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s’imbibent eL la sève devient stationnaire, ou mêmeelle rétrograde dans les vaisseaux. De là résulte unesorte d'équilibre d'humidité entre l’atmosphère etla plante; mais il ne faut pas croire que cet équili-bre soit rigoureux, car la plante est un être vivant,et la vie, cause première de la succion et de La trans-piration , modifie sans cesse l’action des lois de laphysique.
Aux approches du printemps, avant la foliation,c’est-à-dire avant que les végétaux ligneux aientpris leurs leuilles, les vaisseaux sont gorgés de sève,et le premier effort de ce fluide nourricier fait ou-vrir les boutons et allonger les branches. A cetteépoque, lps végétaux 11e croissent pas encore enépaisseur; mais quand les feuilles sont développées,l’allongementdes branches s’arrête, et le tronc, aussibien que ses ramif cations , commence à grossir. Si,dans ces circonstances, on supprime les feuilles, lasève se porte vers les boutons, qui ne devaient bour-geonner que l’année suivante; ils s’allongent tout-à-coup, et la croissance en grosseur est suspendue.Des causes de ces phénomènes sont faciles à com-prendre ; les feuilles attirent continuellement lasève vers tous les points de la circonférence ; lesboutons ne l’attirent que vers les extrémités supé-rieures.
La suppression des feuilles suspend la transpira-tion, ou du moins la ralentit considérablement. Lesarbres transplantés pendant la végétation périssentpresque toujours, parce que leurs racines, meur-tries, déchirées, flétries, ne peuvent aspirer unesève suffisante pour fournir à l’énorme dépense desfeuilles, et que par conséquent le tissu se dessèche.Si donc , avant la transplantation, on supprime lalame des feuilles, la déperdition n’est plus, à beau-coup près, aussi forte, et les arbres non-seulementnu périssent pas, mais naèine «OMe^éleurs fruits. Lesboutons placés à l’aisselle des feuilles ne tardent pas àpercer, et les pétioles tombent d’eux-mêmes. Il estbon de laisser les pétioles en place, parce qu’ils dé-terminent une légère ascension de sève, qui aideau développement des boutons ; d’ailleurs il seraità craindre, en les supprimant, que la plaie faite auvoisinage des boutons ne leur devint nuisible.
Irritabilité, mouvement et sommeil des feuilles -
Si on abaisse l’extrémité supérieure d’une bran-che vers la terre, de manière que la face inférieuredes feuilles regarde le ciel, elles se contournerontsur leur pétiole, et reprendront la position qui leurest naturelle. Le palissage des-arbres, en été, donnefréquemment lieu à cette observation. Le retourne-ment des feuilles s’opère la nuit comme le jour;mais il est plus prompt à la lumière.
En général, la position des feuilles u’est pas pré-cisément la même pendant la nuit que pendant lejour. Cettedifférenceestbien marquée, sur-tout dansles plantes à feuilles composées avec articulation.
Quand le soleil se lève, les folioles de l 'acacias’étendent horizontalement ; à mesure que la cha-leur et la lumière deviennent plus vives, elles seredressent, et au milieu du jour elles pointent versle ciel; mais quand le soleil est sur son déclin,elles s’abaissent, et durant la nuit elles sont tout-à-fair pendantes.
Le contraire a lieu dans le baguennudier : ses fo-lioles s’élèvent aussitôt que l’obscurité remplace lalumière. Dans le même temps le pétiole principaldu mimosa pudica (la sensitive), s’incline sur latige; ses pétioles secondaires se rapprochent, etleurs folioles , dirigeant leurs pointes vers le som-met de la feuille, s’appliquent les unes sur les au-tres, comme les tuiles d’un toit.
D’autres espèces affectent d’autres positions:c’estce phénomène que Linné désigne sous le nom desommeil des plantes.
Les feuilles en cet état éprouvent une véritablecontraction ; si on essaie de les étendre, on sent unelégère résistance, et dès qu’on les abandonne àelles-mêmes, elles reprennent leur position.
La plupart des physiciens pensent que l’irritabi-lité organique est la cause de ce phénomène; niaisen même temps ils croient que certains agens exté-rieurs , tels que la chaleur et sur-tout la lumière,se comportent comme stimulans.
Chute des feuilles. —C’est une loi constante que,dans les êtres organisés, il s’opère, par suite de l’ac-tivité vitale, une solution de continuité entre lemort et le vif. On peut donc dire que la mort desfeuilles est la cause principale de leur chute. Le dé-veloppement des boutons , l’endurcissement de leurécorce , la formation du bois , en accélèrent l’épo-que; la chaleur, la sécheresse , l’humidité , les tri-mas, les vents , les brouillards, nuisent aussi à ladurée des feuilles.
Aux approches de l’hiver, les feuilles du sumacet de la vigne rougissent ; celles du noyer brunis-sent ; celles du chèvre-feuille bleuissent ; celles dupeuplier jaunissent : toutes prennent plus têt ouplus tard cette teinte uniforme et triste , connuesous le nom de feuille morte.
Une preuve que le froid n’est pas l’unique causede la mort des feuilles, c’est que, malgré la dou-ceur de la température , les chênes originaires denos climats, transportés au cap de Bonne - Espé-rance , et les vignes que nous cultivons dans nosserres, se dépouillent comme les chênes et les vi-gnes exposés à la rigueur de nos hivers.
Les arbres qui entrent en feuilles de benne heure,les perdent en général plus têt que les autres. Lesureau fait exception ; il est très-hâtif, et pourtantses feuilles tombent très-tard.
Les vieux arbres se dépouillent plus tôt que lesjeunes.
Les feuilles dont la base élargie adhère au pour-tour de la tige et l’embrasse, se dessèchent et se dé-truisent à la longue, mais ne tombent pas tout d’unepièce , comme les feuilles qui ne tiennent à la tigeque par un point.
Il est des espèces dont les rameaux sont chargésen tout temps de feuilles vertes et vivantes. Ces es-pèces transpirent peu ; elles abondent en sucs hui-leux et résineux ; l’épiderme de leurs feuilles estépais et dur; les filets vasculaires du pétiole et lesnervures de la lame acquièrent la rigidité du bois.Les pins , les sapins, les genévriers, les cyprès , lesthuyas, appartiennent à cette classe, et ont reçu spé-cialement le nom d’ordres verts. Ils habitent, près-