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bois de l’aubier, il est de fait que le bois a été au-bier avant de devenir parfaitement ligneux. Duha-mel a introduit des fils, d’argent dans des couchesd’aubier; quelque temps après , ce s fils d’argentétaient,'engagés dans des couches de bois. Le memepliysicién détacha d’un prunier un morceau d’écorceami de liber , il l’appliqua sur le corps ligneux’un pêcher, dont il avait enlevé un semblable mor-ceau d’écorce, et la greffe s’opéra. Le bois du pru-nier est rouge, celuj du pêcher est blanc. IL se formasous l’écorce du prunier une portion de bois rouge,qui se trouva enclavée insensiblement dans le corpsligneux du pêcher. Ces deux expériences sont con-cluantes : la première montre la transformation del’aubier en bois; la seconde prouve de rechef que leliber augmente la masse du corps ligneux par l’effetde la nutrition.
Lorsque le liber est converti en bois, il cesse decroître et de se développer. Dans cet état, il est com-parable aux herbes annuelles arrivées au terme deleur vie. Il y a pourtant cette différence, que le boisjouit durant long-temps d’une sorte de vie passive ;caries parois de ses vaisseaux et de ses cellules s’é-paississent peu-à-peu, et finissent même souvent parse fermer tout-à-fait ; ce qui ne permet pas de dou-ter que les sucs nutritifs ne pénètrent dans l’épais-seur des membranes , que de nouvelles molécules nes’interposent entre les anciennes , qu’en un mot ily ait encore nutrition et végétation.
Comme il se développe, chaque année , un nou-veau liber , il se forme ordinairement , chaque an-née, une nouvelle couche de bois. Voilà ce qui oc-casionne les zones concentriques qu’on observe surla coupe transversale du tronc , et par lesquelles onpeut connaître à-peu-près l’àge de l’arbre. Je disà-peu-près, parce que les vicissitudes des saisonsfont quelquefois qu’il se produit plusieurs couchesbien distinctes dans le cours d’une année , et qued’autres fois , dans un même espace de temps, cellesqui ont pu se produire ne se distinguent pas del’aubier. V. Duhamel.
Vous noterez , comme une conséquence de ce quiprécède, que les couches ligneuses les plus voisinesdu centre sont à-la-fois les plus anciennes et les pluscompactes.
Ces couches ne sont pas toujours parfaitementconcentriques ; elles n’ont pas toujours une égaleépaisseur dans toute leur circonférence : cela pro-vient souvent de ce qu’il se trouve une grosse ra-cine ou une grosse branche qui envoie d’un côté dutronc une plus grande quantité de nourriture. C’estpar cette raison que les arbres situés sur la lisièreries forêts ont leurs couches ligneuses plus épaissesdans toute la partie du tronc exposée à l’air.
Le spl a une influence marquée sur la qualité desbois des mêmes espèces; en général, le corps lig-neux est plusjendre dans les individus qui croissenten lieux humides. Quant à la différence que l’onremarque, entre les diverses espèces, elle tient à leurnature primitive, .Celles qui se développent aveclenteur, telles que le chêne, le buis, le gaïae, ontun bois dur et pesant; celles a» contraire qui pous-sent avpç rapidité , telles que le platane, le saule ,le peuplier , ontun bois tendre et léger. Cette loi, j
néanmoins, n’est pas sans exception : le cormier,par exemple, croît bien plus vite que le hàis, etpourtant son bois est presquo aussi dur. "
M. de Buffon propose, pour donner plus d@so-lidité au bois, et sur-tout pour faire passer pluspromptement l’aubier à l’état ligneux , d’écorberles arbres une année avant de les abattre; maisles forestiers allemands ont prouvé que le boistraité de cette manière résiste moins au choc , amoins d’élasticité , et est plus attaquable par l’hu-midité et par les vers. Sa solidité apparente pro-vient , selon toute probabilité , de ce que les fluidescontenus dans le tissu y sout devenus concretàlparl’action immédiate de l’air , de la chaleur et de lalumière. V. Ecorcement.
Les rayons médullaires , que beaucoup d’auteursnomment des insertions ou prolongemens médul-laires, parce qu’ils semblent être des appendices dela moelle, sont formés en général par le tissu cel-lulaire logé dans les interstices du plexus, dont leliber , l’aubier et le bois sont composés. Commfe latexture de ce plexus est celle d’une suite de réseauxà mailles correspondantes, le tissu qui remplit cesmailles se montre sur la coupe transversale en raybnsdivergens : de là lui vient le nom de rayons médul-laires. Les cellules des rayons s’allongent du cen-tre à la circonférence, c’est-à-dire que leur directioncoupe à angle droit celles des cellules du plexiis.Toutes ces cellules sont étroitement unies, et neforment qu’un seul tissu. Leurs cavités communi-quent par des pores quelquefois visibles. Au moyende ces petites ouvertures , les fluides peuvent seporter dans le tronc non-seulement de la base ausommet et du sommet à la base, mais encore ducentre à la circonlérence. Dans plusieurs arbres co-nifères, les rayons sont formés par des espèces decanaux horizontaux qui courent de la moelle à l’é-corce.
Le corps ligneux des racines des arbres dicotylé-dons ne diffère pas essentiellement de celui de latige , et il se produit de la même manière.
L’étui médullaire tapisse intérieurement la cou-che la plus centrale du bois. Il est formé de longsvaisseaux parallèles, qui s’étendent dans la longueurdu tronc; ce sont des trachées, de fausses trachéeset des vaisseaux poreux. Jusqu’ici les tiges dicotylé-dones n’ont offert les trachées qu’autour delà moelle,et on ne les a observées que très-rarement dans lesracines.
Dès l’instant que germe une graine pourvue dedeux lobes séminaux, l’étui médullaire s’organiseet sépare la moelle de l’enveloppe herbacée; il s’al-longe à mesure que chaque couche de bois se formeet s’étend : les trachées qui se déroulent quand onbrise une jeune branche appartiennent à l’étui mé-dullaire.
Un tissu cellulaire lâche, régulier, diaphane,placé au centre du tronc , constitue la moelle. On ydécouvre quelquefois des vaisseaux longitudinaux ,de longues lacunes pleines de sucs propres, et deslacunes transversales.
Le canal médullaire occupe un plus grand espacedans une tige molle et herbacée que dans une tigedont le liber est déjà converti en bois. La première