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FAITS A L’OBSERVATOIRE ROYAL.
Après avoir suffisamment prouvé combien la supériorité j<tdes instrumens anglais de mathématiques, d’optique et d’astro- MÉMOIREnomie faisait passer d’argent en Angleterre et nuisait à notrecommerce, j’osai avancer qu’il était possible de partager aumoins avec cette nation rivale une branche d’industrie aussifructueuse, si l’on parvenait à détruire la prévention outréequi ajoutait encore beaucoup à la réputation des instrumensanglais . J’assurai que nos ouvriers ne manquaient ni d’ardeurni de talens, mais d’encouragemens, de moyens et d’occasionsde s’exercer. Je connaissais tous les artistes de la capitale ; ineSrelations avec eux me mettaient à même de les juger. Je savaisqu’il en était parmi eux de fort instruits, de très-adroits,capables de copier et d’imiter à s’y méprendre les instrumensanglais , pourvu qu’on leur payât le juste tribut de leurspeines, et que l’on n’eùt pas cette injustice, dont je gémis-sais sans cesse, de consentir à payer au poids de l’or un ins-trument anglais souvent médiocre, et de ne vouloir donnerqu’un vil prix d’un bon instrument fait en France . Préventioncoupable, manie anti-patriotique qui, s’étant étendue sur desobjets bien plus importans, a eu pour nous des conséquencessi funestes ! Combien de fois je me suis indigné contre despersonnes qui, rue priant de leur procurer un bon instru-ment , le marchandaient comme une aune de drap ! Quelprix coùtera-t-il ? me demandait-on ; pas aussi cher, sansdoute, qu’un instrument anglais ? Pourquoi non ? répondais-je ;voulez-vous être juste? si l’instrument ne vaut rien, ne leprenez pas : mais s’il est bon, payezde ce que l’ouvrier deman-dera, vous le fit-il même acheter plus cher que s’il était anglais .
F.n effet, était-il possible que l’artiste français établit à Paris le même instrument au même prix qu’à Londres ? Non,certes, et pour trois raisons principales : la première était lemanque de moyens et de machines propres à exécuter plus