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saules, les peupliers , les frênes, les platanes, lestilleuls. Duhamel fait remarquer , et c’est un faitprouvé par l’expérience , que les bouleaux , les frê-nes , le peuplier blanc, le tremble et le marceau ,qu’on peut regarder comme des arbres aquatiques,ou au moins comme des arbres de vallées, subsis-tent mieux dans les terrains arides que ceux mêmequ’il a conseillé de planter dans les plaines et surles hauteurs.
J’ai eu la preuve de ce fait dans beaucoup de plan-tations faites sur des terrains secs , où le bouleau, lemarceau et le tremble avaient mieux réussi que lesessences de plaines et de montagnes ; mais les ar-bres aquatiques ne viennent jamais mieux que quandleur tronc n’estpoint submerge, ou qu’il ne l’est querarement et pendant un court espace de temps. Ilsse plaisent sur la berge des fossés, parce que leursracines s’étendent dans la terre pénétrée d’eau , oudans la boue qui forme les côtés du fossé, maispoint dans l’eau dont il est rempli.
Les terrains marécageux sont presque entièrementsubmergés par les eaux ou exposés à l’être fréquem-ment. On les reconnaît facilement à leur défaut defermeté et par la nature des plantes qu’ils produi-sent; ils reposent soit sur une couche de terre ser-rée, qui ne permet pas à l’eau de s’infiltrer, soitsur des terres sans consistance, formées de terreau ,c’est-à-dire d’un mélange de terre et de débris deplantes et de racines pourries. Lorsque le mélangeadmet une telle quantité de débris végétaux, qu’é-tant séché, il puisse servir à l’aliment du feu, onl’appelle de la tourbe , et celle-ci est d’autant pluscombustible qu’elle contient plus de bitume. ( Onappelle bitume ou poix minérale toute substance ré-sineuse et inflammable qui se trouve telle dans lesein de la terre.)
Ces terrains ne conviennent point à la culture desbois, et on n’y voit croître, parmi les arbres utiles ,que les saules, les peupliers, les aunes et le bouleau,dont même le bois n’est pas aussi bon que celui desarbres des mêmes espèces qui auraient cru dans unfond de bonne terre, où l’eau ne serait pas stagnante.Les arbres des terres très-humides ont le bois pluspesant lorsqu’il est frais, parce qu’il est plus chargéd’eau de végétation; mais ce bois est moins dur,moins dense , plus sujet à se pourrir et à être atta-qué par les insectes que celui des arbres qui ont vé-gété sur un terrain sain ; il devient très-léger en seséchant et prend beaucoup de retrait, et cependantses pores sont larges et ouverts. Ce bois est connupar les ouvriers sous la dénomination de bois creuxet gras. Il ne peut servir qu’aux ouvrages qui sont àcouvert de la pluie. Il n’a pas la fermeté et la sou-plesse des bons bois; il est cassant, et ne peut sup-porter le clou sans éclater ; il ne se prête point auxcontours qu’on veut lui faire prendre. Sa couleur,quand il est sec , est d’un jaune foncé , quelquefoistirant sur le roux.
Lorsqu’en été les mares sont desséchées dans lesforêts , on peut reconnaître les endroits aquatiquespar les plantes qui y croissent, telles que la persi-caire , la menthe aquatique, la berle, les joncs.
On parvient à dessécher les terrains marécageuxpar des fossés d’écoulement, mais jamais à en faire de
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très-bons terrains. Il faut même se garder de les tropdessécher ; car alors ils deviendraient si légers et siveules, que dans cet état ils seraient encore moinspropres qu’auparavant à la culture des bois.
Je ne puis mieux faire connaître la nature desterrains marécageux, les différences qui existententre eux et la manière d’en tirer parti, qu’en don-nant ici l’extrait d’un mémoire que JM. Bosc a in-séré dans les Annales de P agriculture française,t. LV 1 I, mars j81 4 *
« Tout terrain creux ou en plaine, dit-il, quelleque soit sa nature , où l’eau séjourne constamment,est un marais, que cette eau provienne directementdes pluies , qu’elle provienne de l’écoulement d’uneou de plusieurs fontaines, des infiltrations ou desdébordemens d’une rivière, d’un ruisseau , d’unétang , etc.
33 Un terrain en pente et inférieur à des sommetssusceptibles de laisserJàcilementinfiltrer leseauxdespluies est toujours marécageux, ou, mieux, uligineux(mot emprunté des Latins, et employé ici pour dési-gner une espèce particulière de terrain marécageux),lorsqu’il est formé d’un banc d’argile, ou de marnetrès-argileuse , d’une épaisseur très-variable , sur-monté d’une couclie de terre tourbeuse, qu’on prendpour de la terre végétale, également d’épaisseur va-riable , mais au plus d’un pied , terme moyen, lors-que l’eau qui le rend marécageux est celle de la pluietombée sur les sommets et arrêtée par le banc argi-leux, laquelle s’épanche par des filets impercepti-bles et très-nombreux, de sorte que la totalité de lacouche supérieure en est à - peu - près égalementimbibée.
33 Cette eau est toujours un peu coulante, etcomme celle des véritables tourbières, elle ne gèleque dans les hivers les plus rudes. Ses émanationssont peu dangereuses, car ce n’est que dans les joursles plus chauds qu’elles sont sensibles a l’odorat.
33 Les terrains uligineux offrent quelquefois oudes sources , et par suite des ruisseaux , dans lesdépressions parallèles à leur pente , mais ces sour-ces ne sont jamais abondantes ; ou des espaces véri-tablement marécageux dans les dépressions perpen-diculaires à ces mêmes pentes, mais ces espaces nesont jamais fort étendus.
33 Lorsqu’on marche dans un terrain uligineux, ilcède et parait élastique ; quand on creuse un fosséperpendiculaire à la pente de ce terrain , il s’y faitconstamment des suintemens d’eau rousse, suinte-mens qui augmentent dans les années pluvieuses,mais qui sont rarement assez forts pour former unruisseau.
33 Quelquefois ce fossé , lorsqu’il est prolongédans toute la longueur du terrain uligineux , des-sèche la partie qui lui est inférieure ; quelquefois iln’y produit aucun effet, probablement parce qu’ilse trouve dans le banc d’argile des fentes qui don-nent passage à l’eau au-dessous du fond du fossé.
33 Dans quelque sens qu’on fasse les fossés dansles terrains uligineux, on doit être certain qu’ils se-ront comblés en peu d’années, à moins qu’ils nesoient d’une grande largeur , parce que la marne in-férieure, délitée par la sécheresse ou par la gelée,tombe dans le fond de ces fossés , et que la terre vé-
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