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Tome second.
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TER

TER

tourné sur la bande non défrichée , de manière quetout le terrain présentait l’aspect d’une terre culti-vée. Le semis de pin sauvage qu’on y a fait a bienlevé , tant dans les rigoles que sur les ados ; mais ila péri en grande partie dans le fond des rigoles etdans tous les endroits où l’eau s’était retirée; il abien réussi sur les ados et dans les parties saines duterrain , notamment dans les endroits abrités par lesmottes de terre, par les plantes existantes sur le solet par les ados ; ce qui prouve que , si le pin redoutela trop grande humidité , il redoute aussi la séche-resse.

a°. Dans une plantation faite en bouleau depuisun an sur un terrain défoncé , et où la terre debruyère était mêlée avec la pierraille et la terre cal-caire , on a jeté à la volée des graines de pin sau-vage. Le semis a assez bien réussi dans l’intervalledes plants ; mais il a eu un succès prodigieux autourdes tiges de bouleau , qui cependant n’offraientque bien peu d’ombre , à cause du peu d’ampleurde leur tête et de la ténuité de leurs feuilles. Ce faitprouve encore que dans les terres qui se sèchent enété, comme les sables et les terres de bruyère, ilfaut des abris aux semis de pin. On peut suppléer àla plantation, qui est très-coûteuse, par des semencesde céréales, ou, mieux encore, en semant avec le pindes graines de genevrier, d’ajonc et d’autres plantespropres à protéger les pins.

3 °. On a écobué la surface d’une partie de cesbruyères par le moyen ordinaire des fourneaux, donton a répandu les cendres. Le semis y a très - bienlevé.

On a semé aussi du pin maritime et du sapinblanc dans un terrain défoncé, à côté de ceux dontnous venons de parler. Le pin maritime y a fait degrands progrès , mais le sapin n’y a point réussi.En général, nos semis ont eu un succès complet;ils forment aujourd’hui un très-beau bois, qui n’abesoin que d’être éclairci.

Ces trois expériences prouvent que l’eau et la sé-cheresse sont les deux obstacles qu’on doit s’attacherà vaincre dans la culture des terres de bruyère; queles abris sont nécessaires dans les endroits secs , etque les saignées au moyen des rigoles sont indis-pensables dans les endroits humides. On peut pro-curer des abris en combinant le semis avec la plan-tation de bouleau , de saule-marceau et d’autres ar-bres de prompte croissance, soit en plantant desrangées de topinambours et en semant entre ces ran-gées , soit en semant avec le pin des semences degenêt et d’arbustes ou des céréales , soit enfin encouvrant le sol avec des branches ou de grandesherbes.

Dans les landes de Bordeaux et dans celles duMans , on cultive beaucoup le pin maritime. Il réus-sit parfaitement dans les dunes du golfe de Gasco-gne et des Landes , dont nous parlerons lorsque noustraiterons des sables.

En Allemagne , c’est le pin sauvage qu’on em-ploie pour fertiliser les bruyères. Cette dernière es-pèce doit être préférée pour toutes lesparties dunordde la Fràuce, et d’ailleurs parce que son bois est deméillenré qualité. V. Pin.

‘JiU nârleraî point delà terre de bruyère comme

moyen de culture dans les jardins , il me suffira dedire que cette terre, si stérile dans la campagne,devient très-productive par les soins et l’emploi rai-sonné des jardiniers et des fleuristes. On peut con-sulter à cet égard le Dictionnaire d’agriculture , leTraité du bon jardinier , par M. Delaunay, etc.

De la terre calcaire .—La terre calcaire ou chaux,privée de son acide carbonique , se trouve rarementpure dans la nature; elle est presque toujours mêléeavec de l’argile , du quartz, du fer , etc. Les terresqui contiennent du calcaire font effervescence avecles acides ; elles sont abondantes dans les pays où ily a des débris de pierres calcaires , dont elles pa-raissent provenir. Quand la terre calcaire est dansson état de pureté ou peu alliée à d’autres terres,elle est infertile; mais si elle est convenablement mé-langée , elle est très-propre à la culture d’un grandnombre d’espèces de bois; néanmoins les châtai-gniers n’y réussissent pas. Les arbres qui réussissentle mieux dans les sols calcaires sont le bouleau , lepeuplier blanc , le tremble , le marceau , le bois deSainte-Lucie, le coudrier, le merisier, et au pre-mier rang les pins.

La craie est aussi une terre calcaire plus ou moinsdivisée, ordinairement blanche et pulvérulente,mais quelquefois colorée, et qui varie dans sa cohé-rence et dans sa composition ; elle est disposée parcouches horizontales, souvent épaisses de plusieurstoises; elle est toujours superposée à plusieurs au-tres bancs calcaires d’une consistance plus solide.La craie , en général, a la même origine que les au-tres couches calcaires : c’est le dernier dépôt marinque l’épaisseur des couches inférieures a 1 empêchéde participer aux émanations des fluides élastiques,qui sont les principes pétrifians. M. Patrin, à quij’emprunte cette description, assigne trois causes àla formation des couches de craie : i°. la terre ani-male , provenant de la décomposition des corps ma-rins; 2°. la vase calcaire, vomie par les volcans sou-terrains ; 3 °. le détritus des montagnes calcaires ,qui est entraîné par les eaux.

La plupart des craies ne sont presque jamais pu-res ; elles sont plus ou moins mêlées d’argile et demagnésie.

L’analyse de la craie de Meudon, près Paris , adonné par i oo : carbonate de chaux , 70 parties ;silice , 19 , et magnésie , 11 parties. Mais, suivantl’observation de M. Bosc, et d’après ce que nousavons dit, la composition de toutes les craies n’estpas la même que celle ci-dessus; il y en a de colo-rées , qui contiennent du fer, d’autres qui se déli-tent à l’air et qui contiennent de l’argile ; ces der-nières sont de véritables marnes-

La craie se trouve abondamment en France , dansla Champagne , l’Ile-de-France , la Picardie et enNormandie. 11 y en a aussi en Pologne et en Angle-terre; elle est quelquefois à une certaine profondeurde la terre , et dans ce cas elle ne nuit point à laculture des plantes ; mais souvent elle se montre àla surface, et dans ce cas elle rend le sol presque in-fertile , ainsi que le prouvent les plaines de la Cham-pagne . Les principales causes de son infertilité sontattribuées à sa compacité, qui empêche les racine*des plantes de la pénétrer; aux fentes, qui laissent