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Tome second.
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PIN

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situations très - rigoureuses ; il s’élève davantagedans celles qui le sont moins, sans cependant êtretempérées; car il paraît craindre une températuredouce, et il vient tort mal dans les pays chauds. Lesol qui lui convient est un terrain graveleux, mêlede terre végétale, un peu frais, et assez profondpour qu’il puisse y enfoncer ses racines et se fortiliercontre les vents auxquels il est exposé.

On ne èultive guère le pin cembro dans les pépi-nières, à cause de la lenteur de sa croissance, etpeut-être aussi parce qu’il y craint, comme toutes lesplantes des Hautes-Alpes , les gelées du printemps.Il paraît qu’il commence à devenir rare sur le som-met des Alpes , où les bergers le coupent pour sechauffer. Il serait important de faire des semis decot-arbre dans ces régions élevées, qui, sans la res-source du chauffage, deviendraient inhabitables. Lesgraines ou noix ne se conservent que pendant unan ; il faut donc les semer en automne aussitôt aprèsla maturité, ou dès le commencement du printemps.Mais la première saison est préférable, parce quedans les lieux élevés le sol n’étant débarrassé desneiges que dans le mois de mai, les semis du prin-temps lèvent trop tard.

Comme les semences sont un peu grosses, on doitles recouvrir d’environ un demi-pouce de terre. Lessemis d’automne lèvent au printemps, et ceux decette dernière saison, cinq à six semaines après qu’ilssont faits.

Les arbres de cette espèce ne sont jamais réunisen massif de forêt, ils croissent isolément, il n’y apoint de règles fixes pour leur exploitation.

Le bois du pin cembro est blanc , très-tendre , fa-cile à couper et à travailler. Dans les pays où ils’en trouve des échantillons assez forts, on l’em-ploie à la charpente , et suivant M. Hartig , il durelong-temps dans les constructions à sec. Les menui-siers l’emploient de préférence à d’autres bois, parcequ’il a le grain tendre; ils en.font des boites, descoffres, des caisses, etc. : les sculpteurs le recher-chent aussi, et les bergers de la Suisse et du Tyrolen font divers ouvrages, de petites figures d’iionmieset d’animaux, qui se vendent comme joujoux d’en-fans.

Il parait que la nature du sol influe beaucoup surla qualité de ce bois ; il est très-résineux et odorantsur les Alpes, tandis qu’il l’est très-peu dans la Si-bérie , où , suivant Ginelin, il n’habite pas les mon-tagnes et ne se trouve que dans les plaines , dans leslieux marécageux et jamais dans les terrains secs. Là,il s’élève bien droit, assez haut, et devient souventplus gros que le corps d’un homme. Dans les can-tons où il est très-commun, et dans les années où ilrapporte beaucoup de fruits, les paysans en récol-tent les noyaux, qu’ils vendent à très-bas prix.

Les amandes sont d’un goût agréable, bonnes àmanger et très-nourrissamtes. Les habitans des Al-pes , etsur-tout les pâtres, les recherchent; mais ellessont très-difficiles à éplucher, à cause de la dureté,de leur coquille. On les emploie en médecine dansles mêmes cas et préparées de la même manière queles pignons doux, avec lesquels elles ont des pro-priétés communes. Ces semences sont aussi riches enhuile que celles du pinier et plus qu’aucune autre

semence. O11 dit qu’elles donnent 5 onces d’huile parlivre, tandis que la graine du lin n’en donne que lamoitié de cette quantité ; mais-lu difficulté de broyerl’s noyaux rendra toujours -cette^iuile assez <clière.En Sibérie , les gens riches en font foire jionr sUnservir dans le carême et dans Les temps de jeune :elle a une saveur agréable quand elle est fraîche;mais elle rancit promptement.

Gmelin, dans sa Flore de Sibérie , fait mentiond’une variété de pin cembro, qui 11’est qu’un ar-brisseau , et dont les fruits sont deux fois plus.petitsque dans l’espèce principale. Cet arbre posséderait àun grand degré la propriété antiscorbutique; car,suivant le même auteur, deux équipages tout entiersattaqués du scorbut en auraient été guéris par l’u-sage qu’ils en firent. 11 est probable que c’est en bu-vant la décoction des jeunes pousses de cet arbris-seau, car dans toutes les espèces de pins elles sontpuissamment antiscorbutiques : aussi tous les navi-gateurs anglais en donnent à leurs équipages.

Le Pin de Weimouth ou Pin du lord, Pinblanc, Pin de la Nouvelle-Angleieiike , pinusstrobus {PL XX , jig. 4 ), a été introduit en Eu-rope et cultivé en Angleterre par le lord Weimouth,dont il a pris le nom. Cet arbre est indigène de l’A-mérique septentrionale, où il est commun, dans leCanada et les États-Unis , sur-tout entre les 43 e . et47 e . degrés de latitude. C’est le plus grand de tousles pins connus jusqu’à ce jour. M. Michaux en amesuré un en Amérique , qui avait i 5 o pieds d’élé-vation et i 3 pieds et demi de circonférence. On ena vu, suivant le même auteur, qui, étant parvenus àleur plus grande élévation, avaient x8o pieds delongueur et de 18 à 20 pieds de tour. Cet arbre s’é-lèvebien droit et forme une belle pyramide; sontronc, dans les premières années de sa vie, est re-vêtu d’une écorre lisse et unie; ce n’est que dans lavieillesse qu’elle se fendille et devient rude; sur lesjeunes branches elle est toujours d’un gris cendré,très-lisse, même luisante et entièrement dépourvued’écailles. Ses feuilles sont fines et déliées, d’un vertun peu foncé, longues de 3 à 4 pouces , réunies aunombre de cinq, disposées autour des rameaux demanière à former 1111e double spirale, moins persis-tantes que dans les autres espèces ; car il n’y on ajamais que de 2 ans sur l’arbre, et à la fin de l’hiver iln’y a plus que celles de ladernière pousse. IL fleurit àla fin de mai et au commencement de juin. Les cha-toris mâles sont de couleur jaune, disposés en grappeserrée à la base des jeunes rameaux. Les chatons fe-melles sont situés à l’extrémité de ces rameaux, re-dressés, et de la longueur de 4 11 5 lignes. Les fruitssont des cènes oblongs, presque cylindriques, unpeu arqués, de 4 à 5 pouces de longueur sur 9 à10 lignes de diamètre; ils sont pendans, portés surdes pédoncules assez longs, rarement solitaires, sou-vent disposés deux ou plusieurs ensemble en unesorte de verticille. La partie saillante de leursécailles est arrondie, plus mince que dans les autrespins, cependant un peu renflée; elle reste verte pres-que jusqu’au moment de la maturité. Ces Iruits mû-rissent plus tût que dans les autres es[>èces ; ils s’ou-vrent dès Les premiers jours d’octobre, pour laisseréchapper leurs graines, environ 16 mois après la