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quoique la graine d’épicéa soit plus anguleuse etaiguë,-la fraudé réussit souvent.
Quantités de semences à employer. — Ces quan-tités dépendent ctd là qualité de la graine , de la na-ture du terrain ët du mode des semis ; mai» dans tousles semis d’arbre»'• verts , il faut- se rappeler qu’ilsdoivent être plutôt serrés que clairs, parce qu’ilmeurt beaucoup de plants, et que dans tous lescas il vaut mieux éclaircir que regarnir. Pourque le terrain Soit bien garni, on doit compter, lapremière année, au moinsdeux plants par pied carrédans les bons terrains , et trois dans les antres. D’a-près ces données, il faut, lorsque la graine est bonne,employer par hectare ; savoir ,
i°. Dans les terrains et situations favorables ,i 5 kilogr. (.12 décoliti) de semences avec leurs ailes,ou 12 kilogr. {2 décalit. et demi) de semences sansaile» ;
2°. Dans les terrains et situations moins favora-bles , 18 kilogr.à >4 décalit.) de semences avecleurs ailes, ou 14 kilogr. (3 décalit.) de semencessans ailes;
3 °. Quand on sème en rayons, on n’emploie queles deux tiers des quantités ci-dessus.
Terrains , situations et expositions. —Le pin sau-vage se plaît particulièrement dans les terrains com-posés d’argile, de sable et de terre végétale, pro-tonds, un peu frais et dans les climats tempérés;mais il vient encore passablement dans tout autresol, même dans les plus mauvais fonds de sable ,pourvu qu’il y ait un peu de terre, et dans la craie11 11’y a que les fonds très-argileux , aquatiques etmarécageux qui ne lui conviennent pas. Il aime lesrevers des montagnes au nord, les terres de bruyèreet les plaines sablonneuses; mais quoiqu’il ne crai-gne pas les climats les plus rigoureux, et qu’il ydéploie une belle végétation, il a néanmoins beau-coup à souffrir, sur les hautes montagnes, de la pré-sence des neiges et du givre, qui s’attachent engrande quantité à ses longues aiguilles, et qui rom-pent sa cime et ses branches. IL est donc prudent dene le point cultiver dans les localités où ces acci-dens sont à craindre. A la vérité, il y vient bienpendant 3 o ou 40 ans; mais à cet âge, s’il arriveque les neiges le surchargent et l’étouffent, il serompt et dépérit, de manière qu’on 11e peut en tireraucune pièce de construction. Cependant il y a desclimats où l’intensité des froids de l’hiver est siconsidérable, que les gelées deviennent elles-mêmesavantageuses , parce qu’alors les neiges s’attachentmoins aux branches de l’arbre et glissent plus faci-lement. C’est dans ces climats qu’on trouve des ar-bres de longue durée , qui ne le cèdent guère en di-mension aux pins des climats tempérés.
Le pin sauvage est, parmi les arbres résineux,l’espèce qu’on puisse employer avec le plus de suc-cès pour mettre en valeur les sables qui se refusentà la production des bois à feuilles, ou pour proté-ger, dans Tes plaines exposées au soleil, l’enfancedes espèces du même genre qui ont besoin d’abri,Comme le sapin d feuilles d'if.
Dans le Hanovre et la Hollande, on emploie avecinfiniment de succès le pin sauvage pour améliorerdés bruyères et des landes où le bouleau même ne
Tome II.
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réussitpas. Ilne fautsouventpas plus de 4° k fio anspour rendre les terrains très-propres à recevoir dessemis dechénes et autres. On garnitaussi, du côté dunord-Ouest, les forêts de bois à feuilles d’un manteaude pins , afin d’empêcher que les vents qui viennentde la mer ne les détériorent. Ces vents, ainsi qu’onle remarque aussi sur les côtes de la France , détrui-sent petit à petit des forêts tout entières ; le mo^nde les préserver est de laisser des bordures fort épais-ses du côté de la mer ou d’y former des borduresde pins maritimes.
Epoques des semis. —Nous avons vu que les se-mences de pin sauvage étaient 18 mois à mûrir, etqu’elles ne s’échappaient naturellement des cônesqu’à la deuxième année, dans les mois de mars,d’avril et de mai. Cette époque de la dissémina-tion naturelle est donc celTe indiquée pour les se-mis industriels; cependant on peut semer dès l’au-tomne et de très-bonne heure au printemps, c’est-à-dire dès que les neiges sont fondues. M. Hartigassure, d’après un grand nombre d’expériences qu’ila faites, que les semis exécutés de bonne heure etmême ceux de l’automne, sont d’un succès plus as-suré que les autres, parce que les plants levant dèsles premières chaleurs, notamment dans les en-droits très-exposés au soleil, n’ont rien à craindredes gelées. Il parait que , dans les départemensméridionaux , les semis faits en novembre et dé-cembre sont aussi ceux qui réussissent le mieux.Quoi qu’il eu soit, on sème plus généralement auprintemps , depuis le commencement d’avril jusquevers le milieu du mois de mai : alors les nombreuxessaims d’oiseaux, qui font souvent un grand tortaux semis, se sont retirés ou dispersés; la terre con-serve encore sa fraîcheur de l’hiver, et les pluies,qui tombentordinaireinent en abondance, favorisentla germination et la levée de la semence.
Les semis du printemps lèvent un mois ou 6 se-maines après qu’ils ont été exécutés , et ceux del’automne dès les premiers jours du printemps;mais il 11’est pas rare que beaucoup de graines nelèvent que la seconde et même la troisième année :j’en ai vu des exemples dans presque tous les semisen grand que j’ai visités. Il arrive même que lors-qu’on couvre trop les semences , elles se conserventen terre 4 et 5 ans avant de lever, c’est-à-dire jus-qu’à ce qu’une circonstance les débarrasse de la sur-charge de terre dont elles sont couvertes. Il fautdonc bien se garder de remuer le terrain pour faireun nouveau semis, quand on ne verrait pas beau-coup de plants la première année.
Nous parlerons plus loin de la germination dessemences et de la croissance des plants.
Couvertures des semences. — La plupart des se-mis d’arbres résineux , et notamment du pin sau-vage, que l’on fait en France , où la culture de cesarbres n’est pas généralement bien connue , sonttrop recouverts, et c’est à cet excès que l’on doit at-tribuer souvent le défaut de succès dont on se plaint.J’ai vu beaucoup de semis qui Levaient mal et seu-lement par places, à cause de la trop grande épais-seur de terre qui recouvrait les graines. Il vaudraitmieux, dans les terrains meubles et les sables, nepas les enterrer du tout que de procéder de cette
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