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Il est pourvu d’une grande quantité de racines, quis’enfoncent peu; sa tige, qui se divise en nombreuxrameaux élancés, cassans et d’un jaune verdâtre,est revêtue d’une écorce cendrée et finement ger-cée. Les feuilles sont alternes, ovales ou arrondies,un peu aiguës ou acuminées , glabres ou légèrementpubescentes, et rudes en dessus, blanchâtres et co-tonneuses en dessous, ondulées et un peu créneléesà leurs bords, quelquefois entières, longues d’en-viron 3 pouces sur 2 pouces de large , et portées pardes pétioles d’un demi-pouce, tomenteux et munis,dans leur jeunesse, de stipules velues, arrondies ettrès-caduques.
Les fleurs paraissent dès la fin de l’hiver , un peuavant les feuilles; elles sont réunies en chatons al-ternes; les chatons mâles sont courts, 11’ayant qu’en-viron un pouce de long, ovales, épais et de couleurjaune; les chatons femelles sont presque une foisplus longs , cylindriques, moins serrés, tomenteux,pédonculés, et de couleur verte lors de leur déve-loppement. Les capsules mûrissent sur la fin de maiet dans le mois de juin , époque à laquelle la se-mence , enveloppée d’une bourre de coton blanc, estemportée au loin par le vent.
Culture■
Le saule-marceau, l’un des bois blancs les plusutiles dans les cultures forestières , sur-tout quandil s’agit de peupler des terrainsjde mauvaise qualitéet de protéger la croissance des bonnes essences , semultiplie de semences , mais principalement de bou-tures et de marcottes, comme toutes les espèces desaules. Cependant on n’emploie ces derniers moyensque lorsqu’on ne trouve pas dans les forêts les plantsdont on peut avoir besoin.
Terrains , climats et situations. — Cet arbrecroit très-rapidement et vient dans toutes sortes deterrains et de situations qui puissent nourrir uneespèce de bois quelconque : on le voit croître dansles sables les plus arides , les argiles les plus tenaces;dans les craies de la Champagne , où depuis quelquesannées on le plante beaucoup; dans les marais fangeux, et par-tout il donne des produits plus impor-tans que ta plupart des autres cultures qu’on pour-rait lui substituer; cependant c’est dans les terrainsfrais et gras qu’il fait le plus de progrès, et là ildonne des pousses si considérables, que lorsqu’il croîten futaie, il est nécessaire de le couper souventpour empêcher qu’il n’étouffe les bois durs.
Semis. — Quoiqu’on fasse peu de semis demarceau, on peut cependant les exécuter avec suc-cès. 11 faut répandre les semences sur une terre fraî-che, et convenablement préparée par des labours et
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un bon hersage , et se, contenter de les mêler à la
E urface du sol avec le râteau. Si l’été est pluvieuxt lç sol çoHstanjmqmt hupiide, les plants acquer-ront de 6 à 8 pouce* de haut dès la première année ;mais s’il est sec. et, le terrain aride, il n’en lèverapoint. Pour parer àcatinconvénient, dit M. Bosc,on sème la graine du saule-marceau dans une pépi-nière , à portée de l’eau ; on la couvre d’une légèrecouche de litière ou de mousse, et on l’arrose dansle besoin. 11 est certain qu’ainsi traité il lèveraabondamment et que, dès la seconde année, ilaura acquis 2 ou 3 pieds de haut, et par conséquentpourra être transplanté à demeure.
Plantations. Les plantations se font soit avec desboutures ou des marcottes, ainsi que nous l’avonsexpliqué dans le commencement de cet article eten parlant des peupliers, soit avec des plants depépinières, soit enfin et le plus souvent avec ceuxqu’on extrait des forêts. On les place à 3 pieds entous sens, lorsqu’on ne plante que du marceau;mais il convient de mélanger cette essence avecd’autres bois, tels que du bouleau, du frêne, et,mieux encore, des bois durs, si le terrain peut ennourrir. Les boutures et les marcottes donnent desarbres moins vigoureux et moins durables que lesplants de semences, et l’on ne doit y avoir recoursqu’à défaut d’autres plants.
Exploitation .— Le saule-marceau s’exploite très-utilement en taillis, parce qu’il repousse parfaite-ment de souches et de racines, et qu’il donne desproduits répétés tous les 10 à 12 ans. On peutmême l’exploiter tous les 7 à 8 ans pour en faire deséchalas, et à des époques encore plus rapprochées,si le terrain est médiocre. Riais comme cet arbreest rarement seul dans les forêts de l’état, on suitl’ordre des aménagemens et on ne doit le couperpar anticipation qu’autant qu’il nuirait aux autresbois, ou qu’il ne pourraitatteindre la révolution descoupes ordinaires. Sa plus grande durée est de 35à 4 ° ans. A 25 ans, il ne profite plus, et souventil commence à se gâter.
On voit souvent des jets qui acquièrent, dès lapremière année, de 8 à 9 pieds et plus de hauteursur une grosseur de 3 à 4 pouces; et on peut êtreassuré quand on voit dans une jeune taille une cépéequi s’élève au-dessus des autres, qu’elle est de saule-marceau. Cesavantages l’ont fait apprécier des culti-vateurs, notamment de ceux de la Champagne , qui,à en juger d’après les demandes en extraction deplants qu’ils adressent tous les ans à l’Administra-tion, en font des plantations considérables. J’ai vudes terrains immenses, dans les parties aridesde cette province, recouverts de bois de marceau,de bouleau et de pin sauvage. On les exploite à desépoques très-rapprochées , parce que le sol sur le-quel ils existent n’est pas encore assez amélioré parla chute des feuilles pour les nourrir pendant long-temps; mais le haut prix du bois de chauffage danscette contrée etla vente des échalas pour la vigne dé-dommagent promptement le cultivateur de ses avan-ces, et lui assurent des revenus toujours croissans.
Le marceau s’exploite aussi très-avantageusementen têtard lorsqu’il est planté dans des prairies, despâtis ou le long des rivières , et il fournit ainsi de