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ETABLISSEMENS ET TRAVAUX
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MÉMOIRE.
donc s’adresser à deux ministres. La restauration de l’Ob-servatoire appartenait à l’administration des bâtimens du Roi ;c’était l’objet le plus dispendieux. Il eut été le plus difficile àobtenir, si M. le comte d’Angivillers, directeur-général desbâtimens à cette époque, n’eùt été un ardent ami dessciences, des savans, et le mien particulier. Malgré celtedétresse de la caisse des bâtimens, que ses prédécesseursavaient opposée sans cesse aux anciennes sollicitations de monpère , il fit arrêter et ordonner par le Roi la restaurationentière de l’Observatoire, selon mes désirs et mes vues. Cepremier avantage obtenu m’assura la réussite complète demes démarches ; car les bonnes intentions de Louis XVI pourson Observatoire venant de se prononcer par une premièrefaveur, je ne trouvai pas M. le baron de Breteuil moins biendisposé (pie M. le comte d’Angivillers pour toutes mes autresdemandes. Cette impulsion donnée aux arts par mon nouveauplan, cette activité continuelle dans la pratique de l’astrono-mie, le frappèrent et lui plurent. 11 me fit lire devant lui lesdiverses parties de mon projet , en discuta avec moi tous lesarticles, me fit ses objections, écouta avec attention mesréponses et mes explications ; enfin, après m’avoir fait rendrecompte avec détail de tous mes moyens d’exécution : J’ap-prouve entièrement, ine dit-il, toutes vos idées; mais, pourmieux les faire adopter par S. M., je serais charmé cf’avoirà lui présenter une approbation ou un assentiment de l'Aca-démie des Sciences ; croyez-vous quelle vous le donne? Lesavis, répondis-je, pourront varier sur quelques moyens par-ticuliers, mais non sur le fond; je connais l’opinion de mesconfrères , et cet excellent esprit qui a toujours caractérisél’Académie et dirigé ses jugemens sur tout ce cpii a rapport àl’avantage et au progrès des sciences. Je serai donc le premierà vous conjurer de la consulter.