TRA
9 2 4
rations nécessaires aux rivières, faute par les pro-priétaires de le faire, et de se rédimer ensuite surles sommes à payer aux propriétaires pour les dom-mages de leur fait 5 6°. de se servir des terrains voi-sins des rivières flottables et navigables pour y fairedes amas de leurs bois; 70. de faire passer leurs ou-vriers sur les héritages voisins : le tout moyennantl’indemnité due aux propriétaires.
La plupart de ces facilités subsistent encore, etse règlent, ainsi que les indemnités qui en sont lasuite, soit d’après le droit commun, soit d’après desréglemens spéciaux. V. Chômage , Flottage , Ha~loge, Moulin, Navigation , Rivière , et le t. I delàConférence sur l’ord. de 1669 , p. 909, où se trou-vent cités les réglemens sur le transport des bois.
La police des chemins, canaux et rivières étantdans les attributions des corps administratifs, c’està eux à décider les contestations qui peuvent s’éle-ver relativement au transport des bois; cependantil y a des cas où c’est à l’autorité judiciaire à pro-noncer. V. les mêmes articles que ci-dessus, et lesmots Compétence, Conseil de préfecture, Coursd’eau, Pouvoir administratif et Pouvoir judiciaire .
Deux décrets, l’un du i5 août et l’autre du 4 oc-tobre 1793, chargeaient les corps administratifs deprotéger le transport des bois destinés au service dela marine.
Relativement aux obligations imposées aux adju-dicataires des coupes pour le transport des arbresmarqués dans leur vente pour la marine, V. lesart. 5ç à 67 du Cah. des ch. gén., et le mot Marine.
Le transport des bois à l’étranger est prohibé.V. Exportation.
CHAPITRE II. - DU TRANSPORT DES BOIS PAR
Les bois se transportent par terre et par eau, se-lon que les circonstances locales permettent ou ren-dent plus avantageux l’un ou l’autre moyen. Commenous avons traité du transport par eau sous le motFlottage , nous ne parlerons ici que du transport parterre.
M. Hartig classe ainsi les différentes méthodes detransporter ies bois par terre :
i°. A dos d’homme et d somme ou à bât;
2 0 . Par le roulement du bois sur terre $
3°. Par le jet exécuté à la main $
4°- Par le glissement sur terre ou dans des couloirsartificiels;
5°. Par le traînage sur terre ;
6°. Par le -voiturage avec chariots, charrettes,brouettes ou traîneaux.
Plusieurs de ces expressions, par lesquelles nousrendons les termes allemands de M. Hartig, ne sontpoint consacrées par l’usage dans notre langue fo-restière ; mais elles nous paraissent nécessaires pourdistinguer en peu de mots les difterens moyens detransporter les bois, que nous avons à expliquer.
§ 1 ■ — Pu transport à dos d’homme et d somme oud bat.
Ce moyen s’emploie communément pour le menubois lorsque la distance à parcourir n’est pas con-
TRA
sidérable : c’est celui qu’emploient les pauvres genset les délinquans. On s’en sert aussi dans la vidangedes ventes quand on veut ménager le recru, ou quel’on n’a pas d’autre moyen de faire sortir le bois,comme lorsque le terrain ne permet pas l’introduc-tion des voitures. Les hommes, dans ce cas, trans-portent le bois sur leurs épaules, ou sur leur tête,ou sur le dos, ou avec des crochets. Les bêtes decharge le transportent sur leur dos avec des bâts.
Les bois qui peuvent se transporter par ces moyenssont les bois de chauffage, les ouvrages de raclerie,comme pelles, bâts, attelles, colliers, panneaux,soufflets, et les bois de fente, comme lattes, écha-las, cerches, cercles de futaille, etc. On transporteaussi le charbon à somme dans de grands sars, quel’on place en travers sur le dos des chevaux, ou dansde petits sacs qu’on empile de long sur le bât desbêtes de charge.
§ 2 . — Du transport des bois par le roulement surterre.
Ce moyen de transporter le bois se borne à unepetite distance, et ne peut avoir lieu que dans lespentes très-rapides. Four l’employer, il faut fairescier les arbres destinés à faire du bois de corde entronçons de 4 à 8 pieds de long. On les fait roulerjusque dans le vallon , où l’on achève de les débiter.Ce moyen peut être autorisé lorsqu’on n’a pas àcraindre que le recru et les. baliveaux en éprouventdu dommage; dans le cas contraire, il faut le dé-fendre. Cependant il y a des cas où l’on n’a pas d’au-tre moyen de faire arriver les bois dans le vallon :alors il faut au moins défendre aux bûcherons defaire rouler le bois de tous les points de la coupe , etleur ordonner de ne le faire cjue sur un petit nom-bre de voies ou sentiers désignés, afin de ne pasendommager le recru sur toute la surface de lacoupe. Lorsque les jeunes plants qui doivent repeu-pler une coupe sont très-petits, le passage du bois,en roulant, leur cause peu de préjudice; mais s’ilsont plus d’un pied de haut, ils en éprouvent ungrand dommage.
§ 3. — Du transport des bois par le jet d la main.
Dans les pentes très-escarpées, où d’ailleurs lespierres, les souches ou d’autres inégalités du sol,ne permettent pas de faire rouler les bois ronds, ilfaut les réduire en bois de fente et tâcher de les je-ter dans le vallon ; mais ce moyen cause encore plusde dommage au jeune bois que le précédent, et onne doit, lorsqu’il y a du recru, le permettre quedans quelques endroits désignés à cet effet. Il exiged’ailleurs de l’habitude de la part des ouvriers, quidoivent faire en sorte que les morceaux de bois qu’ilslancent retombent sur le bout, fassent plusieurssauts et se transportent ainsi le plus loin possible.On continue le jet jusqu’à ce que le bois soit arrivéau bas de la montagne.
§ 4- — Pu transport des bois par le glissement ou
glissage sur terre , ou dans des couloirs pratiqués
à cet effet.
Dans les montagnes, les chemins de débardage