SAP
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sapin, -aerente, appelé dans les Vosges sapin gentil,piuease, la fie, du mot allemand fichte, abies picea (MiU.^/>mos abies f Lin..), pin os picea {Doroy habies excelsa ( Poir. ); en allemand , jichte ; en an-glais j coaimou pitchfir.
espèces d’Améhkjce.
3 W . Sarin baumier de Giléad , ou baumier deGiléad , sapin balsamique, abies baIsamea (Mitl. ),pinus baisamea (Lin.); en allemand , gileadsckehalsam tanne; en anglais , gilead Jir.
4°. Sapin henlock sprucb, sapin ou pesse duCanada, sapinette du Canada , épinette blanche dela Nouvelle-Angleterre , abies canadensis (Mich.;,pinus canadensii (Lin. ); en allemand , nordameri-canische weisse Jichte; en anglais , newfbundlandwhite spruce.
5 °. Sapin noir, épinette noire du Canada , 01épinette à bière , ou sapin double, abies nigra(Poir.), pinus rubra ("VVilld.), pinus mariana (l)u-roy); en allemand , nordamericanische schwarzcfichte ; en anglais , black spruce.
6°. Sapin blanc, sapin du Canada (Mill.), sa-pinette blanche, abies alba (Mich.'; en anglais ,■whitd ( single ) spruce.
Les deux premières espèces étant indigènes àl’Europe et très-répandues dans nos forêts, nousnous en occuperons plus particulièrement.
Le Sapin commun ou argenté (V. à l 'Atlas,PL XXII, fig. 4 ) est un grand arbre toujours vert,de 1 forme pyramidale, dont la tige s’élève bien droiteet parvient jusqu’à la hauteur de îoo à 120 pieds,et dont le tronc acquiert de 9 à 10 pieds de circon-férence. Il dépasse souvent ces dimensions dans leslieux qui lui conviennent et dans les forêts soumisesà un bon système d’exploitation.
On trouve dans les forêts de l’Allemagne exploi-tées par éclaircie des sapins dont la tige a jusqu’à160 pieds de haut et 18 pieds de tour à leur base,et il n’est pas rare d’en abattre qui, à la hauteur de80 pieds, ont encore 12 pieds de circonférence. Cesénormes dimensions ne se rencontrent cependantque dans les Individus de 3 oo ans qui font partiedes réserves. Los besoins de bois de charpente et dechauffage, qui se font sentir dans ces contrées commeeh France , ont forcé de restreindre à 100 ou120 ans la durée dea aménagemens dans les forêtsde sapins, et à cet âge ils ont acquis les qualités quiles Tendent propres à tous les usages.
Cet arbre est indigène à l’Europe , et il croît na-turellement sur les montagnes élevées de la France et dans le Nord. On en trouve de vastes forêts dansles Pyrénées, les Alpes, les Vosges, le Jura , l’Au-vergne , les bords du Rhin, et en Suisse, en Alle-magne, en Suède, en Ecosse, en Russie et en Si-bérie ; il croît aussi dans le Levant. Tournefort faitmention, dans ses Voyages, de sapins qu’il a vussurle mont Olympe , et il en parle comme des plusbeaux arbres de l’Orient. Cet arbre est cultivé danstoutes les paîties de la France , et notamment enNormandie , dans les habitations rurales.
lje sajiin commun se distingue facilement dès au-tres arbres résineux. 11 pousse une racine principalecl'un grand nombre de racines latérales, qui s’éten-
dent au loin et fortifient l’arbre contre les coups devent; tandis que l’épicéa, dénué d’tm appui aussi so-lide, est facilement renversé. Souvent le» racines dusapin courent sur la surface des rochers, à une longuedistance, et s’implantent dans les fissures de ces ro-chers.
Son tronc est revêtu d’une écorce blanchâtre et as-sez unie dans sa jeunesse, grisâtre et crevassée dansun âge plus avancé; celle intérieure est d’un rougebrun et chargée de résine.
Les branches sont disposées par vprticilles assez ré-guliers autour de la tige, ouvertes, étalées horizonta-lement, peu étendues comparativement à la hauteurde l’arbre; elles se divisent en rameaux le plus sou-vent opposés, qui ont aussi une direction horizontale.
Les feuilles ou aiguilles sont disposées en peignedes deux côtés des jeunes rameaux, mais seule àseule, posées très-près les unes des autres, presquehorizontalement, et formant un double rang dechaque côté. Elles sont étroites et cependant pluslarges que celles des antres arbres résineux, d’envi-ron 9 lignes de long, planes, fermes, coriaces, nonpiquantes, légèrement échancréesversla pointe, d’unbeau vert luisant en dessus, et marquées en dessous dedeux raies blanches et profondes et de trois nervuresde couleur verte.
Les fleurs paraissent dans le mois de mai : lesfleurs mâles et les Heurs femelles sont séparées surle même pied , et ordinairement placées vers la rimede l’arbre. Les chatons mâles sont isolés un à unentre les aisselles des feuilles, mais très-rapprocliésles uns des autres et disposés en grand nombre versl’extrémité des rameaux de l’année précédente. Ilssont ovales, partagés dans leur longueur par unerainure profonde , formés de petites écailles roussâ-tres, sous chacune desquelles se trouvent deux an-thères couvertes d’une poussière jaune. Les fleurs fe-melles, qui, dès l’hiver, se présentent sous la formede boutons arrondis, forment des chatons presquecylindriques, d’une couleur rougeâtre, disposés dedistance en distance, au nombre d’un , de deux oude trois, vers l’extrémité des dernières pousses. Ilsont leur pointe dirigée vers le ciel, ainsi que le'cônèqui leur succède, et qui, dans la même année, ac-quiert de 4 à 5 pouces de long sur »8 à 20 lignesd’épaisseur. Il est formé d’un grand nombre cl’é-caiiles plus larges que longues, imbriquées etsçrréesles unes contre lésautfes, portant sur leur dos et àleur base une bractée oblonghe, élargie dani s'a par-tie supérieure, terminée en pointe aiguë, assA'Iqn-gue et assez ordinairement réfléchie. Les trôisquarts de cette bractée sont cachés sous les écaillès;mais la partie supérieure est saillante et* Surpassetoujours plus on moins celle-ci. Sous chaque'écailleet vers sa base sont deux semences assez grosses,ovales, anguleuses, aplaties, obtuses, de couleurbrune à l’époque de la maturité, et garnies d'uneaile membraneuse, large et longue, qui enveloppepresque les trois quarts de la graine. Elles renfer-ment une amande blanche et un germe vert, et sontremplies d’une huile résineuse d’une odeur balsa-mique très-prononcée.
Les cônes mûrissent vers la fin de septembre,c’est-à-dire 5 mois après leur fécondation, et iis