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sion. Si l’oa perce .jusqu'à la moelle le troue d’unpeuplier ou d’un ormo au temps de la ■végétation ,on verra la sève s’échapper des gros vaisseaux dubois, et particulièrement de ceux qui sont au voi-sinage du centre.Si l’on entaille un arbre, de sortequ'il ne reste dans une partie du tronc qu’un pe-tit cylindre ligneux qui établisse la communicationentre la base et le sommet, la sève continuera des’élever, et la végétation ne sera pas interrompue;mais si l’on été ^out le bois, et qu’on laisse seule-ment subsister l’écorce, la sève s’arrêtera, eti’arbrecessera de végéter.
De ces faits et de beaucoup d’au 1 res, on a tiré cetteconséquence, que la sève est cliarriée des racinesjusque dans les feuilles , ou des feuilles vers les ra-cines par les gros vaisseaux du bois , et notammentpar ceux cpii sont à la proximité de la moelle , etqu’elle se répand du centre à la circonférence parles pores et les fentes du tissu.
Si maintenant vous considérez la quantité énormed’humidité que les plantes absorbent dans le coursde leur vie, et que vous fassiez réflexion que l’eaucommune, loin d’être en parfaitétatde pureté , con-tient toujours diverses substances minérales en dis-solution , vous 11e serez pas surpris que les matièresvégétales donnent, par l’analyse, des terres, desalcalis, des sels, etc.
Au moment où la végétation recommence, bienavant que les feuilles soient développées, et que,par leur moyen , une abondante transpiration se soitotablie, la sève monte dans les végétaux ligneux;et comme elle n’a pas d’issue, elle remplit non-seu-leruent les vaisseaux du bois et de l’aubier, maissouvent encore tout le tissu cellulaire : c’est ce qu’onremarque , au printemps, dans le bouleau, dans lavigne, et autres végétaux très-riches en sève.
Quand les feuilles sont développées, la sève nemonte guère que par le centre , parce que les ra-cines, le tronc, les branches, les rameaux , ont unecommunication centrale, et que les gros vaisseauxdes feuilles aboutissent au cœur des rameaux.
Quelques physiciens ont cru que la sève circulaitcomme le sang, et par conséquent ils ont admisdes veines et des artères dans le système organiquedes végétaux ; mais l’observation ne confirme pointcette théorie. Le tissu végétal n’offre rien de sem-blable aux veines et aux artères; et lorsque l’onconsidère que le tronc d’un arbre dont on a retran-ché la cime, continue de végéter, on est forcé de re-connaître que la sève 11e circule pas à la manièredu sang.
D’autres ont imaginé que les racines envoyaientde la sève aux feuilles pendant le jour, et que lesfeuilles envoyaient de la sève aux racines pendant lanuit. Mais voici à quoi se réduit le phénomène :lorsqu’après une journée chaude et desséchante, sur-vient une nuit fraîche avec du brouillard, de lapluie ou de la rosée, l’air contenu dans la plante secondense, et les feuilles, au lieu de transpirer, ab-sorbent de l’air et de l’eau pour remplir le vide quise forme- Si ,.dajjs dë telles circonstances, on faitune entaille au tronc , la sève, qui sans doute fûtdevenue stationnaire du moment que les vaisseauxeussent été remplis, prendra son cours par la lèvre
supérieure rie la plaie , et les feuilles -alors tirerontbeaucoup plusdîeau que si Les choses, lussent, restéesdans l’état naturel. .Yb-...ci tn. ' Th sac.
La sève s’élabore dans les parties jeunes, et elleproduit les sucs propres et le cambium. onu <sd.
Les sucs propres remplissent quelquefois. les vais?seaux du bois et de l’écorce, et alors ils sont sotlmssaux mêmes mouveiuens que la sève, avec laqueUelUse confondent. D’autres fois, ils $e distinguent fortbien de la sève par la place qu’ils occupent-; ils.scuftcantonnés dans des lacunes de l’écorce et de.iemoelle; là, il 11e parait pas qu’ils aient de mouta»mens ascendans ou descendais. -* eupti-
Le cambium est le commencement d’une nouvelleorganisation. La sève , élaborée dans le* vaisseauximperceptibles de la membrane végétale^ la nourritet la développe. A sa naissance, le tissu meipbra*lieux, tout pénétré du fluide qui lhüimente, semblen’ètre qu’un simple mucilage, et c’est en cet ébatqu’il est nommé cambium, On juge bien que cittesubstance ne peut se déposer dans des vaisseaux pne-liculiers, et qu’elle n’a point de mouvement; maisla sève élaborée, qui développe le tissu, vient ducentre et du sommet du végétal. Sur le corps ligneuxdu tronc d’un cerisier, à l’extrémité des rayons mé.dullaires, Duhamel a vu le cambium se former engouttes mucilagineuses et régénérer l’écorce; etquand on fait une forte ligature sur le tronc d’unarbre dicotylédon, ou qu’on lui enlève nu anneaud’écorce, le suc qui se porte des branches vers le*racines, développe incessamment un bourrelet au-dessus du lieu, ou au bord supérieur de la plaie.
Si, dans le cours de l’année , les bords de la plaie,restant séparés, ne rétablissent point la communi-cation directe des racines parle tissu de l’écorce, labase du tronc se dessèche, les racines cessent de croî-tre, la succion diminue de jour en jour, eti’arbremeurt après 2 ou 3 ans «t’une vie languissante; carles fluides qui se portent du centre à la circonférence,ne sont pas assez aboudans pour nourrir la partie dnliber, située plus bas que la plaie , et pourdétermi-miner la formation de nouvelles racines.
Causes de la succion, de la transpiration et de lamarche des fluides. — Beaucoup de physiciens desdeux derniers siècles croyaient que la succion desvégétaux était une simple imbibition, et que leurtranspiration résultait uniquement de la vaporisationdes fluides par la chaleur. La succion des racines etdes feuilles, et la marche ascendante de la sèveétaient, suivant eux, le résultat de l’attraction ca-pillaire des tubes; mais cette hypothèse, et plusieursautres, tirées des lois générales de la physique, nerépondaient pas à cette grande objection, que, Bansles végétaux morts, on n’observe ni succion, nitranspiration, ni niouveinens réguliers des fluides,bien quer les formes organiques n’y diffèrent pointsensiblement de celles des végétaux en pleine végé-tation. 11 a donc fallu avoir recours à la force vitale,qui est pour le naturaliste ce qu’est l'attractionpour le physicien : un effet général auquel an rap-porte, comme 4 une cause première, tous les phé-nomènes particuliers qui concourent à le produire.
Nous dirons donc que la succion, la transpirationet la marche des fluides dépendent de la force vitale;