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dans l’air , et on a de fortes raisons de penser queces altérations influent sur les végétaux. En effet,on voit, au printemps sur-tout, que les plantespoussent sensiblement quand les vents du midirégnent, tandis qu’elles paraissent rester dans l’i-naction lorsque le vent du nord se fait sentir.D’ailleurs , tout le monde sait que les bois secs ,ceux qui sont abattus depuis très-long-temps sont devrais hygromètres très-sensibles aux altérations del’air; les menuiseries se tourmentent , et par leuraugmentation ou leur diminution de volume , ellesproduisent un bruit considérable , suivant qu’il rè-gne différens vents. Mais quels sont les effets de ceschangemens? Les hygromètres , au nombre desquelsil faut compter toutes sortes de bois , et principale-ment ceux qui sont déjà secs, nous font voir quel’air est plus humide quand le vent du midi règneque quand c’est celui du nord : les thermomètresprouvent qu’il fait aussi plus chaud par le vent dumidi que par celui du nord ; et les baromètres dé-montrent que dans cette même circonstance l’air estsouvent plus léger, ou, ce qui revient au même,qu’il est moins élastique. Il faut rapprocher ces idéesde ce qu’on connaît sur la fermentation de la sève ,et l’on concevra que le vent du midi est bien pluspropre à produire cette fermentation que le vent dunord. Aussi remarque-t-on dans toutes les opéra-tions où l’on a besoin d’exciter la fermentation , etparticulièrement dans le temps des vendanges ,qu’elle s’opère bien plus promptement quand il règneun vent du midi que quand fe vent est du nord.»
11 est très-naturel de penser que cette chaleur hu-mide qui excite si promptement la fermentationdans les liqueurs qui.en sont susceptibles, et quifait corrompre en si peu de temps la chair des ani-maux, agit de la même manière sur les bois, quisont remplis d’une liqueur très - disposée à fer-menter.
Il y a encore une autre cause d’altération à la-quelle les bois sont exposés; c’est celle qui résultede l’attaque des insectes , et d’après les expériencesde Duhamel, dont nous rapportons ici l’opinion ,le vent du midi favorise beaucoup plus leur multi-plication que celui du nord.
Enfin les bûcherons assurent que le bois est plusdur à couper par un vent du nord que par un ventdu sud : cette même différence se fait aussi remar-quer dans les bois qui sont déjà abattus depuislong-temps.
Jusqu’à présent, observe Duhamel, tout confirmele sentiment ordinaire, et il parait incontestable quele vent du midi est plus contraire à la conservationdes bois que celui du nord ; mais doit-on conclurede là qu’il faut abattre les bois de service quand levent du nord souffle , et éviter de le faire quand ee-1 ni du midi règne? C’est ce qui reste à examiner.
On a dit, en parlant de la lune (V. Exploita-tion ), que les arbres qu’on abat ne meurent pas sur-le-champ , comme les animaux que l’on tue ; lesliqueurs renfermées dans le corps des arbres ne sedissipent que peu-à-peu, et les parties solides dubois , telles que les vaisseaux , les fibres, les vési-cules , ne perdent leurs ressorts que par degrés : ensorte que quelquefois, au bout de trois ou quatre
Tome II.
mois après qu’une branche aura été retranchée deson tronc, elle se trouve encore si bien organisée etsi saine, qu’elle pourra reprendre de bouture , ouêtre greffée avec succès : il y a même des plantes quise conservent en cet état pendant plusieurs années.D’après cela y a-t-il la moindre apparence qu’ilpuisse y avoir quelque avantage à abattre les arbrespar tel ou tel vent ? N’est-il pas démontré que cesmêmes arbres seront également susceptibles des al-térations de l’air , après qu’ils auront été abattus ,ainsi qu’ils en éprouvaient les effets lorsqu’ils étaien tencore sur leurs souches? Il est possible que les ar-bres qu’on aura abattus dans une année où lesvents auront presque toujours été sud, ou sud-est , ou sud-ouest, soient plus exposés à s’altérerque ceux qui le seraient dans une année où les ventsdu nord, du nord-ouest, ou du nord-est , auraientrégné plus fréquemment. Mais il paraît très-inutilede prêter attention aux vents qui pourraient souf-fler précisément dans le temps qu’on abat, puisqu’onne peut être sûr que tel ou tel vent qui régneraitalors, ne changera pas en peu de temps.
Si on doit faire peu d’attention à la direction duvent quand on abat les arbres, il n’est pas aussiindifférent de les abattre dans les temps de grandsvents, parce qu’on court alors le risque d’éclaterles arbres, de les renverser les uns sur les autres etde les encrouer.
Il est certain aussi que quand il s’agit d’écorcer lestaillis, cette opération se fait mieux par un vent dusud que par un vent du nord ou d’ouest.
Quant à l’influence fâcheuse des vents du nordsur les racines des plants qu’on veut mettre en terre,nous en avons parlé aux articles Pépinière et Plan-tation. V. ces mots.
Les arbres abattus par les vents sont appelés cha-blis. V. ce mot.
VENTE. Ce mot, dans le langage forestier, si-gnifie l’adjudication qui se fait d’une certaine éten-due de bois à couper, et cette étendue elle-même.C’est ainsi qu’on dit dans le premier cas : La ventede telle coupe a été faite tel jour ; Les ventes sontterminées ; et dans le seeond cas : Les ventes sontassises , sont exploitées , sont récoléesj Les adjudi-cataires sont responsables des délits commis dansleurs ventes ; Les limites de la vente Les ventes,dans ce dernier sens, prennent différentes dénomina-tions : on appelle vente en usance celle qui s’ex-ploite actuellement; vente usée , celle qui est ex-ploitée et vidée ; jeune vente , celle où le boiscommenceàrepousser ; vente arriérée , celle qui n’apoint été adjugée ni exploitée à son tour.
L’objet de l’aménagement des forêts est de lesdistribuer en ventes ou coupes réglées, de manièreque, chaque année, on connaisse la coupe à mettre-en adjudication. V. Aménagement.
Dans les forêts qui ne sont point aménagées ,c’est l’usage qui supplée au défaut d’aménagement.
Les ventes ou coupes qui sont ainsi réglées parl’aménagement ou par l’usage s’appellent ventesordinaires ; tandis que celles qui se font dans les ré-serves sur les futaies, et dans toute partie de boisnon soumise à un réglement de coupe , s’appellentventes extraordinaires.
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