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Tome second.
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§11. — Procédé pour reconnaître la proportion dumélange des terres.

Ou emploie divers moyens pour reconnaître laproportion des mélanges des terres dont nous venonsde parler : voici les plus simples.

On fait çà et là, dans le terrain , des trous de laprofondeur à laquelle les racines des arbres qu’onveut y mettre ont coutume de s’enfoncer , ce qui dé-couvre à l’œil les dilférens lits de la terre ; maiscomme ces fouilles sont un peu coûteuses , on peutse contenter de percer des trous avec une sonde,qui, rapportant de la terre du fond, met à mêmed’en connaître la qualité. V. la description de cettesonde dans le Traité des semis et plantations deDuhamel. On examine d’ailleurs l’état de végé-tation des arbres qui peuvent se trouver sur le ter-rain ou sur un autre analogue.

On s’assure aussi de la qualité des terres par lelavage. Pour cet effet, on retire avec la sonde unepetite quantité de terre , depuis la superficie jus-qu'à une profondeur déterminée ; on la jette dansun grand vase de terre qu’on remplit d’eau ; on dé-laie bien cette terre jusqu’à ce que toutes les partiesen soient parfaitement réduites, et restent en sus-pension dans l’eau : alors on laisse reposer le mé-lange pendant plusieurs jours, c’est-à-dire jusqu’àce que la terre se soit précipitée au fond du vase etque l’eau reparaisse limpide.

O11 verse avec précaution l’eau claire de la partiesupérieure , et on fait évaporer petit à petit, dansun endroit chaud , celle qui reste, juscpi’à dessicca-tion de tout ce qui est dans le vase ; ensuite on romptdoucement ce vase, de manière que les couches dedifférentes sortes de terres puissent être vues dansleur épaisseur respective.

Les pierres et le sable occupent toujours le fond ,comme étant plus pesans ; viennent ensuite les terresargileuses, glaiseuses, limoneuses, et enfin la terrevégétale ou le terreau, chacune suivant l’ordre deleur pesanteur; mais il est rarement utile de recou-rir à cette expérience , qui peut être remplacée parles autres indications que nous avops données, c’est-à-dire par l’examen de la végétation des plantes quicroissent sur le terrain, et par l’inspection des terresextraites de quelques trous creusés à différens en-droits et à une certaine profondeur.

La connaissance des parties constituantes d’un ter-rain est insuffisante pour déterminer le choix desespèces d’arbres à y cultiver, il faut encore consi-

dérer le terrain par rapport à sa situationl’objet du paragraphe suivant.

§ 1 2 . — Oc la situation des terrains.

que soit d’ailleurs la nature de la terre, d’où l’on adistingué les arbres des vallées et les arbres desmontagnes.

il y a , comme nous l’avons dit, des terrains ari-des , secs, frais , humides , marécageux.

Les terrains secs sont ordinairement ceux qui, in-dépendamment de leur peu de profondeur ou deleur constitution peu propre à conserver l’humidité,comme les sables , les terres calcaires et la craie ,se trouvent exposés à l’ardeur du soleil ou dans unesituation élevée, à moins cependant qu’ils ne soientdominés par une autre élévation, ou qu’il ne s’yrencontre des sources, comme cela arrive très-sou-vent sur les hautes montagnes, où l’air est humideet le terrain ferme et capable de retenir l’eau. L’a-ridité est un degré déplus de sécheresse, qui est dùà la température, à la nature peu substantielle duterrain, à la situation élevée du sol et à son expo-sition à une grande sécheresse-

Les arbres qui réussissent le mieux sur les ter-rains secs sont les ormes, les charmes, les bouleaux,les peupliers blancs , les trembles, les marceaux, lemahaleb ou bois de Sainte-Lucie , les pins, etc.Lorsque les terrains ne sont pas trop secs , on y voitcroître aussi les chênes, les châtaigniers, les éra-bles, les frênes, les noyers , les merisiers ; mais cesarbres n’y acquièrent de grandes dimensions quelorsqu’il s’y est formé du couvert.

Lorsque les terrains secs se trouvent garnis debois , on doit se garder de les dépouiller des grandsarbres jusqu’à ce que le jeune bois ait pris une cer-taine croissance : c'est aussi le cas de réserver beau-coup de jeunes baliveaux pour fournir de l’ombre etempêcher l’évaporation de l’humidité. Quand ilssont nus, ils exigent beaucoup de soins pour êtremis en bois , parce qu’il faut y ménager des abris.(V. Dunes , Sables, Terres de bruyère.) On procureces abris en semant de hautes herbes sur la surfacedu terrain , en y plantant des boutures de peuplierd’Italie, et en interdisant l’accès des bestiaux ; puison y sème des graines de pin ou de bouleau.

Les terrainsfrais, ordinairement situés dans des en-droits en pente et dans les plaines, forment le milieuentre les terrains humides et les terrains secs. Ils sè-chent difficilement pendant l’été , et rarement au-dessous d’un pied de profondeur; cependant ils necontiennent, dans aucune saison , assez d’eau pourqu’il s’y forme des dépôts aquatiques. Ils convien-nent à tous les arbres, à moins qu’ils ne soientd’uneconstitution trop homogène ou d’une trop grande

La situation d’un terrain, quelle qu’elle soit,haute , basse , en pente, unie , a toujours une in-fluence marquée sur la propriété des terres , et parconséquent sur la réussite et l’accroissement des ar-bres. 11 est même reconnu que la qualité de la terreinflue beaucoup moins sur la vigueur des végétauxque la situation du terrain et la température de l’at-mosphère. Eu effet, il y a des arbres qui ne vien-nent que dans des situations basses et humides, tan-dis que d’autres préfèrent les montagnes, quelle

ce sera com p ac ; t é. On peut y élever de belles futaies quandils ont du fond ; mais le bois n’y est pas aussi fermeque dans les terrains secs; en revanche, il y estplus élastique et plus propre aux ouvrages de fente.

Les terrains humides sont ceux qui, d’après leursituation peu élevée et leur nature , conservent del’eau une partie de l’année, et qui s’en débarrassentnaturellement à l’époque de la sortie des feuillessans cependant perdre leur humidité dans aucunesaison. On les reconnaît aux dépôts des eaux quise forment en automne et au printemps dans lestrous pratiqués à la surface. Ces terrains convien-nent particulièrement à une classe d’arbres qu’onappelle arbres aquatiques, tels que les aunes, les