’a pas subi detransformation, et qui par conséquent n’a rienperdu de Sa puissance vitale, demeure inactive entrele corps ligneux et les couches corticales, de mêmeque les racines vivaces dans le sein de la terre, jus-qu’au moment où la chaleur du printemps et la nonvelle sève lui rendent son activité.

La force vitale des plantes réside essentiellementdans le liber. Une bouture dépouillée de son liberne s’enracine point, parce que c’est le liber qui pro-duit des racines. Une greffe dépouillée de son liberne s’unit point au sujet, parce que l’union ne peuts’opérer que par le développement simultané, larencontre et la pénétration réciproques des deux libers.

Peu avant le développement des bourgeons, lors-que le liber, commençant à végéter, produit les pre-mières racines, l’humidité de la terre , aspirée jcette jeune herbe , s’élève dans les vaisseaux aiune force incroyable , quoique le végétal ne trans-pire presque point; mais lorsque les bourgeons se

sont allongés, et que le liber , commençant à s’en-urcir, n’exerce plus une succion aussi puissante ,l’humidité , pour monter dans le corps de l’arbre, abesoin d’être aidée par la succion et la transpirationdes feuilles et des rameaux.

Le liber endurci, de verdâtre qu’il était, devientblanchâtre et prend le nom d 'aubier.

L’aubier a la même organisation que le liber,seulement son tissu est plus serré, et les mailles deses réseaux sont plus allongées. Il est tenace , élas-tique ; il adhère fortement au bois, et constitue lapartie extérieure du corps ligneux.

La transformation du liber en aubier est prouvéepar l’observation microscopique et par l’expérience.Si l’on fait l’anatomie d’une branche à différentesépoques de son développement, on voit le passageinsensible des cellules molles, tendres et transpa-rentes du liber à l’état de cellules fermes , dures etopaques, qui composent la partie la plus considé-rable du corps ligneux. Si l’on passe un fil d’argententre l’aubier et une portion de liber, que l’on ra-mène les deux bouts de ce fil sous l’enveloppe her-bacée et qu’on les croise en boucle, après quelquesmois de végétation on trouvera que la boucle en-ferme de l’aubier et non plus du liber.

Le bois s’étend depuis l’aubier jusqu’à l’étui mé-dullaire : c’est la partie la plus dure de la tige. Unplexus composé de faisceaux de cellules allongées ,comparable à celui qui forme les réseaux du liber etde l’aubier, mais beaucoup plus serré et plus ferme,constitue la masse du bois. Ce plexus offre des cou-ches superposées les unes aux autres, qui se dessi-nent sur la coupe transversale en zones concentri-ques. Des vaisseaux, d’un diamètre quelquefois assezconsidérable pour qu’on les puisse voir sans le se-cours des verres grossissans , s’anastomosent et s’é-tendent dans la longueur du plexus, avec lequel ilssont intimement liés.

Les couches les plus internes sont les plus dures;mais le tissu de chaque couche prise isolément estd’autant plus solide et plus compacte , qu’il est plusvoisin de la circonférence , en sorte que la duréè detout le corps ligneux et celle de chaque couche enparticulier croissent en sens inverse.

L’augmentation de solidité de chaque couche lig-neuse de l’intérieur à l’extérieur provient sans doutede ce que la transformation du liber en bois danschaque couche, s’opère graduellement de la partieinterne à la partie externe, et que les sucs nutritifssont moins aqueux et plus substantiels à mesure quela saison avance.

Les mailles du plexus sont remplies de tissu cel-lulaire. Les parois des cellules ligneuses sont épais-ses , à demi opaques, souvent colorées, quelquefois-percées de pores. Les tubes sont des vaisseaux po-reux, ou de fausses trachées, ou même de simpleslacunes ; mais jamais ce ne sont des trachées. Ces ca-naux, qui portent la sève dans le corps de l’arbre ,sont tantôt dispersés isolément et comme jetés auhasard , tantôt groupés en faisceaux distribués avec,symétrie , tantôt rangés les uns à côté des autres enzones concentriques. Telle est l’idée générale queL’on peut prendre de la structure du bois.

Encore que la présence des vaisseaux distingue le