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les bordures avec des arbres de futaîe , comme celase Fait en Bretagne .
Dans le deuxième cas , c’est-à-dire lorsque t 6 usles indices annoncent un air ordinairement calme ,on peut, avec moins de danger, mettre toutes lesterres à nu, et marquer par de simples fossés oupar des haies basses les limites des propriétés etdes cultures.
Lorsque les vents passent sur une vaste étendued’eau , ils sont beaucoup plus frais que lorsqu’ilstraversent des terres arides, et beaucoup moins froidsque quand sur leur route ils rencontrent Un payscouvert de neige ; si le grand froid est contraire àla culture qu’on a choisie, il faut l’ouvrir aux ventsélevés qui viennent des lacs et de la mer ; cetteexposition entretient aussi une température plushumide.
Il convient sur-tout de faire attention à la dis-tance d’où l’on est de l’Océan; cette considérationest d’une très-grande importance , principalementdans le nord de la France .
L’Océan ne gèle guère que dans les régions po-laires ; il réchauffe d’une manière sensible les ventsqui descendent des continens couverts de neige ;c’est pour cette raison que , sous la même latitude ,les petites îles ont toujours un climat plus tempéréque les grands continens; en Angleterre, l’hiverest moins froid sur les côtes, même à la hauteur de400 pieds au-dessus du niveau de la mer , que dansl’intérieur de ce royaume.
Il y a des vents dësséchans qui sont très-nuisi-bles aux cultures, parce qu’ils enlèvent à la terreson humidité, et empêchent par là les graines degermer , font périr les jeunes plants, s’opposent àla fécondation des fleurs , font tomber les fruitsavant leur maturité , et quelquefois dépouillent lesarbres de leurs feuilles et les frappent de mort. Lesvents très-humides. produisent aussi des effets dé-sastreux èn s’opposant à la transpiration des ani-maux et dés çlæntes, en diminuant la productionde l’oxygèue , la,'transmission du gaz acide carbo-nique, etc.
Outre les jnconvéniens chimiques des vents, lespropriétaires ‘ruraux et forestiers ont encore à re-,douter leurs, effets physiques, qui font verser lesrécoltes , jettent lés fruits à terre avant leur matu-rité , et renvérsent les arbres , les habitations, etc.V. Ouragan.
Les arbres, par leur haute stature, sont, plus queles autres plantes , exposés à l’action physique desvents , à moins qu’ils 11e soient en massif, commedans les futaies bien serrées. Mais si on dégarnitces futaies par des éclaircies outrées , les vents s’yintroduisent et y causent de grands ravages. ,(V.Eclaircie et Exploitation.') C’çst sur - tout dans lèsjeunes coupes, où l’on a réservé des baliveaux , queles vents causent de grands abatis. V. Chablis.
Lèvent, dit Duhamel, est quelquefois utile auxvégétaux. L’agitation qu’il donne aux branches desarbres, le rafraîchissement qu’il cause à leurs feuilleset à leurs rameaux, peuvent, dans certaines circon-stances , ranimer le mouvement de Ja sève. Un ventchaud et modéré augmente la transpiration, quiest presque toujours très-utile à la végétation, sur-
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tout lorsque, dans les étés froids et humides, lesfeuilles remplies d’humidité commencent à se pour-rir. Dans le printemps , il dessèche la rosée , etempêche les pernicieux effets des gelées qui sur-viennent. Mais autant un veut modéré est avanta-geux aux arbres, autant un vent trop violent leurest préjudiciable. Dans, les temps secs , les ventsbrûlans qui soufflentde l’est, desséchent les feuilles:les vents du sud-ouest déracinent les arbres , enrompent de grosses branches , plient les jeunes ar-bres , et par leur action occasionnent des roulureset des gelivures dans leur bois. Les vents causentbeaucoup plus de dommage’ aux arbres qui sontgarnis de feuilles que quand ils en sont dépouil-lés , parce que les feuilles forment un grand obsta-cle au cours du vent; de même quand ils sont char-gés de givre, ou qu’ils ont de grandes branches quine s’étendent pas également, car alors le vent tordces arbres et les fatigue beaucoup. La force du ventse multiplie encore par la position de certainesmontagnes, où il est resserré dans les gorges qu’ellesforment. Les jeunes baliveaux sur-tout sont ceuxqui souffrent Te plus des grands vents , parce qu’ilssont plus élevés que les autres arbres, et ordinaire-ment très-menus. Les plus grands vents , dans laplupart des ci-devant provinces du royaume» vien-nent de la partie de l’ouest, à prendre depuis le nordjusqu’au sud ; les arbres , a quelque expositionqu’ils soient, courent de grands risques lorsqu’ilssont frappés par les vents de cette direction: ainsi ,comme la position des lieux indue beaucoup sur ladirection des vents, c’est à ceux qui y ont intérêt àfaire attention à la direction des montagnes pourjuger du tort que les vents pourraient causer à leurbois.
C’est une attention utile que de planter dans lesmassifs , du côté du fort vent , une lisière de l’es-pèce d’arbres qu’on sait être la,plus capable de ré-sister à son impétuosité. Il est même prudent, surles bords de la mer, où les vents font périr les lisièresdes forêts, de planter ces lisières en arbres verfs ,pins et sapins , et de ne jamais les couper à blancétoc, parce que les effets désastreux des vents agi-raient sur les autres parties de la forêt qui y seraientexposées.
Duhamel, dans son Traité de l’exploitation desbois , v. 1 er ., p. 3 Ç )3 , examine la question de savoir,s’il convient d’avoir égard aux vents régnans quauçlon veut abattre les arbres.
Presque tous ceux qui ont quelque connaissancedes forêts , dit-il, prétendent qu’il y a un avantageconsidérable à abattre les bois lorsqu’il règne unvent du nord , qu’ils appellent vent sec, et ils sou-tiennent que les arbres qui sont abattus > dans cettecirconstance , ne sont jamais aussi sujets à s’échauf-fer que ceux qu’on abat par le vent humide du midi.Mais avant d’adopter cette opinion , il faut exami-ner de quelle manière les différens vents peuvent in-fluer sur la qualité du bois , et voir si l’effet de cesvents peut avoir une application précise dans letemps de l’abatage.
Les thermomètres, les baromètres et les hygro-mètres , s'accordent à prouver que les vents du nordet du sud produisent des altérations bien différentes