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Tome second.
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PIN

PIN

PILLES { BOIS ). Les bois pillés sont ceux quiont été coupés par les d£linquans.

Les adjudicataires doivent bure recéperi et ravalerle plus près de terre que possible les souches et étonsdes bois .pillés et rabougris. ,( Ord. de 1669 * tit.XV , art. 45 .)

PILOTAGE. Assemblage de plusieurs files etrangs de pieux , qné l’on fiche en terre par forcedans les eaux et lieux marécageux , pour assurerune fondation ferme et stable àun pont ou autre bâ-timent r^ii’on veut construire.

PIMENT ROT AL. Y. Gâté.

PIN , pinus. Genre de plantes, de la monoéciemonadelphie et de la famille des conifères, quiComprend des arbres résineux toujours verts , indi-gènes de l’Europe , de l’Asie et de l’Amérique , laplupart très-élevés et presque tous de la plus grandeutilité pour l’emploi qu’on fait de leur résine et deleur bois dan? la marine et dans les arts.

Caractères du genre. —Le pin a de grands rap-ports avec le sapin et le mélèze : c’est sans doutece qui a porté Linnæus à réunir ces genres en unseul. Cependant trois choses distinguent celui-cides deux autres; savoir, la disposition des chatonset des cônes , la forme des cônes et la dispositiondes feuilles. Dans le sapin et le mélèze, les cônessont solitaires ainsi que les chatons, et terminauxou épars sur la tige; dans le pin, les cônes sonttoujours terminaux , et les chatons rassemblés enune grappe également terminale. Les fruits ou cônesdu sapin et du mélèze sont composés d’écailles min-ces au sommet et concaves ; ceux du pin sont for-més d’écailles , élargies au sommet et taillées enpointe dediamant. Enfin le pin a les feuilles réuniespar la base , au nombre de deux à cinq, dans unemême gaine courte et cylindrique, tandis que cellesdu sapin sont solitaires , et celles du mélèze ras-semblées en grand nombre et par houppes sur untubercule de l’écorce. A ces différences près, lescaractères génériques du pin sont les mêmes queceux du Sapin et du Mélèze. "V . ces deux mots.

Les pins ne sont pas tout-à-fait aussi élevés queles sapins et les mélèzes ; ils n’ont pas, comme ceux-ci , une flèche proprement dite 5 pour s’élancer , ilsont besoin d’être serrés. Livrés à eux-mêmes, ilsétendent leurs branches à droite et à gauche en formede candélabre. Ces branches sont disposées par éta-ges autour de la tige , qui se dirige perpendiculai-rement vers le ciel ; les inférieures sèchent et tom-bent à mesure que l’arbre avance en âge. C’est tou-jours à l’extrémité des branches que viennent lesfleurs mâles des pins ; elles forment, par leur réunion,des grappes rouges, blanches ou jaunâtres. Lorsqueces fleurs s’épanouissent, ce qui a ordinairementlieu au printemps , il s’en échappe quelquefois unesi grande quantité de poussière prolifique , qu’ellecouvre non-seulement l’arbre auquel elle appar-tient , mais les corps voisins. 11 arrive même quecette poussière , qui est composée de globules infi-niment petits et comme soufrés , étant emportée auloin par les vents, tombe dans des lieux assez éloi-gnés de ceux où sont plantés les pins. Ce phéno-mène, qui est naturel, devient alors un sujet d’in-

quiétude pour le peuple, qui I4 prend pour unepluie de soufre, et en tire uujrçauvais; augure. Lesfleurs femelles du pin sont placées, tantôt à côté desfleurs mâles , tantôt ailleurs, mais toujours sur lemême arbre et vers l’extrémité dttt> jepitea branches.Elles sont réunies .plusieurs ensemble , et présen-tent dans beaucoup d’espèces une très-belle couleur.Chaque fleur a une écaille intérieure oblongue , enmassue , dilatée, inégale, anguleuse â son sommet,ombiliquée en dehors ; sous cette écaille et à sa baseparaissent deux ovaires , qui, après leur féconda-tion, sont changés en deux noyaux ovales, renfer-mant, chacun, une semence,et munis, chacun, d’unemembrane propre, qui les déborde en forme.d’aile.Ce sont ces petites noix recouvertes de leurs écail-les , qui composent, par leur assemblage, ce qu’onappelle les cônes ou pommes de pin. Ces fruits va-rient de forme et de grosseur, suivant les espèces;les uns sont en pyramide, le* autres ronds et ob-tus , d’autres longs et terminés en pointe ; ily en adedroits et de renversés. Ils restent au moins 2 ans surl’arbreavant d’ètre parvenus^ leur entière maturité.Les feuilles de tous les pins sont étroites, linéaires etplus ou moins longues , plus ou moins déliées etpointues. Leur nombre est prodigieux. Comme ellessont en même temps très-fines, elles présentent,dans leur ensemble, à l’air et au soleil une plusgrande surface que les feuilles de la plupart des au-tres arbres , et conséquemment elles pompent, dansun temps donné , une plus grande quantité de va-peurs fécondantes de l’atmosphère ; par la même rai-son, elles réfléchissent aussi plus de chaleur. On s’enaperçoit facilement en traversant, en été, les pi-gnadas des environs de Bordeaux : c’est le nomqu’on donne dans le pays aux grandes plantations enpins.

Les pins réunissent et offrent une foule d’avan-tages. Ils viennent dans plusieurs climats; ils crois-sent dans les terrains arides, dans le sable quartzeux,dans les sables gras et un peu humides, dams lesmontagnes, sur les côtes escarpées, calcaires, et qui,sans leur présence, seraient totalement stériles. Leurcroissance est accélérée; selon l’observation de Ya-rennes de Fenille, ils grossissent d’un pouce envi-ron par an : leur existence est fort longue, le pinsylvestre vit jusqu’à 3 et 4 siècles. Quand on coupeces arbres au pied, ainsi que presque tous les arbresrésineux, ils 11e repoussent jamais sur souche, maisils se renouvellent ou se multiplient abondammentdans les forêts par leurs semences. Les jeunes pinscroissent au pied des vieux et, protégés par leurombre, non-seulement réussissent à merveille, maiss’étendent, de proche en proche, dans tout le voisi-nage.

Tels sont les caractères principaux et les proprié-tés des pins, et les traits qui les distinguent des sa-pins. Je vais, suivant le plan que je me suis tracé ,présenter les dénominations polyglottes du pin engénéral, et quelques renseignemens historiques surcet arbre.

Dénomination. — 11 se nomme en grec konos etpinos , suivant Théophraste ; en latin, pinus ; enallemand , kiefer ; en anglais , pitié ; en espagnol eten italien , pino, Pinos a pour racine pion , qui veut