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sont souvent interrompus par des pentes rapides, desorte que les bois , arrivés à ces pentes, ne peuventplus être transportés qu’en les faisant glisser sur lesol. Ce moyen est alors employé avec beaucoup d’a-vantage, et on l’applique non-seulement aux lon-gues pièces de bois de construction et de bois d’œu-vre, mais encore au bois à brûler.
Quand on n’a qu’un petit nombre de pièces decharpente ou de bois d’œuvre à faire glisser sur lapente, et que cette pente n’est pas trop rapide, onles fait glisser dans le sens de leur longueur, etlorsque cela est nécessaire, on passe de petits rou-leaux par-dessous, et on soulève les pièces avec desleviers pour en faciliter la marche; mais quand lapente est très-rapide, on enfonce dans le gros boutde la pièce une forte fiche de fer, terminée par unanneau mobile. On attache à cet anneau une longueet forte corde, qu’on entortille autour de l’arbre,et on fait glisser peu-à-peu la pièce dans la vallée,pendant qu’un ou plusieurs ouvriers lâchent douce-ment la corde, et que d’autres, lorsque cela est né-cessaire, favorisent le mouvement de la pièce enplaçant dessous et en travers de petits rouleaux debois, et en la soulevant avec des leviers. Cette opé-ration s’appelle descendre à la corde.
Mais quand on a beaucoup de pièces de charpente,de bois d’œuvre et de bois de chauffage à faire des-cendre d’un même point, on pratique un couloir ouglissoir artificiel pour expédier le travail. Ce cou-loir consiste dans un canal de 2 pieds et demi ài pieds d’ouverture et d’un pied et demi de profon-deur, que l’on garnit de 6 à 8 perches ou jeunestiges d’arbres, droites et unies, que l’on dispose demanière que le bois qu’on y place glisse de lui-mêmesur ce canal et se rende au bas de la montagne.
Les couloirs qui ne sont destinés qu’au bois dechauffage peuvent être dirigés en ligne droite duhaut de la montagne en bas; mais quand il s’agitd’en construire pour faire glisser des pièces de lon-gueur, on doit les diriger de manière à ce qu’ils for-ment de longues lignes sinueuses, afin que les piècesne tombent pas avec une trop grande vitesse et n’é-prouvent aucun dommage. On doit aussi diminuerla rapidité de la chute vers l’extrémité du couloir,en le rendant horizontal à cette extrémité, et on ypratique, lorsque cela est possible, un étang ou unréservoir d’eau d’une profondeur suffisante pouramortir la violence de la chute et empêcher que lespièces ne se rompent en deux.
Ordinairement la surface du sol, dans les pentesde montagnes , n’est pas telle que le couloir puissereposer immédiatement sur la terre dans tous sespoints. On remédie à cet inconvénient par des calesou baudets, qui donnent au couloir le talus né-cessaire.
Le couloir est encore susceptible d’une amélio-ration importante, si, par un temps de gelée , on yrépand de l’eau dont la congélation le revêt d’unecroûte de glace, ou s’il tombe un peu de neige oude verglas ; ce qui lui procure également une sur-face polie, et diminue les dommages causés par lefrottement des bois qu’on fait glisser. Aussi, dansles pays où l’on emploie ce moyen de débarder lesbois, le pratique-t-on ordinairement pendant l’hi-
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ver , et cherche-t-on à profiter autant que possibledes avantages ci-dessus, même en travaillant la nuità la lueur de brandons de bois.
La plupart des couloirs ou glissoirs sont en bois;cependant on en a fait en fer dans quelques pays oùl’usage de transporter ainsi les bois est permanent.Dans le ^Vurteinberg, dit M. Hartig, il y en a unqui, n’ayant que i 5 pouces de largeur et 9 poucesde profondeur, est surmonté d’un toit, pour que lebois ne puisse sauter au dehors.
Quand la localité le permet, on peut faire lescouloirs immédiatement sur la terre, et profiter dela gelée et de la neige pour faire glisser le bois ;mais ces couloirs ne sont point de longue durée, etils finissent par occasionner des excavations tropprofondes.
Il y a encore une autre manière de construire descouloirs, et qui consiste à former des canaux avecde gros arbres évidés en creux et placés à la suiteles uns des autres, de manière à former souvent uncanal fort long. On dirige les eaux de la montagneou d’un ruisseau dans ce canal, et l’on y jette lesbois de chauffage, qui, à l’aide de la pente et deseaux, sont entraînés dans le vallon. M. Hartigobserve que ce moyen est peu usité ; cependantM. Marcel de Serres dit qu’on l’emploie en Bavière .
'§ 5 . — Du transport des bois par le traînement surterre.
Lorsqu’il y a des pièces de charpente et des boisd’œuvre dans des forêts épaisses, ou dont la situa-tion ne permet pas d’y arriver sans y ouvrir des che-mins et y causer du dommage, on prend le parti defaire traîner ces pièces sur terre jusqu’à l’endroit oiile transport peut s’en faire par les moyens ordinaires.Cette opération se fait de différentes manières.
La première consiste à pratiquer une rainure cir-culaire de 2 pouces de large tout autour du grosbout de la pièce et à un pied de son extrémité, et ày attacher une forte chaîne, à laquelle on attèle desbœufs pour traîner la pièce; tandis que des hommessont occupés à en favoriser le mouvement lorsquecela est nécessaire, en plaçant de petits rouleauxdessous , et en la soulevant avec de forts leviers.
La seconde méthode consiste à enfoncer dans legros bout de la pièce un fort crampon de fer, terminépar un anneau qui tourne dans la tête du crampon,et à attacher à cet anneau une chaîne, au moyen delaquelle on fait traîner la pièce. Comme ce crampon,qu’on enfonce à coups de masse, fend quelquefois lapièce , on a trouvé plus à propos de le former en pasde vis; mais il vaut encore mieux employer un cro-chet , qui, pour peu qu’il entre à force, n’échappepoint. Ce crochet est également terminé à sa partiesupérieure par un anneau mobile.
11 y a encore d’autres méthodes d’attacher lespièces de bois qu’on veut faire glisser sur le sol, quivarient suivant les localités et l’industrie des per-sonnes employées à l’extraction du bois.
Nous devons faire observer que les pièces que l’onfait ainsi glisser ne doivent pas être équarries, ouqu’elles ne doivent l’être que grossièrement, afinqu’on puisse emporter les parties qui auront étémeurtries par le frottement sur la terre.