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pendant l’hiver et très-sèches pendant l’été. Ces lan-des forment de véritables déserts, parce que les cul-tures céréales y sont extrêmement pauvres ; le bbislui-même n’y vient ordinairement qu’à regret ; ilfaut des procédés particuliers pour l’y. cultiver, etil n’y atteint nulle part une grosseur considérable ;cependant les pins y acquièrent des dimensions as-sez fortes , ainsi qu’on va le voir tout-à-l’heure.
Les arbres que l’on peut cultiver dans les sablesde bruyère sont les pins et sapins , les bouleaux etquelques espèces de chêne , par exemple le chêne-tauzin, qui , suivant l’observafion de M. Bosc, mé-rite la préférence à cause de sa disposition à tracer,et que l’on trouve en abondance dans une partie deslandes de Bordeaux .
Voici quelques observations qui m’ont été com-muniquées par M. Steffens, ci-devant inspecteur fo-restier en Hollande, sur la manière de cultiver enbois les bruyères de ce pays. Le sol, qui est géné-ralement sablonneux, peut être divisé en trois clas-ses : bon dans quelques parties ; médiocre dansd’autres, et presque stérile dans tout le reste desbruyères. Le pin sauvage est l’essence que récla-ment également la nature du terrain et les besoinsdu pays.
Le gouvernement en a fait des semis il y a quel-ques siffles sur des bruyères près de Bréda. La fo-rêt de Masbach , qui est le produit de ces semis ,fournit des pins que les constructeurs de la marinehollandaise estiment autant pour leur qualité et pourleur beauté que les pins de Riga . Cet exemple , imitépar quelques riches propriétaires et par des corpora-tions religieuses , a eu le même succès.
Les termes de la croissance des pins, dans lestrois classes de terrains dont nous avons parlé , sontceux ci-après: dans la première classe, ioo ans;dans la seconde, de 4 o à 5 o, etdans la troisième, de20 à 2 5 . Maisdans l’intervalle du semis à la planta-tion, on tire des produits par l’enlèvement des brinssurabondans. Les exploitations des forêts de pins nese font point en Hollande comme dans les autrespays, où on laisse des réserves en quantité suffi-sante pour opérer le réensemencement naturel; ony suit un autre procédé, qui consiste à couperà blancetoc, et à réensemencer à la main après la coupe ;le second semis prospère déjà mieux que le premier,et la végétation est plus forte, par la raison que le sols’est amélioré par la décomposition des feuilles tom-bées des arbres du premier semis. C’est ainsi cpi’aubout de troisou cpiatre révolutions, on élève de bellesfutaies de bois résineux dans un terrain qui étaitprécédemment stérile. .
.Moyens de préparer les terrains de bruyère et deles semer engraines résineuses.
Nous supposerons quatre états dans lesquels cesterrains peuvent se trouver.
i°. Terrains couverts d’une forte et haute bruyèreet d’autres plants. — Il faut mettre le feu à cesbruyères dans les mois de mars et d’avril par untemps sec , en prenant les précautions nécessairesour éviter les accidens ; on donne ensuite un fortersage avec la herse à dents^le fer, et On laisse leterrain se raffermir et se reposer jusqu’au mois d’a-
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vril de l’année suivante , où l’on sème à la volée1 5 kilogr. de graines de pin sauvage par hectare;après quoi , on fait passer dans toutes les directionsun troupeau de montons, sans lui permettre de s’ar-rêter. Par ce moyen , on raffermit le terrain et onenterre légèrement les graines. Si le terrain étaittrop meuble , il ne conserverait pas assez d’humi-dité pendant l’été, et les jeunes plants périraientpar la sécheresse. C’est le seul, mais très-grave in-convénient auquel les plantes résineuses soient su-jettes ; le froid et les gelées tardives leur font rare-ment du mal. C’est aussi par cette raison que les se-mis de pins que l’on fait dans des terrains fraîche-ment labourés ou défoncés à la bêche ne prospèrentpas bien.
Des semis faits sur des terrains légers qui n’a-vaient été nullement préparés ont souvent mieuxréussi que sur des terres fraîchement labourées.
2°. Terrains couverts d’une mousse épaisse et d’ungazon serré qui ne permettraient pas aux semencesd’arriver jusqu’ à la terre fraîche. —11 faut peler cesterrains en enlevant les gazons avec la houe à 2 et3 pouces d’épaisseur» On fait avec ces gazons desfourneaux , qu’on brûle en été et dont on répand lescendres. On attend alors le printemps suivant pourexécuter les semis de la même manière qu’il a été ditplus haut.
II faut bien observer que jamais on ne doit semerun terrain aussitôt après l’avoir brûlé , parce qu’a-lors les cendres l’échauffent trop , ce qui ferait pé-rir les plantes ; mais, l’année suivante, les cendres setrouvent décomposées par les pluies et les gelées ,elles ont fertilisé le sol, et toujours les semis y réus-sissent à merveille. Les terrains dont la surface a étébrûlée offrent encore un avantage, c’est que l’herben’y revient que la seconde et la troisième année ,tandis que la graine de pin lève de suite, et que lesplants sont assez forts pour résister aux mauvaisesherbes lorsque celles-ci se multiplient.
3 °. Sables ou terres de bruyère très - humides. —11 faut y ouvrir des fossés ou rigoles de 18 poucesd’ouverture, qui les divisent en bandes de 7 à 8 piedsde large : la terre provenant de l’ouverture de cesfossés doit être répandue égalementsur toute la sur-face des bandes. Au printemps suivant, on fait lesemis de pin comme il a déjà été dit.
L’avantage de cette méthode dans le cas présentconsiste en ce que les terres, jetées sur les bandesqui se trouvent entre les fossés, ont exhaussé cesbandes de manière à faciliter l’écoulement des eauxdans ces mêmes fossés.
Il est entendu que plus le terrain est humide ,moins les bandes doivent avoir de largeur, et pluspar consécpient les rigoles doivent être rapprochéeset profondes. D11 reste, on les dirige dans le sensde la pente du terrain.
J’ai suivi, dans la forêt des Alluets, une culturede sables de bruyère avec JVI. Jacqueliu , inspecteurà Versailles . Nous avons employé la méthode desrigoles dans les parties humides , l’écobuage dansles parties plus saines , et la culture simultanée dessemis et des plantations dans d’autres parties.
Voici le détail de nos opérations :
x°. Dans la culture par rigoles, le gazon fut re-
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