PIN
PIN
dire gra 9 , parce que les,arbres de ce genre fournis-sent la térébenthine ,’la poix, le goudron.
Histoire —Les naturalistes et-les poëtes de l’anti-quité nous dut laissé su t les pins des notions quirappellent les nombreux usages auxquels on lesemployait et> les Idées religieuses dont ils étaientl’objet. Théophraste, Pline, Virgile, Ovide , etc.,en ont parlé, et c’est de la réunion des faits vraisou imaginaires rapportés par eux que se composel’histoire de cet arbre cher les anciens.
Pline fait mention de plusieurs sortes de pommesde pin , et notamment de celle du pin sauvage, quel’on appelait pityida , du nom de la nymphe Pitys ,qu’on donnait aussi à l’arbre. Ce fruit était regardécomme un excellent remède contre la toux. Pi-
tyida vocant è pinastris , singularis remedii adver-sus tussim. (Plin. , lib. XV, cap. X.)
Les Romains se servaient, dans les premiers temps,de bardeaux au lieu d’ardoises pour couvrir leursmaisons; usage qui s’est conservé dans le Jura , lesVosges et plusieurs autres contrées. On y employaitle chêne, le hêtre et le pin. Cependant ce dernier,de même que les sapins, étaient alors regardéscomme étrangers dans les territoires voisinsde Rome ,ainsi que Pline le dit lui-même : Peregrinœ tum vi-
debantur . pinus atque abies ; mais ils étaient,
comme ils le sont encore aujourd’hui, abondans surles montagnes qui avoisinent l’Italie . La descriptionque cet auteur en donne, quoique peu rigoureuse ,fait connaître que les anciens distinguaient bien lespins, des sapins et des mélèzes. Le pinastre , dit-il,n’est autre chose que le pin sauvage ; il est d’unehauteur admirable : Pinaster nihil aliud est quampinus sylvestris , mira altitudine... Il croît sur lesmontagnes et dans les plaines : Gignitur et in p/a-nis... Le sapin-pcsseaime les montagnes et les lieuxfroids :Picea montes amat , atquefrigora... Il jettedes branches, pour ainsi dire, dès le pied et sur lescôtés ; elles ne sont point grandes : Picea ramipenèstatim ab radice modici, velut brachia , laleribusinhœrcnt. Le sapin pousse de même ; il est fort re-cherchépourla bâtisse des vaisseaux: Similiterabieti ,expetitce navigiis. Il croît sur les plus hautes monta-gnes : Situs in excelso montium....Le mélèze vientdans les mêmes endroits que le sapin ; il lui ressemblebeaucoup ; mais son bois est bien meilleur , pres-que incorruptible , rouge et d’une odeur plus forte.Sa résine ést assez abondante, de couleur de miel,très-gluante , et ne se durcit pobit : Quinto generisitus idem , eadem faciès : larix vocatur. Mate riesprcestanlior longé , incorrupta vis , mori contumax ;rubens pmterea, et odore acrior : plusculum huicerumpit liquoris , melleo colore , atque lentiore ,numquam durescentis. {Plin. , lib. XVI.)
Ces définitions suffisent pour distinguer les diffé-rentes espèces d’arbres qui en font l’objet.
Les pins et sapins sont les arbres des contréesfroides Ils spnt aussi communs vers le nord qu’ilssont rares vers l’équateur, et les espèces qu’on ytrouve ne croissent que sur les montagnes et dansles lieux les plus élevés. C’est dans la famille despins que se trouvent les plus grands arbres de la na-ture; plusieurs atteignent une hauteur extraordi-naire : ce sont les géans du règne végétal. Le pin de
W eimoutb, dans les Ëtats-lAiis d’Améritpie 1 , t’é-lève jusqu’à 180 pieds ; le^pin-daricio, sur les mbtt-tagnes de là Coree , élève quelquefois sa eime'jüi-qu’à j 5 o pieds, tandis que son troiiè en acquiert 24de circonférence; enfin , le mélèze, les sapins d’Eu-rope atteignent souvent 120 pieds de hauteur. Làvie de ces arbres répond , par sa durée:, 4 Leuri di-mensions gigantesques; le cèdre du Liban vit plu-sieurs siècles, et le pin sauvage peut vivre jusqu’à400 ans.
Les pins et sapins semblent être sur les Alpes undernier et puissant effort de 1» végétation,, aprèslequel elle n’a plus assez d’énergie pour proijpireautre chose que d’humbles arbrisseaux et d’a'utfesplantes basses et rampantes.
La substance résineuse, qui défend le bois des pinscontre l’humidité, les rend spécialement propres âtoutes les constructions qui doivent séjourner sousterre et dans l’eau. La tige droite et élevée de cesarbres les a fait adopter dès les temps les plus re-culés pour la mâture des vaisseaux.
Dont alios alice fœtus , daut utile lignumNavigiis pinos .
Vise., Georg. II.
Cet usage des pins était tellement consacré, quele mot pinus est quelquefois employé figurémentpar les anciens pour signifier un navire :
Cedet et ipse mari tector, nec nautica pinus
Mutabit merces .
Virg. , Bucol. IV.
Volât immissis cava pinus habenisInfunditque salum etspumas vorat are tiidenii-Valer. , Argon . I.
Le pin était, chez les anciens, consacré à Cybèle :on le trouve ordinairement représenté avec cettedéesse ; et lorsque les prêtres célébraient ses mys-tères , ils couraient armés de thyrses , dont les ex-trémités étaient des pommes de pin ornées de ru-bans.
La pomme de pin était aussi employée dans lessacrifices de Bacchus , les orgies et les pompes dece dieu.
Le pin était pareillement consacré au dieu Syl-vain; car celui-ci est souvent représenté tenant a lamain gauche une branche de cet arbre. Properce donne encore le pin au dieu Pan : il fût que le dieud’Arcadie aime cet arbre, et qu’on lui en fait descouronnes.
La lumière des éclats de pin enflammés éclairaittoujours les sacrifices mystérieux offerts à Isis ou àGérés, et les cérémonies expiatoires.
L’usage de brûler pour s’éclairer les éclats dedifférens bois était très-commun avant l’inventiondes chandelles et des bougies, qui ne remonte pasplus haut que le treizième siècle, et les habitans desmontagnes dans les pays du nord et en plusieurs au-tres contrées, s’éclairent encore avec des copeauxde pin. C’est ainsi que les paysans des hautes mon-tagnes du Dauphiné font, avec le bois du pin inu-gho , des torches qui brûlent très-bien. Ce bois estquelquefois si résineux, que, coupé en lames min-ces , il est transparent. C’est peut-être cette espèce