ETABLISSEMENS ET TRAVAUX
•jrr que puisse être son mérite sous ce rapport, il est indigne deMÉMOIRE, son nom s’il n’est point meublé d’instrumens. C’est le cas oùse trouvait l’Observatoire royal. Au commencement et jus-qu’au milieu du règne de Louis X \, le goût particulier dumonarque pour l’astronomie, les grandes opérations et lesvoyages entrepris pour la mesure de la terre, avaient donnébeu à la fabrication de plusieurs beaux instrumens, et avaientfait naître parmi les artistes français une heureuse émulationdont l’astronomie sut profiter. L’Observatoire avait été munialors de muraux, de grands quarts de cercles mobiles, ouvragesdes Langlois, des Canivet, des Lennel, qui étaient en cestems-là les plus célèbres constructeurs d’insuimtens d’astronomie.Mais au moment oit je pris la direction de l’Observatoire,ces vieux talens étaient éclipsés par les Bird et les Ramsden,artistes anglais cpii avaient porté leur art à la plus haute per-fection, laissant bien loin derrière eux les Français , à qui ilsavaient enlevé presqu’entièremeut le commerce des instru-mens d’optique et de mathématiques. C’est ce cpie je repré-sentais souvent,'c’est ce que je faisais valoir fortement auprèsdes ministres, à qui je répétais sans cesse qu’il était illusoirepour moi de me trouver le directeur d’un Observatoire tom-bant en ruines et dénué d’instrumens.
Mes plaintes eussent été long-tems vaines (i), si je n’avaisenfin rencontré deux ministres amis des sciences, et auprèsde qui mes sollicitations trouvèrent accès lorsqu’ils les virentappuyées de vues utiles, et d’un plan vaste dont les moyensd’exécution ne furent point jugés trop difficiles ni trop dis-pendieux.
(i) Celles de mon père avaient clé constamment repoussées sous le ministèrede M. le duc de la Vrillière. Je lus plus heureux auprès de sou successeur rM. le barou de Breleuil.