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Tome second.
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PIN

PIN

goudron, pin à balais , etc. Il est désigné par Will-denow sous le nom de pinns palustris ; mais JM. Mi-chaux observe que cette dénomination donnant uneidée fausse de la nature du sol où croit cet arbre, ila cru devoir lui donner le nom de pinus australis.

Le pin austral s’élève, dans son pays natal, à 60et 7o pieds de hauteur; il acquiert de 3 à 4 piedsde tour, et sa grosseur est, à peu de chose près, lamême dans les deux tiers de sa hauteur. L’écorcedes branches est brunâtre; elle conserve long-tempsl’empreinte et les supports écailleux des feuillesaprès leur chute. Les feuilles sont d’un beau vert,luisantes, longues d’un pied et plus, réunies trois àtrois et placées à l’extrémité des branches. Les bour-geons sont très-gros, blancs, frisés et non résineux.Les fleurs mâles forment des chatons de près de 2pouces de longueur et d’une couleur violette. Lescônes ont une forme conique très-allongée ; leur lon-gueur est de 7 à 8 pouces. La partie saillante de leursécailles est peu élevée; mais elle est chargée en sonmilieu d’un mamelon terminé par une petite pointerecourbée en arrière. Leé graines sont surmontéesd’une aile qui a souvent plus de 2 pouces de lon-gueur; leur coque ligneuse est mince et blanchâtre,au lieu d’être noire, comme dans les autres pinsd’Amérique , et elle contient une amande d’un goûtassez agréable.

M. Michaux, dont l’esprit d’observation et l’exac-titude se font remarquer dans son Histoire desarbres forestiers de l’Amérique septentrionale , achangé l’opinion que quelques voyageurs avaientdonnée avant lui des qualités du pin austral. Onavait avancé que le bois de cet arbre pourrissaitpromptement, brûlait mal, etqu’on n’en faisait usagequ’à défaut de toute autre espèce de bois. Il paraitau contraire que ce bois a d’excellentes qualités etqu’on tire de l’arbre des produits précieux enrésine.

Le bois du pin austral, suivant M. Michaux, estpeu chargé d’aubier ; ses couches concentriques sonttrès-rapprochées et uniformément imprégnées dematière résineuse; ce qui lui donne pins de force,de dureté et le rend plus durable : il a d’ailleurs legrain fin et serré, et il est susceptible d’un beaupoli. On l’emploie à la bâtisse des maisons, et sur-tout dansles constructions navales, pour lesquelles ilest plus estimé qu’aucune autre espèce de pin. Dansles états méridionaux de l’Amérique septentrionale,on en fait la quille, les baux, les bordages, ainsique les mâts des vaisseaux. On le préfère, particuliè-rement pour le pont, au vrai pin jaune, pinus mitis,et on en exporte, pour ce seul objet, une assezgrande quantité dans les ports situés plus au nord.Débité en madriers et en planches, il fait aussil’objet de grandes exportations en Angleterre et auxcolonies des Indes occidentales.

On tire encore du pin austral presque la totalitédes substances résineuses qui servent dans la cons-truction des nombreux vaisseaux des Etats-Linis.Les produits de ce genre sont : la térébenthine, laraclure ou le ratissage, l’esprit de térébenthine, larésine, le goudron et le brai. M. Michaux fait con-naître les procédés employés pour l’extraction et lapréparation de ces produits. V. Résine.

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Cet auteur forme des vœux pour que le pin aus-tral soit propagé dans les landes de Bordeaux , parceque la température de cette partie de la France et lanature du sol conviendraient très-bien à cet arbre,et qu’il y réussirait beaucoup mieux que dans lesdépartemens qui sont plus au nord. Il serait d’unetrès-grande ressource pour la France , par son bois,que M. Michaux a trouvé supérieur en qualité àcelui du pin maritime et même du pin sylvestre, etpar ses produits très-considérables en résine.

La nouvelle édition des Arbres et arbustes de Du-hamel contient la description d’un pin à longuesfeuilles, pinus longifolia, qui, suivant un auteuranglais , sir Lambert, croît spontanément dans l’Jle-Bourbon et qui s’élève fort haut. On n’en fait pointconnaître les qualités ni les usages.

Pins à cinq feuilles.

Les principales espèces de cette classe sont lesdeux suivantes :

Le Fin cembko , pinus cembro , connu aussi parles différentes dénominations que nous avons rap-portées dans la nomenclature des pins, est un arbrequi croît naturellement sur les hautes montagnes del’Europe et en Sibérie ; on le trouve en France , dansles Alpes de la Savoie , du Piémont, du Dauphinéet de la Provence .

C’est un arbre dont la grandeur varie suivant lessituations où il se trouve ; cependant il ne paraîtpas qu’il s’élève jamais très-haut, et nous avons dela peine à croire , comme le dit M. Hartig , qu’ilparvienne à 80 pieds d’élévation lorsqu’il est très-avantageusement placé; car, d’après toutes les des-criptions qu’on en donne, le pin cembro ne dépasseguère la hauteur ordinaire d’un pommier. Sa crois-sance en général est fort lente , et ou dit qu’il luifaut de 120 à i 5 o ans pour fournir des pièces de ser-vice. Rarement prend-il une belle forme. Ses bran-ches sont étalées, parce qu’il croît toujours isolé-ment; son tronc est revêtu d’une écorce grise, fen-dillée et écailleuse. Ses feuilles, réunies au nombre decinq , rarement de quatre ou de six, dans une gaînecommune, etdisposéesautourdesrameaux, sont lon-gues de 2 à 3 pouces, fines et d’un vert très-foncé. Ilfleurit au mois de mai. Les fleurs mâles et les fleursfemelles ont beaucoup de rapport avec celles du pinsauvage. Les cônes mûrissent dans l’automne de laseconde année ; ils sont ovoïdes, de la grosseur d’unœuf de poule, d’une couleur rougeâtre, redressésvers le ciel, solitaires ou réunis deux à deux. Lapartie renflée de leurs écailles est peu saillante. Lesgraines, contenues au nombre de deux sous chaqueécaille, sont plus grosses que dans les autres espè-ces, excepté Je pin à pignon; elles ont d’ailleursbeaucoup de ressemblance avec celles de ce dernier.Elles sont dépourvues d’ailes, à angles obtus, re-couvertes d’une enveloppe ligneuse , de couleurbrune et delà longueur de 4 à 5 lignes sur autautd’épaisseur. Elles pèsent 8 livres par décalitre.

Le pin cembro habite les montagnes les plus éle-vées et les pays très-froids. C’est ordinairement ladernière espèce de pin ou de sapin que l’on trouvesur les Alpes , aux lieux constamment couverts deneige. Mais il prend peu d’accroissement dans ces

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