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Tome second.
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§ 6. — Du transport des bois par chariots, char-rettes et traîneaux.

Les moyens qu’indique ce paragraphe sont lesplus en usage ; mais comme l’état des chemins a unegrande influence sur leur exécution, nous devons endire un mot.

On améliore l’état des chemins,

1 0 . En construisant de bons fossés sur leurs bords,en les bombant avec les terres qu’on en extrait, eten les régalant de manière à faciliter l’écoulementdes eaux ;

2 °. S’il s’agit d’une pente, en donnant au cheminune direction sinueuse ou en zigzags, afin d’en di-minuer la rapidité;

3°. S’il s’agit de fonds bas et humides, en établis-sant un premier lit avec de grosses pierres, et unsecond lit avec de plus petites et du sable ou de laterre ;

4°- Si on manque de pierres et qu’il s’agisse d’unterrain marécageux, en construisant un lit épais derondins rapprochés les uns des autres, et fixés desdeux côtés par des traverses et des piquets ;

5°. En construisant des ponceaux pour l’écoule-ment des eaux dans les endroits où les fossés et lessangsues ne suffisent pas.

Les travaux, ceux d’entretien et de conservation,l’interdiction au public des chemins uniquementdestinés à la vidange des bois, et l’observation desreglemens qui prescrivent l’emploi des roues à largesjantes pour les grosses voitures, sont les moyens derendre plus facile le transport des bois par chariots,de donner plus de valeur aux coupes, et de prévenirles retards de vidange, qui sont si préjudiciables àla conservation des forêts.

Voici l’exposé des méthodes suivies pour le char-nu des bois :

i°. Le transport avec des chariots est trop connupour qu’il soit nécessaire d’en donner ici la des-cription. On se sert ordinairement des chariots enusage dans le pays pour les travaux de l’agricul-ture ; mais quand il s’agit de transporter des piècesd’un grand poids, on fait usage d’un chariot parti-culier, qui est connu sous le nom de binard : il estplus bas que les chariots ordinaires , plus fort danstoutes ses parties et à roues à larges jantes.

2 °. Le transport avec des charrettes a lieu ordi-nairement pour les bois de chauffage , les fagots etpour les bois courts; mais on se sert pour les grossespièces de charpente de charrettes qui sont connuesà Paris sous le nom de fardiers, et qui sont fort lon-gues. Ces voitures sont d’une grande commoditépour charrier les bois sur le pavé, ou dans les che-mins où il n’y a point d’ornières, et quand on n’apas besoin de faire tourner ces voitures dans desrues étroites ; elles se chargent et se déchargent très-aisément. Les pièces de bois se placent sous l’essieu,auquel on les fixe avec des chaînes. V. la descrip-tion et la figure de cette charrette, dans le Traitédu transport des bois, par Duhamel.

Quand les pièces de bois sont courtes, on lescharge sur des charrettes à ridelles, ou sur des char-rettes de roulage et sans ridelles, sur lesquelles onles retient avec des chaînes qui embrassent ces

pièces, passent dessous la voiture et sont serréesavec des perches qui font l’office de garrot; on sesert plus communément de ces voitures que de cellesà ridelles. Lorsque les pièces sont plus longues queles charrettes, comme sont les chevrons, on lescharge de biais sur la voiture, en sorte que le grosbout passe vers la droite du limonier, et que le pe-tit bout qui traverse diagonalement l’essieu excèdede beaucoup la voiture ; on fait passer le gros boutdu côté droit du limonier , afin que le charretier,qui est à la gauche, puisse plus facilement conduireson cheval.

Dans quelques départemens, on emploie uneautre méthode : on ajuste à l’avant des charrettesdeux forts ranchers avec une traverse, sur laquelleon met le gros bout des chevrons; et ce gros boutétant soutenu par le rancher, plus haut que la croupedu cheval, le limonier se trouve au-dessous. Cetteméthode est fort bonne dans les chemins où il n’y apas d’ornières profondes : autrement la première estpréférable, parce que les che\ rons sont horizontaux,au lieu qu’avec le rancher ils portent presque à terrederrière la voiture. Ce qu’on vient de dire des che-vrons doit s’entendre de toutes les longues piècesde bois qui n’ont pas trop de grosseur, comme despoutres de 25 pieds de longueur sur i5 ou 18 poucesd’équarrissage vers le gros bout.

Indépendamment des voitures ordinaires, traînéespar des animaux, on emploie aussi dans les coupesen exploitation de petites charrettes à deux roues,qui sont traînées par des hommes. On s’en sert pourtransporter le bois destiné à la fabrication du char-bon, sur les places où l’on veut établir les fourneaux.

3°. Le transport du bois avec des brouettes.a. lieudans les coupes pour le conduire sur les chemins devidange et les places à charbon.

4°. Le transport du bois en traîneau est très enusage dans les forêts de l’Allemagne : c’est souventle moyen le plus facile et le plus économique. Onl’emploie pour le transport des bois courts et des boislongs, en hiver par la neige et même dans touteautre saison. La forme des traîneaux varie beau-coup suivant les usages qti’on en fait ; mais tousont cela de commun qu’ils reposent sur deux mem-brures.

Pour transporter de longues pièces de bois surdes traîneaux, il faut le faire soit par la neige, soit,lorsqu’il n’y a pas de neige, sur une surface incli-née, couverte de mousse ou de gazon. Le traîneaupropre à cette opération consiste en deux fortesmembrures, de 4 à 5 pieds de long, liées par deuxtraverses en bois. On attache sur ce traîneau unepièce de charpente par son gros bout, que l’on fixesolidement, et on le fait traîner par des hommes oudes animaux sur un ou deux timons. Quand le che-min est bien couvert de neige et toujours en pentedouce, un seul homme peut conduire jusqu’au basde la montagne une très-longue et très-forte piècede bois. Il faut que les chemins destinés à ce trans-port soient bien disposés, et que dans aucun endroitils ne présentent la moindre élévation; car il seraitimpossible de la faire franchir par une masse aussilourde.

Pour le transport des bois courts et des bois de