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Tome second.
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PIN

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manière ; la réussite serait bien plus certaine. Ce-pendant on peut les recouvrir de l’épaisseur de 2 à3 lignes de terre , ou seulement avec de la mousse.

Abris. — Le pin sauvage est moins sensible, danssa jeunesse, aux geléeset à la sécheresse que le sapincommun ; cependant les abris lui sont nécessairespendant quelques années dans les lieux tout-à-faità découvert et exposés à l’ardeur du soleil. On luilui en procure en mêlant de l’avoine aux semences,ou bien des graines de genêt, d’ajonc et autres plan-tes , ou en semant dans des rayons de l’est à l’ouest,placés entre des plantations de topinambours.

De la germination des semences et de la crois-sance des plants. — Les cotylédons des pins sont fortdifférens de ceux des autres arbres ; ils se partagenten plusieurs lanières linéaires , ordinairement encinq, quelquefois en six, et plus rarement en septdivisions ; ce qui a fait penser à quelques botanistesque les pins et les autres conifères étaient des plan-tes polycotylédones. Ces feftilles séminales sont sur-montées d’un petit chapeau formé par l’enveloppede la semence, et qui tombe bientôt après la ger-mination.

Les premières feuilles qui paraissent immédiate-ment après les cotylédons sont simples, linéaires,longues d’un pouce tout au plus , garnies en leursbords de dents scarieuses, qu’on ne voit bien qu’àla loupe. Ces feuilles primordiales sont les seulesque portent les pins pendant les deux premières an-nées de leur vie. A la troisième, quelquefois mêmeà la seconde, on voit sortir des feuilles d’une autreforme, et telles que l’arbre doit les porter toujours;elles paraissent avec la nouvelle pousse : alors lesfeuilles primordiales, à l’aisselle desquelles les au-tres sont sorties, ne semblent plus être que des sti-pules, et elles finissent par changer tellement deforme, qu’elles ne ressemblent plus à ce qu’ellesétaient dans la première et la seconde année.

Ainsi, dans les pins il y a les feuilles séminalesou les cotylédons, qui paraissent d’abord, puis lesfeuilles primordiales, qui sont simples et durentpendant les deux premières années; enfin les feuil-les ordinaires de l’arbre , qui sortent deux à deuxd’une gaine commune pour le pin sauvage, et quine paraissent ordinairement qu’à la troisième année.Les feuilles séminales et les feuilles primordialesétant à-peu-près les mêmes dans les différentes es-pèces de pins , il est assez difficile de distinguer lesespèces dans un jeune semis , et ce n’est que lors-que les véritables feuilles apparaissent qu’on a uncaractère bien prononcé pour faire cette distinction.

Les pins croissent lentement dans leur enfance.La première année , ils ne poussent que le seul bou-quet de feuilles séminales dont nous avons parlé, etquelques feuilles primordiales. La seconde, ils don-nent un jet de quelques pouces ; à la troisième, onvoit paraître quelques rameaux, et la tige s’alonged’une manière plus sensible , ils ont alors un à 2pieds de haut; mais à la quatrième et à la cinquième,ilscominencentàpousseravec vigueur. Depuis 10 ansjusqu’à 5 o, 80 et même îooans, suivant les terrains,ils sont dans toute la force de leur crue. Leurs tigesprennent alors un grand essor ; chaque printemps ,elles s’élèvent d’un à 3 pieds. A un certain âge, la

crue se ralentit; mais quoique moins sensible, ellecontinue toujours, et les arbres ne cessent de s’é-lever que lorsqu’ils ont cessé de vivre, ou que lors-que quelque accident a rompu leur flèche. C’est encomptant cette flèche et les verticilles des rameauxqui entourent le tronc de distance en distance , quel’on connaît exactement l’àge des pins.

Lorsque l’accroissement en hauteur de chaqueannée est terminé, le plant pousse ses branches la-térales; la tige croit en grosseur jusque fort avantdans l’automne , et augmente le nombre et le vo-lume de ses racines. Celles-ci , comme nous l’avonsdéjà dit, s’enfoncent en raison delà profondeur duterrain , mais toujours plus que celles des autres ar-bres résineux ; ce qui donne aux pins une plusgrande solidité , et les met en état de résister bienmieux aux ouragans , lors même qu’ils sont isolésdans des coupes où on les réserve comme porte-graines.

Quand les jeunes pins sont écartés, ils étalentbeaucoup leurs branches, et ne forment jamais unetige droite et élancée; mais s’ils sont assez rappro-chés pour qu’à l’àge de 6 ans ils puissent se toucherpar leurs branches, on peut compter que leur ac-croissement en tous sens aura lieu dans les propor-tions convenables.

Dans cet état, les racines se multiplient pour pro-curer à l’arbre la solidité et les sucs nourriciers quilui sont nécessaires. D’un autre côté , il se débar-rasse des branches inférieures , qui périssent fauted’air; mais si les plants étaient trop serrés , ils nepourraient produire des racines suffisantes , et ilss’étoufferaient mutuellement. La nature donne plusquand , dans ce cas, on use plus modérément de sesdons. Il y a donc un juste milieu à observer pour ladistance qui doit exister entre les plants , toutes lesfois qu’il est en notre pouvoir de la déterminer ,sans cependant y mettre un soin minutieux.

Lorsque les arbres sont convenablement espacés,et éclaircis aux époques indiquées par la nature, ilsparviennent à une hauteur et à un diamètre consi-dérables.

A 100 et 120 ans, ils ont toutes les qualités quiles rendent propres aux grandes constructions et àune infinité d’usages, soit dans les arts, soit dansl’économie domestique; mais ils peuvent subsisteret croître pendant un bien plus long espace de tempslorsqu’ils se trouvent placés dans des circonstancesfavorables. On en a abattu qui avaient 180 ans, etdont la tige , portant 120 pieds de long, était par-faitement saine dans toute son étendue.

Des différentes manières de préparer les terrainset d’exécuter Les semis. — C’est toujours d’après lasituation , l’état et la nature du terrain qu’on doitse déterminer pour adopter telle ou telle méthodede culture; mais on ne doit point oublier que de tou-tes les espèces d’arbres forestiers, le pin sauvage estpeut-être celle qui exige le moins de culture et quise contente des plus mauvais terrains. Il 11’y a quele bouleau parmi les arbres à feuilles qui puisse luiêtre comparé sous ce rapport. (V .Bouleau.) Voici lesprincipales méthodes de culture pour le pin sauvage:

i°. Lorsque le terrain est en nature de terre la-bourable et trop ferme pour que la graine puisse s’y