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Tome second.
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SAF SAP 77Ô

des sapins sont, éparses, sur toutes les brandies, so-litaire^» dépourvues de gaine particuliè'fe à leürbase, plus courtes que cellés dés.pins, et Jes écfulfcqsde leurs fruits spnt ^mincjes et arrondies à leur som-met. teVpins-^ au jc6ï(fraare, ont les feüilles.réu-nies déux a deux gu éti plus grand nombre, par l'abiase. dans une gsjîne commune, et les écailles descônes, ont le.sommet épais et élargi en tous sens.Enfin, les Fruits dés sapins mûrissent dans le côurs(T^iiiiç anfyéè., . ,

Beaucoup de Français ’ et même quelques fores-tiers appellent sapins tous les arbres résineux, pinssapins et: mélèzes, et semblent confondre dans leinemé genre, ces différentes éépêçës. Il est vrai queLinné n’en‘ avait lait qu’un geuréj mais par une op-position toute contraire, il avait', réuni ces espècesdans le genre pin.. Ainsi on appelle vulgairementsapins tous les arbres que le botaniste suédois dé-signait par la dénomination générique de pinus, pin.

11 est temps de faire disparaître du langage fo-restier 1 des désignations générales, qui induisenten erreur. 11 faut employer les dénominations spé-cifiques, lès seules qui ne laissent point de vaguedans les idées; et cette obligation est de rigueur,tant pour les arbres à feuilles que pour les arbresverts. Mais ce n’est qu’en étudiant les caractères gé-nériques et spécifiques des arbres, que les forestiersparviendront â lès bien connaître et à leur appli-quer leurs véritables noms.

Caractères du genre.' — Fleurs monoïques : fleursmales disposées en chatons composés de petitesécailles membraneuses en forme de bouclier, atta-chées le long d’un ase commun ; deux anthères ses-siles à une loge sous chaque écaille. Fleurs femellesen chatons; bractées nombreuses, adhérentes à unaxe central ; autant d’écajlles persistantes, coriaces,amincies au sommet; deux ovaires, qui deviennentdeux noix monospermes à une loge, terminées parune aile membraneuse et placées l’une à côté del’autre sur la face supérieure de chaque écaille.Feuilles solitaires, persistantes.

Dénomination. — Pline appelle abies l’arbre queThéophraste appelait elatê en grec, et il paraît bienconstant que c’est notre Sapin commun, abies taxi-folia; Car lé pin", l’épicéa ou le pesse et le mélèzesont désignés, dans F Histoire naturelle de Pline, pardes noms distincts. Calepin, dans son Dictionnaire,

11 ré sente les étymologies données par plusieurs au-teurs : le mot grec elatê dériverait à'elao, je pousse,je produis, je prolonge, et le mot latin abies déri-verait àlabea, parce que cet arbre tend toujours às’élever : Quàd in altitudinem longiùs eat quamcceterce arbores.

11 se nomme en allemand tanne; en anglais ,fir-tree i en italien, abete ; en espagnol , abeto.

Quant au sapin-pesse, ou épicéa, ou picéa,en latin picea $ en allemand , fichte ; en anglais ,pitch fir, l’étymologie de ses noms n’est point dou-teuse : elle vient de la poix-résine qui découle decet arbre.

Histoire. — Le sapin commun ou le picéa étaitemployé chez les anciens à un grand nombre d’u-sages. Pline en pasle dans plusieurs endroits : il ditqu’on préférait le sapin au mélèze pour la mâture

des vaisseaux, à cause de sa légèreté : ïïavium malisaniennl^qiiè prOpter levitatcm prafertut abies (1);tpitr le Sapin et lu picéa aiment les montagnes (à);qu’o^j employait le picéà dans les cérémonies funè-brôs'^en mettant une branche dé cet arbre à la portedes maisons où il y avait un mort; qu’on le faisaitservir tout vert pour les bûchers ( 3 ) ; que le picéadonne une grande quantité de résine qu’on distingueà peine de l’encens... ; qu’on fait avec le bois de cetarbre des poutres et autres ouvrages, mais qu’il estbien inférieur à Celui du mélèze, qui est plus beau,de longue durée, presque incorruptible, et qui sedistingue par sa' couleur rouge et une odeur plusforte : Picea montes amat atque frigora fèralis ar-bor, et funebri indicio ad fores posita, ac rogis vi-rons . Hmc plurimam resinam fundit interne-

mente candidâgemma, tam simili thuri, ut mixtevisu discemi non queat..... 'Materies veto pnecipuatrabibus et plurimis vitce operibus.... Materies \la-ricis) prcestantior longé, incorrupta vis, mori con-tumax , rubens prceterea et odore acrior. ( Plin. ,lib. XVI ^ cap. X.) Le même auteur établit ensuitedes distinctions entre les diverses espèces de sapinset le mélèze ; mais elleé sont en général peu pré-cises. Dans le cliap. XI, il indique la manière depréparer les différentes sortes de poix et de résinedont on faisait usage de son temps, et il parle enpremier lieu de la torche qü’on préparait avec la ré-sine du torche-pin, pinus tarda.

Il parle aussi , dans le chap. XL du même livre,d’un sapin qui formait le mât d’un vaisseau , sur le-quel l’empereur Caligula fit apporter de l’Egypte à Rome un obélisque, qui fut élevé dans le cirquedu mont Vatican . Ce mât avait quatre brasses detour, et, snivant le même auteur, de pareils mâtscoûtaient jusqu’à 80,000 sesterces, ou 800 fr. mon-naie de France .

Les anciens employaient aussi le sapin pour fairedes javelots, ainsi que le témoignent ces vers deVirgile :

. Cujus apèrtum

jidversi longâ transverberat abiele pectus.

ESPÈCES.

i°. Sapin commun, ou sapin blanc, sapin enpeigne, sapin argenté, sapin de Normandie , sapinà feuilles d’if, abiespectinata (Decand. ), abies vul-garis (Poir.), abies alba (Mill.), pinus picea (Lin.),abies taxifolia (Tourn.), pinus abies (Duroy ); enallemand, tanne; en anglais , silver leavedfir-tree.

2°. Sapin picéa , ou pesse, pèce, épicéa, épicia,arbre à poix, sapin élevé, sapin de îVorwège, faux

( 1 ) C’est ce qui a fait dire à Virgile :

Casus abies visura marinas.

Georg. , lib. II,

Et à Claudien :

Apta frclis abies .

(a) Populos in fluviis, abies in montibus altis.

VlKOl , JEtl. VII.

(3) Virgile indique cet usage en décrivant les funéraillesde Mi sène :

Procumbunt picece .

AE»., lib. VI.